Dominique de Villepin préside une réunion sur le plan canicule

Publié le par rezeid

Dominique de Villepin doit présider ce jeudi à 17H30 à Matignon une réunion interministérielle sur le plan canicule, alors que la vague de chaleur qui touche actuellement l'Europe pourrait avoir fait neuf morts en France.

Le Premier ministre l'a annoncé lors d'une visite à la maison de retraite Sainte-Monique à Paris (XIVe), où il voulait vérifier la bonne application des mesures du plan canicule en compagnie des ministres Xavier Bertrand (Santé) et Philippe Bas (Santé).

Cette réunion à Matignon permettra de "faire le point sur la situation de la canicule en France, avec l'ensemble des ministres concernés", a précisé en fin d'après-midi l'entourage du Premier ministre

"Nous avons constaté des pièces rafraîchies à chaque étage, un personnel attentif, formé pour aider les personnes âgées pendant cette période si difficile de l'été", s'est félicité M. de Villepin à la maison de retraite. "La mobilisation s'est traduite par toute une série de mesures au cours des derniers mois visant à tirer les leçons des expériences tragiques que nous avons connues" à l'été 2003, où la canicule avait fait quelque 15.000 morts, a ajouté M. de Villepin.

"Cela veut dire des moyens supplémentaires pour plus de personnel pour faire face à ces vagues de chaleur. Nous avons développé des campagnes de prévention et de sensibilisation de façon à ce que chacun puisse connaître les gestes qui sont utiles: nécessité de beaucoup boire, d'avoir recours à des brumisateurs", a-t-il dit, en appelant à la "vigilance" de chacun vis-à-vis notamment des personnes âgées.

Dans l'une des salles rafraîchies, le Premier ministre a dialogué avec plusieurs pensionnaires de l'établissement, dont la doyenne, Marguerite-Marie, 106 ans, et avec le personnel. "Il faut boire, c'est important même si on n'en ressent pas le besoin", a-t-il lancé. "En plus, c'est de la grenadine, ça passe mieux...", a renchéri M. Bas.

Depuis lundi, neuf décès sont imputés à la vague de chaleur. Les leçons de 2003 ont été tirées sauf pour les handicapés.

MALGRÉ la fin de la vigilance orange déclarée par Météo France, sauf pour les agglomérations parisienne, marseillaise et lyonnaise qui vont encore souffrir de la canicule jusqu'à la fin de la semaine, les très fortes chaleurs persistent sur toute la France. Aujourd'hui, Dominique de Villepin réunit plusieurs de ses ministres pour les mobiliser. «La solidarité nationale doit jouer», insiste le premier ministre. Par ailleurs, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a annoncé hier soir qu'il réunirait, vendredi ou lundi, les organisations d'aide aux SDF pour «coordonner les actions sur le terrain». Il a également souhaité que soient revus les horaires d'ouverture des centres d'acceuil de jour.
 
«Plus d'appels que d'habitude»
 
Oscillant hier entre 31 et 35 degrés, avec des pointes à 36 degrés, les thermomètres devraient temporairement baisser à partir d'aujourd'hui grâce aux orages arrivant par l'ouest. Mais, déjà, plusieurs morts sont à déplorer depuis le début de la semaine. Responsable du décès, lundi, de deux personnes âgées en Gironde, la chaleur a aussi causé avant-hier celui d'un ouvrier à Mâcon en Saône-et-Loire. Cet intérimaire de 53 ans a succombé à une «hyperthermie maligne» après avoir été exposé au soleil tout l'après-midi. La chaleur pourrait être à l'origine de la mort de six autres personnes, dont un SDF à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, et un chauffeur routier à Dax, dans les Landes.
 
Du côté des hôpitaux, l'activité reste soutenue. Comme au Samu de Bordeaux, où le travail est «très lourd depuis le début du mois de juillet», confirme le docteur Éric Tentillier. Ce responsable médical adjoint du Samu traite en moyenne 750 cas par jour et un millier le week-end. Difficile pour autant de dire quel surcroît d'activité représente la canicule, même si le médecin juge recevoir «plus d'appels que d'habitude pour des malaises, surtout chez les personnes âgées».
 
Hier, Dominique de Villepin s'est rendu dans une maison de retraite du XIVe arrondissement, à Paris, pour «vérifier la bonne appli cation des mesures du plan canicule». Obligatoirement équipés d'une salle «rafraîchie» depuis 2003, tout comme les hôpitaux, les établissements pour personnes âgées sont désormais relativement protégés. Au contraire de certaines infrastructures comme celles destinées aux personnes lourdement handicapées qui, relevant du médico-social, ne sont pas concernés par l'obligation. Ainsi certains responsables souhaiteraient s'équiper mais ne disposent pas de crédits.
 
Tel est le cas à la maison d'accueil spécialisée (MAS) Odile-Madelin, à Cernay-lès-Reims dans la Marne. «Nos patients polyhandicapés, pour la plupart vissés dans des corsets-sièges et souffrant déjà de complications respiratoires, sont écrasés par la chaleur faute de salle rafraîchie», dénonce Marie Drigny, directrice adjointe de cette structure. Son dossier, constitué au lendemain de la canicule de 2003 pour demander à la DDASS d'agir, est «resté lettre morte». Pour mettre ses 65 résidents à l'abri de la chaleur, il faudrait 93 000 euros. Pour l'heure, les familles «bricolent» en achetant elles-mêmes des ventilateurs. Une amicale s'est même constituée pour en procurer à ceux qui n'ont plus de parents.

Dominique de Villepin "passera l'été à vérifier sur le terrain" l'application des mesures gouvernementales

 "Je passerai l'été à vérifier sur le terrain que les mesures sont bien appliquées et que les choses changent concrètement" en faveur de l'égalité des chances, promet le Premier ministre Dominique de Villepin dans un entretien paraissant jeudi dans "Le Télégramme de Brest".

En déplacement jeudi dans le Finistère, le chef du gouvernement revient par ailleurs sur la crise du CPE, pour estimer être "sans doute allé trop vite". "Il aurait fallu expliquer davantage ce que nous voulions faire".

Il met toutefois en avant son bilan contre le chômage: celui-ci, "qui semblait être une fatalité dans notre pays, baisse mois après mois". Par ailleurs, "la croissance est là et elle est solidement installée".

Désormais, "nous pouvons tirer les leçons de la crise du CPE en modernisant le dialogue social en France. C'est mon ambition pour les prochains mois", explique-t-il.

Revenant sur l'affaire Clearstram, M. De Villepin estime qu'"on a voulu transformer une affaire financière et industrielle en une affaire politique, à partir d'approximations et de propos tronqués". Mais "je tiens à le dire clairement: l'idée d'une rivalité politique entre Nicolas Sarkozy et moi-même au coeur de cette affaire est absurde".

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