Chirac prompt à la manoeuvre

Publié le par rezeid

"Le couple Chirac/Villepin à la manoeuvre au Proche-Orient ou la parole Française compte"

A la peine en politique intérieure, Jacques Chirac a retrouvé la scène qu'il affectionne avec la crise du Liban. Il a su mobiliser son gouvernement et trouver des réponses rapides et appropriées sur le front humanitaire et diplomatique.

Fort de sa stature internationale et de sa connaissance de la région, Jacques Chirac n'a pas perdu de temps depuis neuf jours et revêtu aisément sa casquette de chef des armées. D'abord sur le front humanitaire. Dès les premiers bombardements israéliens sur le Liban, il fait mettre en place un dispositif d'évacuations des civils, affrète un ferry dans la région et envoie au large de Beyrouth plusieurs navires militaires dont le bâtiment de commandement "Mistral". Au même moment, aux Etats-Unis, George W. Bush est lui critiqué par son opposition pour sa lenteur à organiser le départ des ressortissants américains.

Sachant que l'offensive de Tsahal sera " sans limite dans le temps " puisque telle est la décision du Premier ministre israélien, le chef de l'Etat français annonce mercredi l'envoi par avions de médicaments et d'eau potable dans les zones touchées mais réclame surtout l'ouverture de " corridors humanitaires " maritimes et terrestres pour évacuer les civils. Une initiative acceptée par Israël et qui permet à la diplomatie française de se réintroduire dans le jeu.

La moulinette américaine

Mais Paris n'entend pas s'en tenir là, loin de là. Alors que l'ensemble de la communauté internationale ferme plus ou moins discrètement les yeux sur l'offensive israélienne contre le Hezbollah, Jacques Chirac refuse de voir sa politique étrangère passer à la moulinette américaine. Dans une région où la France a encore quelque influence et des amis, il retrouve, avec son Premier ministre, le registre dans lequel ils avaient brillé au moment du refus français de s'engager en Irak aux côtés de Washington. Déplacement éclair de Dominique de Villepin à Beyrouth lundi dernier, tournée du ministre des Affaires étrangères dans la région depuis vendredi matin, visite de Michèle Alliot-Marie à Chypre ce week-end : la France est sur le terrain et multiplie les initiatives diplomatiques.

Dernière en date, la demande de Jacques Chirac à l'Union européenne de " mandater " au Proche-Orient son représentant pour la politique extérieure Javier Solana afin de " réunir les conditions d'un cessez-le-feu". Les Etats-Unis "aujourd'hui ne veulent pas arriver immédiatement" à un cessez-le-feu, estime Michèle Alliot-Marie, laissant clairement entendre que Washington ne veut pas contrarier les efforts d'Israël pour neutraliser le Hezbollah. La France, elle, se comporte en aiguillon de l'ONU et souhaite, comme le secrétaire général de l'organisation Kofi Annan, l'envoi d'une force internationale au Liban sud. Une initiative à laquelle s'opposent les Américains et leur fidèle allié Tony Blair.

"Une action symbolique"

Ces initiatives promptes face au drame libanais ont, chose plutôt rare en France, valu à l'exécutif un coup de chapeau de certains ténors de l'opposition. "Une fois n'est pas coutume, j'approuve les paroles et les actes" de Jacques Chirac, a ainsi déclaré Jack Lang. Bernard Kouchner lui a jugé que "le gouvernement était dans son rôle" en se rendant à Beyrouth à la rencontre des sinistrés et réfugiés. A l'UDF, François Bayrou a lui aussi approuvé le déplacement du Premier ministre, jugeant que "la France seule peut avoir une action symbolique" même si elle doit avoir lieu dans "le seul cadre européen". Ces compliments sont bienvenus pour le couple Chirac-Villepin, soumis à rude épreuve sur la scène intérieure depuis douze mois.

Si chacun sait que la France seule n'exerce plus aucune influence décisive au Proche-Orient, la compassion et les exhortations du président de la République pour limiter, autant que faire se peut, les dégâts dans un Liban à nouveau sacrifié lui redonnent une aura reconnue par l'opinion publique. A dix mois de la présidentielle, les quinquagénaires de l'UMP ou du PS ont beau jouer pour l'instant au coude à coude dans les sondages, côté stature internationale, ils ont encore plusieurs longueurs de retard sur Jacques Chirac.

Publié dans Le Proche-Orient

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frank 22/07/2006 01:52

Chirac et Villepin sont les plus meilleurs. sarko c'est une m.....