L'économie française connaît une embellie qui reste à confirmer

Publié le par rezeid

Recul du chômage, consommation vigoureuse, moral des ménages en hausse, inflation sous contrôle: les principaux indicateurs économiques publiés en juillet pour la France ont donné au gouvernement des motifs de se réjouir, mais les économistes préfèrent rester prudents.

Au fur et à mesure qu'ils sont tombés, les chiffres de l'Insee pour l'économie française ont surpris les économistes.

Le taux de chômage selon le Bureau International du Travail
 
D'abord, la production industrielle a fait un bond en mai (+2%), un résultats "meilleur qu'attendu" selon le ministre délégué à l'Industrie François Loos, qui a rappelé que le niveau atteint était le plus haut depuis 2000.

L'inflation a été nulle en juin, ramenant à 1,9% le niveau de la hausse des prix à la consommation sur un an. Là encore, c'est mieux que ce qu'attendaient les économistes.

Le déficit commercial, qui avait été l'un des points noirs de l'économie française tout au long de 2005, a été ramené en mai à 1,797 milliard d'euros. Pas de quoi pavoiser mais un résultat tout de même meilleur qu'en avril (-2 milliards) et qui a réjoui la ministre déléguée au Commerce extérieur Christine Lagarde. "On progresse plus vite que le commerce mondial, ce qui veut dire qu'on est en situation de gain de parts de marchés", a-t-elle estimé.

La liste des bonnes nouvelles n'est pas terminée. Le moral des industriels a rebondi en juillet alors que les économistes s'attendaient à une stagnation. Celui des ménages s'est amélioré lui aussi, ce qui n'est guère surprenant au vu de leur appétit de dépenses: la consommation des ménages en produits manufacturés a bondi de 1,7% en juin, alors que les économistes tablaient en moyenne sur une progression de 0,4%.

Enfin, le chômage a reculé de 1,17% en juin, ce qui porte son taux à 9%, du jamais vu depuis avril 2002.

L'annonce est intervenue au moment même où, à la Bourse de Paris, le CAC 40 (Paris: actualité) franchissait brièvement la barre des 5.000 points pour la première fois depuis fin mai grâce à une avalanche de résultats meilleurs que prévu.

Dans ces circonstances, on comprend que le gouvernement ne boude pas son plaisir. Le Premier ministre Dominique de Villepin, annonçant lui-même jeudi le recul du chômage, s'est fixé comme objectif de passer sous la barre des 2 millions de chômeurs d'ici début 2007.

Le ministre de l'Economie Thierry Breton lui aussi se frotte les mains, d'autant que les rentrées fiscales ont été confortables au premier semestre. Maintenant sa prévision de croissance dans une fourchette de 2 à 2,5% cette année, il soulignait il y a quelques jours que "l'économie française est très bien repartie" et qu'on est "sur une très bonne tendance".

C'est cependant sur ce point que les économistes sont plus sceptiques, en invoquant des phénomènes conjoncturels comme la Coupe du monde de football, même si une croissance à 2% ou un peu plus leur paraît plausible.

Pour Marc Touati (Natexis Banques populaires), l'euphorie de la consommation, principal moteur de la croissance française, pourrait ne pas durer, d'autant que le moral des ménage, même s'il s'améliore, reste "historiquement bas".

Pour Nicolas Bouzou (Xerfi), il ne faut pas oublier non plus que "l'économie française souffre essentiellement de pertes de compétitivité à l'exportation et d'un déficit d'investissement, deux problèmes qui ne seront pas réglés par un regain de confiance lié à un heureux événement sportif et à la multiplication d'emplois subventionnés".

Publié dans Divers

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