Villepin mise sur une rentrée apaisée avec l'UMP

Publié le par rezeid

Le premier ministre se réjouit du soutien de Nicolas Sarkozy sur le dossier GDF-Suez.

 
Dominique de Villepin s'est accordé quelques jours de vacances supplémentaires. Rentré de Dinard avant le week-end du 15 août, le premier ministre est reparti dans le sud-est de la France pour prolonger cet été réparateur. «Il sera à Matignon en fin de semaine», indique-t-on sobrement dans son entourage. Tout en rappelant qu'il a été «très actif» et présent sur de nombreux dossiers : Liban, canicule, sécheresse, hébergement d'urgence…
 
Au fond du trou avant l'été, le chef du gouvernement a profité de la pause estivale pour panser ses plaies. La bonne gestion de la crise internationale ajoutée à la confirmation de la baisse du chômage et la reprise économique ont fait oublier les déboires du printemps : flop du CPE, tourmente Clearstream, fronde des députés UMP sur le dossier GDF. S'il reste bas dans les sondages, Dominique de Villepin a vu cet été sa popularité repartir à la hausse. Cinq points de plus dans les dernières enquêtes. Les prochaines s'annoncent bonnes également. De quoi espérer une rentrée politique sous de meilleurs auspices.
 
«Déclic psychologique»
 
Supporter de la première heure du chef du gouvernement, le député UMP de l'Hérault Jean-Pierre Grand croit au «déclic psychologique». «Les Français commencent à comprendre que le premier ministre travaille bien et agit en profondeur», estime-t-il. Député UMP de l'Essonne, Georges Tron évoque un «retournement estival». Pour lui, «au fur et à mesure que les résultats tombent, les Français prennent conscience du courage de Villepin». L'accélération de la baisse du chômage comme les bons chiffres de la croissance tombent à pic pour le gouvernement Villepin qui travaille à un nouveau plan en faveur de l'emploi des jeunes sans qualification.
 
Fort des résultats économiques encourageants, il espère retrouver à la rentrée une majorité rassurée et… disciplinée. La fusion GDF-Suez servira de test dès l'ouverture de la session extraordinaire du Parlement, le 7 septembre. Dans ce contexte, le premier ministre a enregistré avec satisfaction le soutien public de Nicolas Sarkozy. Interrogé sur France 2, le président de l'UMP a révélé qu'il avait donné son «accord pour constituer un grand pôle énergétique français». Jusqu'à présent discret sur ce dossier explosif, le numéro deux du gouvernement et probable candidat à la présidentielle a levé l'ambiguïté : «Ce n'est certainement pas à huit mois d'une échéance qu'il faut se diviser. Donc, ce sera le rassemblement.» Les adversaires de la fusion à l'intérieur de l'UMP (Pierre Méhaignerie, Marc-Philippe Daubresse ou Dominique Paillé), sont donc invités à serrer les rangs pour la privatisation de GDF.
 
«L'unité doit être la règle»
 
Voilà qui devrait rassurer Dominique de Villepin. «On est très sensible à la prise de position de Nicolas Sarkozy. Cela clarifie les choses et apaise le climat politique», relève un des principaux collaborateurs du premier ministre. Le chef du gouvernement avait d'ailleurs pris ses distances, dès le week-end dernier, dans un entretien au Journal du dimanche, avec les critiques de ses partisans (François Goulard, Hervé Mariton et Georges Tron) contre la candidature élyséenne de Nicolas Sarkozy. «Si nous voulons mettre toutes les chances de notre côté, l'unité doit être la règle. Les querelles de personnes, non. Le débat d'idées oui», avait anticipé le chef de la majorité.
 
À l'orée de leurs derniers mois de travail en commun, Villepin et Sarkozy ont opté pour un ultime donnant-donnant dans lequel chacun des deux hommes trouve son intérêt. Le premier peut compter sur le soutien total de l'UMP pour passer son projet de privatisation de GDF face à une gauche très mobilisée. Le second signe une sorte de paix armée avec les chiraco-villepinistes jusqu'à sa sortie du gouvernement, toujours programmée en janvier 2007. À Matignon, on place la rentrée politique sous le signe «du «rassemblement et de la complémentarité entre Villepin et Sarkozy. Seul moyen, insiste-t-on, de l'emporter en 2007».
 
Cela implique-t-il que Villepin renonce définitivement à toute ambition élyséenne ? Officiellement, l'homme de Matignon n'est candidat à rien. Officieusement, il n'a rien abdiqué. «La pièce de 2007 n'est pas jouée d'avance. S'en tenir à l'affiche de Ségolène et Nicolas est un peu réducteur», prévient Jean-Pierre Grand. Mais un autre villepiniste se montre plus pessimiste : «Même s'il remonte dans les sondages, je ne crois pas que ça le remette en selle. Je crois plus à une nouvelle candidature de Chirac qui est le grand gagnant de l'été.»

Publié dans dominiquedevillepin

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ralph 18/08/2006 03:00

Un blog complet,
félicitation on est avec toi

Fred 17/08/2006 21:45

Excellent retour de vacances à notre webmaster !!

Tes quelques jours de vacances nous ont paru bien long !

Tu es prêt à alimenter ton blog jusqu'à la victoire de Villepin au second tour de la présidentielle?

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