Les ministres préparent la rentrée

Publié le par rezeid

Plutôt que des mesures révolutionnaires, le gouvernement travaille à des mesures ciblées sur l'emploi, les PME et le pouvoir d'achat.

 
C'EST LA RENTRÉE dans les cabinets ministériels. L'occasion, pour chacun, de peaufiner les dernières propositions économiques qui seront soumises aux arbitrages du premier ministre, Dominique de Villepin, dans les prochains jours. Rien n'est encore décidé en détail. Mais les grandes lignes sont déjà arrêtées. « On ne change pas une politique qui commence à faire ses preuves, en matière de croissance et d'emploi », résume-t-on de Bercy à Matignon. L'insee devrait confirmer ce matin que la croissance française du deuxième trimestre s'est exactement établie aux alentour de 1,15%, grâce notamment à une reprise de l'investissement et du commerce extrieur.
 
Les mesures fiscales du budget 2007 seront fixées en début de semaine prochaine. « Elles respecteront les engagements pris par le premier ministre lors de la Conférence nationale sur les finances publiques de janvier », assure-t-on à Matignon. Fin juillet, le ministre délégué au Budget Jean-François Copé avait indiqué que le coût total des nouvelles mesures fiscales inscrites dans le budget 2007 serait de 300 à 400 millions. Actuellement, Bercy plancherait sur un scénario central de 500 millions. De quoi financer la suppression totale des droits de succession à la charge du contribuable poussée par le ministre du Budget mais qui ne suscite pas un grand enthousiasme à Matignon.
 
En matière d'emploi, il ne faut pas s'attendre non plus à un « big bang ». Pour Matignon, « la philosophie est de continuer à traiter le problème tel qu'il se présente : chaque chômeur est dans une situation particulière, il faut lui apporter une réponse adaptée ».
 
Concrètement, cela signifie renforcer les dispositifs existants, en particulier ceux destinés à la réinsertion des jeunes en difficulté ou des habitants des zones urbaines sensibles (ZUS). En s'appuyant toujours plus sur les contrats aidés.
 
Autre axe de mesures en faveur de l'emploi : le renforcement des aides à la création d'entreprise par les chômeurs. Tous les ministères concernés s'accordent à vouloir améliorer, voire simplifier, les dispositifs existants. Ces plans participent plus largement de la volonté du gouvernement de développer le tissu des PME. Le ministre des PME, Renaud Dutreil, devrait occuper le terrain. Le projet de loi de finances définira notamment une sorte de « bouclier fiscal » pour les entreprises en forte croissance posant les principes d'un gel de l'IS et d'un étalement dans le temps du versement des charges sociales pour les PME répondant à des critères précis : avoir enregistré au cours des dernières années une hausse significative de la masse salariale, entre 15 et 20 %.
 
Dernier volet de la politique économique : le soutien au pouvoir d'achat. Il s'agira d'un thème majeur de la campagne électorale. En particulier, « le gouvernement réfléchit à la manière d'aider ceux qui utilisent les transports pour se rendre sur leur lieu de travail », annonçait le ministre de l'Économie Thierry Breton dans nos colonnes le 17 août. Le gouvernement envisagerait la mise en place d'un « chèque transport ». Objectif : compenser la hausse du prix des carburants à la charge des salariés. Un projet toutefois difficile à mettre en place techniquement. Le gouvernement pourrait aussi opter pour une seule mesure visible : un nouvel effort sur la prime pour l'emploi. Ce scénario coûteux divise les ministres.

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