Paris organise le retour des Français du Liban

Publié le par rezeid

"Dominique de Villepin entre en action pour soutenir le Liban"

Dominique de Villepin a annoncé la mise en place d'un dispositif pour permettre aux Français de quitter le Liban. Le Hezbollah en "guerre ouverte" contre Israël. L'Etat hébreu bombarde le sud et l'est du Liban.

  Dominique de Villepin (Sipa)
Dominique de Villepin (Sipa)
 
L e gouvernement français met en place "des moyens maritimes et aériens, civils et militaires, pour permettre aux Français qui le souhaiteraient de quitter le territoire libanais", a annoncé samedi 15 juillet dans la matinée le Premier ministre Dominique de Villepin à l'issue d'une réunion de crise à l'hôtel Matignon.
Le chef du gouvernement avait réuni la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie et le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy pour "faire le point de la situation au Liban" où Israël a lancé mercredi une offensive militaire après la capture de deux de ses soldats par le Hezbollah.
Philippe Douste-Blazy a ensuite précisé que les ressortissants français qui souhaitent quitter le Liban pourront à partir de dimanche emprunter un ferry pour gagner Chypre et de là, prendre l'avion pour Paris.
Actuellement au Liban, "il y a 17.000 résidents, quatre à six mille Français de passage", selon le ministre des Affaires étrangères.

"Nous sommes en train de travailler à la mise en place d'une plate-forme à Chypre avec en particulier la possibilité d'un ferry de 800 à 1.000 places qui sera sur place à partir de dimanche, qui permettra de faire un lien entre Junieh -entre Beyrouth- et Chypre", a ajouté Philippe Douste-Blazy au micro de France-Info.

Affrètement de vols d'Air France

"Enfin nous travaillons à l'affrètement de vols d'Air France pour faire Larnaca-Paris, une fois que ces ressortissants seront à Chypre", a expliqué Philippe Douste-Blazy.
"Nous voulons prendre toutes les mesures nécessaires pour la sécurité de nos ressortissants sur place", a assuré Dominique de Villepin. Le "gouvernement évalue la situation sur place heure par heure pour adapter notre dispositif".
Dominique de Villepin a précisé qu'il s'était entretenu samedi matin par téléphone avec le président Jacques Chirac avant son départ pour le sommet du G-8 qui s'ouvre samedi à Saint-Pétersbourg, ainsi qu'avec le Premier ministre libanais Fouad Siniora, qui lui a fait part de "sa très vive préoccupation devant la situation humanitaire dans son pays".
"Avec l'ensemble de la communauté internationale, la France veut explorer toutes les voies pour faire cesser les violences et mettre un terme à la crise. Elle soutient les efforts engagés par les Nations unies et l'Union européenne", a rappelé le Premier ministre.
Israël a lancé mercredi une offensive sur le Liban après la capture de deux de ses soldats par des activistes du Hezbollah qui avaient franchi la frontière libano-israélienne. L'aéroport de Beyrouth a été bombardé, tous les vols commerciaux sont suspendus. De nombreux ponts ont été détruits et des routes endommagées. Au moins 73 Libanais sont morts, des civils pour la plupart.

Chirac juge disproportionnée la réponse d'Israël

Jacques Chirac a jugé vendredi "tout à fait disproportionnée" l'offensive israélienne au Liban. Mais le président français s'est aussi interrogé ouvertement sur le soutien de "telle ou telle nation" aux extrémistes du Hamas ou du Hezbollah, visant implicitement la Syrie et l'Iran.
De la crise du nucléaire iranien à celle d'Israël et du Liban, le président français s'est dit "extrêmement inquiet" de la "vraie situation dangereuse" dans la région, qu'il a comparée à celle qui avait précédé la guerre en Irak.
Jacques Chirac s'est dit "consterné par ce qui se passe actuellement au Proche-Orient", évoquant l'offensive lancée par Israël au Liban après la capture de deux de ses soldats par le Hezbollah chiite.
"Si j'en crois les dernières nouvelles, celles de ce matin, on peut se demander s'il n'y a pas aujourd'hui une espèce de volonté de détruire le Liban, ses équipements, ses routes, sa communication, son énergie, son aérodrome", a-t-il déclaré. "Je trouve honnêtement, comme l'ensemble des Européens, que les réactions actuelles sont tout à fait disproportionnées".
Dominique de Villepin s'est également inquiété de la situation au Liban en marge de la garden party de l'Elysée. "Il y a beaucoup de douleur et beaucoup d'inquiétude sur lesquelles nous devons être vigilants. La diplomatie française, l'ensemble de la diplomatie européenne et internationale doivent faire preuve de vigilance et d'une mobilisation particulière", a estimé le Premier ministre.

Publié dans Le Proche-Orient

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