Le gouvernement veut huit mois «utiles»

Publié le par rezeid

Chahuté par sa majorité avant l'été, le premier ministre se veut «serein» à la veille du Conseil des ministres. Et espère engranger les dividendes de la baisse du chômage.

 
LE CHÔMAGE qui recule, la croissance qui redémarre, les sondages qui remontent pour Jacques Chirac et pour Dominique de Villepin, l'UMP et le gouvernement qui se réconcilient… Finalement, tout irait bien pour la droite à la veille de cette dernière rentrée avant les échéances électorales de 2007. Le hic s'appelle Ségolène Royal et son insolente percée médiatique. Désormais largement en tête dans les préférences des Français, la présidente socialiste de la Région Poitou-Charentes semble la mieux placée – si l'on en croit les enquêtes d'opinion – pour battre le probable candidat UMP Nicolas Sarkozy.
 
Candidat «à rien» et déterminé à «gouverner jusqu'au dernier jour», Dominique de Villepin ne s'intéresse pas à 2007. «On amuse la galerie», raille-t-on à Matignon. Faute de pouvoir pour l'instant peser sur le match Ségolène Royal-Nicolas Sarkozy, le premier ministre concentre donc ses efforts sur «l'action gouvernementale». «Les Français ne sont pas du tout dans la campagne présidentielle. Ils veulent que le gouvernement travaille et poursuive les efforts entrepris pour moderniser la France», avance un des principaux collaborateurs du premier ministre.
 
Au fond du trou avant l'été, le chef du gouvernement semble remonter la pente. Le CPE et l'affaire Clearstream sont loin. Quant à la fronde des députés UMP contre le projet de fusion Suez-GDF, elle ne paraît plus d'actualité. En soutenant publiquement le texte, Nicolas Sarkozy a obligé les siens à serrer les rangs et ôté, ainsi, une épine du pied de Dominique de Villepin. Le premier ministre et son ministre de l'Économie Thierry Breton vont pouvoir conduire, dès le 7 septembre et l'ouverture du débat à l'Assemblée nationale, un rude combat contre une gauche hypermobilisée.
 
Priorité au désendettement
 
À Matignon, on se veut donc «serein» à la veille du Conseil des ministres de rentrée. Porté par de bons résultats économiques, Dominique de Villepin s'est fixé l'objectif ambitieux de descendre sous la barre des deux millions de chômeurs d'ici à début 2007. Il compte aussi lancer, dès la prochaine loi de finances, le désendettement de la France. «Une priorité», insiste-t-on à Matignon. Demain, il devrait profiter d'une réunion avec les recteurs pour faire sa première apparition et annoncer la création d'une allocation de rentrée pour les étudiants (lire ci-dessous).
 
La semaine prochaine, sans doute juste avant l'université d'été de l'UMP, il devrait tenir sa conférence de presse mensuelle, entouré de tous ses ministres. Histoire de démontrer que le «gouvernement joue collectif». À Matignon, le message est clair : «Le rassemblement et la complémentarité avec Nicolas Sarkozy sont les clés de la réussite.»
 
À ceux qui se demandent à quoi sert Dominique de Villepin, le premier ministre entend démontrer que, sans un bon bilan gouvernemental, la majorité ne peut pas espérer l'emporter l'an prochain. «Sarkozy aura besoin d'un solide bilan. Quant à Villepin, ça peut toujours servir si l'occasion se présente en 2007 ou plus tard», décrypte le ministre de la Santé Xavier Bertrand. Son collègue François Goulard enchérit : «Villepin est en attente.»

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