La taxe CHIRAC sur les billets d'avion rapporterait 1 milliard d'euros par an

Publié le par rezeid

Défendue par les présidents français et brésilien, la taxe aérienne doit venir renforcer l'aide au développement. Mais la France peine à entraîner l'adhésion des autres grands pays riches.

Une taxe pour la santé des plus démunis : hommes d'affaires, vacanciers, voyageurs ponctuels, tous vont désormais participer à la lutte contre les pandémies. C'est en tout cas le défi lancé par Unitaid avec la mise en place d'une contribution de solidarité internationale sur les billets d'avion.

Depuis le 1er juillet, et malgré la réticence des professionnels du secteur de l'aviation et du tourisme, tous les voyageurs au départ d'un aéroport français doivent s'acquitter d'une taxe sur le prix de leurs billets. Pour l'ensemble des vols, les prix sont relevés de 1 euro en classe économique et de 10 euros en classe affaires pour les vols nationaux et intra-européens. La surtaxe est de 4 euros en classe économique et 40 euros en classe affaires pour les vols internationaux.

À l'heure actuelle, selon la France, la recette attendue devrait s'élever à plus de 200 millions d'euros, avec, à terme, la perspective de générer 1 milliard de recettes par an, sous réserve de l'engagement des autres pays. La taxe aérienne représente, il est vrai, une véritable manne puisque plus de 3 milliards de billets d'avion sont vendus chaque année dans le monde. Un apport non négligeable pour venir augmenter l'aide au développement. En effet, rares sont les pays donateurs qui respectent les objectifs de développement pour le millénaire de porter l'aide publique au développement (APD) à 0,7 % du PIB. Selon les estimations des Nations unies et de la Banque mondiale, 50 milliards de dollars sont encore nécessaires pour atteindre les engagements de l'ONU.

Moindre coût. De manière concrète, cette nouvelle contribution, portée politiquement par Jacques Chirac au sommet du G8 de Gleneagles (Écosse) il y a un an, doit financer un mécanisme international d'achat de médicaments à moindre coût (Fiam/Unitaid) pour aider les pays en développement à lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme. " Ce dispositif sera lancé en septembre lors de l'assemblée générale des Nations unies ", a annoncé le ministère brésilien des Affaires étrangères. Les premières opérations seront menées dès le mois d'octobre.

En France, la taxe aérienne sera collectée mensuellement par la direction générale de l'aviation civile. Les sommes seront ensuite reversées au fonds de solidarité pour le développement géré par l'Agence française de développement (AFD). Ces recettes viendront financer la Fiam, structure adossée à l'OMS qui se présente sous la forme d'un fonds fiduciaire. La Fiam a surtout choisi, afin de diminuer les frais de gestion, de s'appuyer sur de nombreux partenariats avec des organisations internationales et des ONG. Outre la France et le Gabon, seuls 19 pays ont annoncé leur intention de mettre en place cette contribution. Les initiateurs du projet espèrent être soutenus à terme par 43 pays. Mais beaucoup comme l'Espagne, dont l'activité touristique est au coeur de l'économie, conservent quelques réticences et envisagent plutôt des financements publics à long terme.

Reste qu'à ce stade la France n'est toujours pas parvenue à rallier la majorité des pays riches comme les États-Unis, le Canada, l'Australie ou la plupart de ses partenaires européens. Au lendemain du sommet de Saint-Pétersbourg, Paris n'a reçu le soutien que d'un seul autre membre du G8 : la Grande-Bretagne, et les initiatives de financements innovants ont été bottées en touche, faute de consensus. Seul un accord de principe a été donné aux " initiatives et partenariats " individuels. Les dirigeants des huit grandes puissances ont tout de même appelé à une suppression des droits de douane pour les médicaments, afin d'en abaisser le coût pour les pays pauvres, et se sont prononcés pour une réponse " énergique " au problème des grandes maladies infectieuses.

Dix-neuf pays sur la voie de la contributionAdoptée à l'occasion de la conférence de Paris des 28 février et 1er mars 2006, la contribution de solidarité sera mise en oeuvre par 19 pays : Le Brésil, Le Chili, Chypre, le Congo, la Côte d'Ivoire, le Gabon, la France, la Jordanie, le Luxembourg, Madagascar, Maurice, le Nicaragua, la Norvège, le Royaume-Uni, la Corée du Sud, le Cambodge, le Mali, la Guinée, le Bénin. L'Italie et le Qatar sont également sur le point d'y adhérer tandis que d'autres pays préfèrent apporter une aide budgétaire pluriannuelle.

Publié dans Divers

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