Paris appelle à une «trêve humanitaire immédiate»

Publié le par rezeid

Alors que Jacques Chirac dénonce les «comportements violents et aberrants» d’Israël et du Hezbollah, le premier ministre Dominique de Villepin rappelle, lors de sa visite à Beyrouth, la «priorité de la France : le cessez-le-feu».

 
Au sixième jour de la crise libanaise, et alors que les bombardements israéliens s’intensifient, Saint-Pétersbourg s’est transformé en quartier général de la diplomatie mondiale.
 
Jacques Chirac a appelé lundi à l'arrêt des bombardements israéliens au Liban et des tirs de roquette du Hezbollah contre Israël, comportements «à la fois violents et aberrants» ayant des conséquences «dramatiques» sur la population libanaise. Il n’y a «pas d’autre alternative que le dialogue » entre Tel-Aviv et Beyrouth, a estimé le chef de l’Etat. Le président français a souligné tout au long de sa conférence la nécessité de faire respecter la résolution 1559 de l’ONU , qui prévoit notamment le désarmement des milices libanaises, dont le Hezbollah. Interrogé sur la possibilité de faire usage d’autres moyens que ceux de la diplomatie pour faire respecter cette résolution, le chef de l’Etat s’est fait menaçant : «Cela demandera probablement quelques moyens de coercition», a-t-il lancé.
 
Villepin appelle Israël à « faire preuve de la plus grande retenue »
 
La France a choisi d’exprimer son « soutien » au Liban par un geste fort : la visite sur place du premier ministre. Dominique de Villepin est arrivé à Beyrouth dans l’après-midi de lundi, accompagné du ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy. Il a aussitôt été reçu par son homologue libanais, Fouad Siniora. Une entrevue à l’issue de laquelle le chef du gouvernement français a appelé à « une trêve humanitaire immédiate ». Lors d’une conférence de presse conjointe, il a déclaré : « Notre priorité, c'est le cessez-le-feu », a-t-il ajouté tout en appelant Israël, « qui a le droit à se défendre, à faire preuve de la plus grande retenue ».
 
Des propositions « concrètes » en vue d'une cessation des hostilités
 
Rentré lundi à la mi-journée d’une mission de bons offices au Liban, le représentant de l’Union européenne pour la politique extérieure, Xavier Solana, s’est dit « pessimiste » quant à la perspective d’un cessez-le-feu. « La situation est très, très grave », a-t-il souligné.
 
L'émissaire des Nations unies Vijay Nambiar a, pour sa part, déclaré à l'issue d'entretiens avec le premier ministre libanais Fouad Siniora, qu'il transmettrait à Israël des propositions « concrètes » en vue d'une cessation des hostilités. Un « gros travail diplomatique » sera toutefois nécessaire pour y parvenir, a-t-il ajouté, se disant cependant « optimiste », et faisant état de premiers progrès « prometteurs ».
 
Les Etats membres de l'UE « sont prêts à participer » à une force internationale
 
Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a appelé lundi matin les parties concernées à se mettre «d'accord, aussi vite que possible, sur un cessez-le-feu». Un appel qui fait suite à la déclaration commune des pays du G8, dimanche, appelant à un « arrêt de la violence ».
 
Kofi Annan a ajouté qu’il envisageait l’envoi d’une «force de stabilisation» dans le pays. Une intervention qu’il subordonne à la remise d’un rapport de l’équipe de l’ONU sur place, attendu pour la fin de la semaine. L’Union Européenne annonce également qu’elle étudie le déploiement d’une force de maintien de la paix. Les Etats membres de l'UE « sont prêts à participer » à une force internationale, mais cette force n'en est encore qu'au stade de « l'idée », a déclaré lundi la présidence finlandaise de l'UE.
 
Le premier ministre italien Roman Prodi a estimé que la Force internationale de sécurité envisagée pour le Liban à la frontière avec Israël, devrait comprendre autour de 8.000 hommes. Tony Blair avait déclaré au préalable que cette force devrait comprendre « bien plus d’effectifs » que les 2.000 hommes de la Finul (Force intérimaire des Nations Unies au Liban), déjà déployés sur place depuis 1978.
 
Israël hostile a l’envoi d’une force internationale au Liban
 
Autant d’annonces qui ne suscitent pas l’enthousiasme du gouvernement israélien. Celui-ci estime qu’il est « trop tôt » pour parler du déploiement d’une éventuelle force internationale. « Je ne pense pas que nous en soyons déjà à ce stade. Nous sommes au stade où nous voulons être certains que le Hezbollah n'est pas déployé à notre frontière nord », déclarait lundi matin Miri Eisin, porte-parole du gouvernement.
 
La libération des soldats en ligne de mire
 
Selon plusieurs diplomates sur place, des efforts internationaux sont en cours pour permettre la remise par le Hezbollah des deux soldats israéliens enlevés le 12 juillet. La proposition, transmise au gouvernement de Beyrouth par la délégation de l’ONU et le chef de la diplomatie européenne, Xavier Solana, prévoit que les soldats soient remis au gouvernement libanais, avant d’être rendus à Israël en contrepartie de l’arrêt de l’offensive.
 
Tel-Aviv n’a pas encore commenté cette proposition, mais la pression diplomatique semble remplir son office. Le gouvernement israélien annonce, lundi en fin de matinée, «qu'il n'y a pas de solution militaire pour neutraliser le Hezbollah ». « La solution est diplomatique», précise le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mark Reguev. Pour lui, «les intérêts israéliens dans cette affaire ne sont pas différents de ceux de la communauté internationale».

Publié dans Le Proche-Orient

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sebastien 23/03/2008 20:03

Le Quai d'Orsay pris d'assaut par le CRIF
Participez à la campagne de protestation contre
la nomination de l’hyper sioniste François Zimeray
en qualité d’Ambassadeur des droits de l’homme,
nomination qui prélude à un grand mouvement
d’épuration du Quai d’ Orsay, au profit d’un alignement
sur les inconditionnels d’Israël (Arraud, Errera, Ruffin, Zimeray,
Rama Yade, Kouchner, et bien d’autres)


http://www.france-palestine.org/article8331.html