Dimanche 20 août 2006
Une croissance plus élevée que prévue, un taux de chômage qui continue à diminuer: le ciel économique se dégage pour le gouvernement alors qu'il s'apprête à faire sa rentrée. De bonnes nouvelles sur lesquelles le Premier ministre Dominique de Villepin ne devrait pas manquer de capitaliser.

Les membres du gouvernement ont rendez-vous jeudi matin à l'Elysée pour le conseil des ministres de rentrée. Nombre d'entre eux ont été chargés de plancher sur de nouvelles mesures pour l'emploi, histoire de faire oublier l'échec cuisant du Contrat première embauche (CPE).

Le président Jacques Chirac avait en effet demandé le 31 juillet "que de nouvelles mesures efficaces pour doper les créations d'emploi soient étudiées au cours de l'été", un nouveau conseil restreint consacré à l'emploi étant programmé "avant la rentrée pour arrêter les décisions nécessaires".

Alors que le taux de chômage a atteint 9% en juin, soit un peu moins de 2,2 millions de chômeurs, Dominique de Villepin s'est fixé pour objectif de "passer en dessous de la barre des 2 millions" début 2007, soit justement au moment où l'UMP désignera son candidat à la présidentielle.

Officiellement, les deux calendriers n'ont rien à voir: Dominique de Villepin devrait continuer dans les prochains mois à faire profil bas face au président de l'UMP Nicolas Sarkozy, en espérant que de bons résultats économiques lui redonnent une marge de manoeuvre politique.

Et pour l'heure, c'est plutôt bien parti. "Tous les feux sont au vert", exultait lundi dernier le ministre de l'Economie Thierry Breton, alors que l'INSEE venait de rendre publics les chiffres de la croissance au premier semestre 2006, meilleurs que prévus (+1,8 à 1,9%). "D'après nos calculs, la croissance française sera plutôt dans le haut de la fourchette, c'est-à-dire 2,5%" fin 2006, a-t-il affirmé. "2007 se présente donc bien, voire très bien".

Ce regain inattendu de croissance a créé un surplus de recettes fiscales qui pourrait atteindre trois milliards d'euros. Le gouvernement a exclu de distribuer cette "cagnotte", bien que la tentation soit grande en année préélectorale.

Car Dominique de Villepin s'est engagé à faire de la lutte contre les déficits et la dette un objectif prioritaire du projet de loi de finances pour 2007, que le gouvernement doit boucler dans les prochaines semaines avant de le soumettre aux parlementaires à l'automne.

"Les cagnottes n'existent pas lorsqu'on est en déficit", a donc prévenu Thierry Breton. Les surplus seront donc "affectés au désendettement". L'objectif est de ramener la dette à 64,2% du PIB en 2007, contre 64,6% en 2006. Le budget 2007 verra par ailleurs les dépenses de l'Etat progresser de seulement 0,8%, soit un point de moins que l'inflation prévue, afin de ramener le déficit public à 2,5% du PIB en 2007, contre 2,8% en 2006.

Pour cela, les effectifs de la Fonction publique diminueront de 15.032 postes en équivalent temps plein, l'Education nationale étant le plus gros contributeur avec 8.701 postes supprimés.

Parallèlement, le gouvernement devrait s'attaquer fin août à la réforme du dialogue social que Dominique de Villepin a appelé de ses voeux malgré un certain scepticisme des syndicats.

Le Premier ministre a par ailleurs fait savoir qu'il entendait "apporter une réponse concrète à l'augmentation des prix de l'essence qui pèse lourdement sur le budget des ménages" et "aider les étudiants et leurs parents". Le 14 juillet, Jacques Chirac avait confirmé la mise en oeuvre "le plus rapidement possible" d'une allocation de rentrée pour les étudiants.

Autre dossier délicat sur lequel le gouvernement va devoir très vite se pencher: le projet de fusion entre GDF et Suez, alors que le projet de loi sur la privatisation de Gaz de France doit être examiné par les parlementaires en session extraordinaire à partir du 7 septembre. Après la fronde inédite des députés UMP en juin, le président du parti majoritaire Nicolas Sarkozy a confirmé mercredi son "accord" à ce projet de fusion, ce qui devrait remettre le projet de loi sur les bons rails.

par rezeid publié dans : Divers
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Commentaires

Nous ne pouvons que nous réjouir des bons résultats conjoncturels, mais les effets ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan des dépenses de l'état.
Que deviendront ces bons chiffres si la conjoncture internationale se tend comme cela est prévisible dès septembre ou octobre?
Une guerre larvée contre l'IRAN aurait pour conséquence immédiate la fermeture du détroit d'ormuz et sans doute un baril à plus de 150 dollars voir 200 .
l'économie mondiale serait immédiatement plombée et plus d'une année serait alos nécessaire à une reprise.
je ne partage pas votre optimisme béat, car de gros nuages se profilent à l'horizon et la France sera incapable de faire face à la situation.
commentaire n° : 1 posté par : gilles (site web) le: 20/08/2006 20:10:37

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