Une étude menée par le Financial Times révèle que les salariés européens sont favorables à plus de flexibilité dans leur temps de travail.
A LA QUESTION : « Un gouvernement est-il habilité à limiter le nombre d'heures travaillées par un employé ? », les Allemands et, plus inattendu, les Français sont plus de la moitié à répondre « non ». Voilà de quoi faire taire, temporairement du moins, quelques-uns de nos voisins européens qui, depuis l'avènement des 35 heures, n'en finissent pas de se moquer de « ces Français fainéants »...
Selon un sondage réalisé par le Financial Times auprès de cinq pays européens (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie et Espagne) publié hier, il ressort qu'une nette majorité des Européens souhaiteraient pouvoir travailler autant et aussi longtemps qu'ils le souhaitent. Ainsi, 62 % des salariés allemands et 52 % des français sont opposés à ce que l'État contrôle le nombre d'heures passées au travail. Mieux : trois quarts des Français se disent prêts à faire des « heures sup » pour gagner... plus. Les Espagnols sont l'exception qui confirme la règle puisque 72 % d'entre eux sont favorables à ce que l'État décide de leur temps de travail.
Inquiétudes sur la retraiteFait plus étonnant, ils sont moins de 40 % en France, contre largement plus dans les autres pays européens, à s'inquiéter du fait que leur employeur change, voire réduise le montant de leur retraite d'ici à leur départ. En dépit de la réduction du temps de travail, le taux de chômage en France et en Allemagne ces dernières années s'est établi à plus du double de celui de la Grande-Bretagne, oscillant autour de 5 %. On se souvient d'ailleurs que, voilà un an, lorsque le président Chirac avait déclaré que, selon lui, le modèle britannique n'était « ni à envier ni à copier » les Britanniques, piqués au vif, avaient rétorqué que les Français, au regard de leurs piètres performances, feraient mieux, au contraire, « de suivre leur exemple ». Des Britanniques qui, à 72 %, souhaiteraient pouvoir travailler au-delà de l'âge de la retraite, contre 67 % d'Italiens et 56 % d'Allemands.
Discutable ou pas, ce sondage apporte en tout cas de l'eau au moulin de ceux qui, plus nombreux, prônent plus de flexibilité.
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