Jacques Chirac a orchestré tout l'été son retour au premier plan avant l'échéance de la présidentielle

Publié le par rezeid

 A huit mois de l'élection présidentielle, Jacques Chirac a choisi de réinvestir le devant de la scène politique. "Passer ses vacances en France, aller rendre hommage, jeudi 17 août, avant Sarkozy, aux trois pompiers de Puget-Ville morts au service, convoquer un conseil restreint sur l'emploi à l'Elysée à la rentrée : ça ressemble à un come-back", relève l'un de ses visiteurs réguliers. "Il y a trois ou quatre mois, le président semblait résigné, désormais il n'exclut plus rien", poursuit-il.

 

Politique étrangère, emploi, vie quotidienne des Français : le chef de l'Etat est déterminé à occuper tous les fronts. L'été a permis au président de mettre en scène son retour. Finies les vacances à l'étranger comme au Canada en 2004 : le président a retrouvé cette année le fort de Brégançon (Var). Il a même accepté que des photographes le saisissent en train de travailler dans son bureau "délocalisé", d'où il suivait la guerre du Liban (Paris-Match du 17 au 23 août).

La crise au Proche-Orient lui a une nouvelle fois permis de retrouver ses marques sur la scène internationale et de contribuer à la résolution de la crise, même si le premier contingent de 200 hommes envoyés par la France apparaît, pour le moment, en deçà de ses engagements. Mais le président veut aussi réinvestir la scène nationale. Dès son intervention du 14 juillet, il avait prévenu : "Je ne suis pas à l'heure du bilan, je suis à l'heure de l'action." Même son premier ministre sera obligé d'en rabattre à la rentrée : la lutte contre le chômage, dont Dominique de Villepin a fait son principal cheval de bataille, sera désormais menée de l'Elysée. Un conseil restreint sur ce thème y est prévu fin août ou début septembre, après celui qui s'y est déjà tenu le 31 juillet. Au terme de son second mandat, M. Chirac veut placer le succès de la lutte contre le chômage en tête de son bilan.

PART ACTIVE DANS LA CAMPAGNE

La suite du programme gouvernemental a aussi été dictée par le président : l'allégement des charges sur les bas salaires et le dialogue social figurent sur la feuille de route qu'il a donnée au gouvernement. "Ce que je veux, c'est que, dorénavant, il ne soit plus possible de toucher au code du travail sans avoir préalablement eu une concertation", avait-il prévenu mi-juillet, en guise d'avertissement à son premier ministre, après l'échec du contrat première embauche (CPE).

Bref, le président est toujours là. Pour longtemps ? "Je ne me situe pas dans un temps limité", avait-il lancé lors de son intervention du 14 juillet. Alors Chirac candidat en 2007 ? "Sarkozy-Villepin, c'est de l'histoire ancienne, place à Sarkozy-Chirac", pronostique un des visiteurs réguliers du président.

Sans préjuger d'une candidature qui apparaissait ces derniers mois hautement invraisemblable, ses proches sont persuadés que les chiraquiens joueront une part active dans la campagne. A commencer par Dominique de Villepin. "Les querelles de personnes, non. Le débat d'idées, en revanche, oui. Comme chef de la majorité, je veux être le premier artisan du rassemblement de notre famille", a affirmé le premier ministre dans Le Journal du dimanche, le 13 août. "Pour gagner la présidentielle, le candidat de la droite devra incarner le rassemblement des Français et répondre aux grandes questions que se posent les Français : la place de la France dans l'Europe, le rôle de l'Etat, le statut du travail", décrypte un chiraquien. "Et surtout ne pas être un chef de clan", ajoute-t-il, avant de confier : "De toute façon, Chirac ne croit pas à une victoire de Sarkozy."

Publié dans Divers

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