Les sept chantiers de Dominique de Villepin

Publié le par rezeid

Bénéficiant d'indicateurs économiques favorables, le premier ministre entend poursuivre la lutte contre le chômage, érigée en priorité absolue. Mais plusieurs dossiers épineux l'attendent dès septembre.

  1. La fusion Suez-GDF: 

 Dossier chaud du gouvernement avant l'été, le projet de fusion Suez-GDF sera le test politique de la rentrée. L'occasion de mesurer dès le 7 septembre, jour de l'ouverture de la session extraordinaire du Parlement, les intentions de la majorité UMP, qui avait contraint, en juin, le premier ministre à retirer son projet. «Il n'y a pas de majorité pour voter ce texte», avait alors lâché Bernard Accoyer, président du groupe UMP.

 
Cet été, de l'eau a coulé sous les ponts. Une partie de l'UMP – emmenée par l'ancien ministre Marc-Philippe Daubresse et le sarkozyste Dominique Paillé – a maintenu son hostilité. Mais le 15 août, Nicolas Sarkozy a sifflé la fin de la récréation et apporté un soutien public au texte. À Matignon, on a apprécié ce geste «d'apaisement et de rassemblement». Même unie, l'UMP devra affronter une gauche déchaînée. 90 000 amendements ont été déposés. Prenant les devants, le villepiniste Hervé Mariton a réclamé hier qu'on limite le débat à «trois semaines» après quoi le gouvernement pourrait engager sa responsabilité avec le 49.3. Une perspective qui serait «une grave maladresse», selon le sarkozyste Yves Jégo. Président de la commission des affaires économiques, Patrick Ollier a écarté le recours au 49.3 : «Aujourd'hui, il n'en est pas question.»
 
2. La réduction des déficits et du nombre de fonctionnaires
 
Le dernier budget du quinquennat sera-t-il celui de tous les cadeaux à la veille de la présidentielle ? Décidé à «gouverner jusqu'au dernier jour», Dominique de Villepin n'y est pas disposé. Il s'est fixé deux objectifs : entamer le cycle de baisse des déficits et réduire le nombre de fonctionnaires. Concrètement, cela signifie que le gouvernement veut affecter tout ou partie de ses marges financières à la diminution de la dette et ne pas remplacer 15 000 départs à la retraite parmi les fonctionnaires. «Le gouvernement est déterminé à tenir bon sur ces deux objectifs», a confié au Figaro Jean-François Copé, ministre du Budget, conscient aussi que les députés de la majorité demanderont des gestes pour l'électorat de droite.
 
3. Le débat sur la fiscalité
 
Faut-il ou non réformer les droits de succession ? Mis à l'étude par Bercy, ce projet d'exonération totale des droits à la charge du conjoint survivant a ouvert une polémique avec la gauche et un vif débat à droite. Lancée par Nicolas Sarkozy pour l'après-2007, l'idée de baisser les droits de succession ne fait pas l'unanimité à l'UMP. Si Philippe Marini, rapporteur du budget au Sénat, juge le projet «intéressant», le secrétaire général de l'UMP Pierre Méhaignerie ne veut pas prendre le risque de «faire un cadeau aux riches juste avant 2007». Une opinion partagée par Matignon, qui a redit hier que «la priorité est au désendet tement». Interrogé par Le Figaro au début de l'été sur le sujet, Dominique de Villepin n'y était pas favorable. Évaluée à 400 millions, cette exonération des droits risque de rallier tous les députés de la majorité déçus que les gouvernements Raffarin et Villepin aient renoncé à réduire l'ISF.
 
4. La bataille pour l'emploi
 
Priorité absolue du gouvernement, la bataille contre le chômage est bien engagée… sauf chez les jeunes. C'est pourquoi le gouvernement, qui veut descendre sous la barre des deux millions de chômeurs, prépare une série de mesures pour les «accompagner» vers le premier emploi. Jacques Chirac a convoqué pour le début du mois de septembre un conseil restreint sur l'emploi. Pas question de refaire un CPE, ni de lancer un énième plan emploi, prévient-on à Matignon. Entre la reprise de la croissance et la montée en puissance du plan de cohésion sociale, tous les indicateurs sont au vert. C'est d'ailleurs Jean-Louis Borloo qui devrait annoncer les «moyens supplémentaires» pour élargir l'accès aux contrats aidés existants.
 
5. Le pouvoir d'achat
 
C'est devenu le sujet de préoccupation numéro un des Français. Thierry Breton, le ministre de l'Éco nomie, a beau assurer que le pouvoir d'achat des ménages est «au plus haut depuis six ans», les Français ne semblent pas d'accord avec lui. Le ministère de l'Emploi a plus ou moins confirmé leur intuition, en révélant que le salaire mensuel de base n'a augmenté que de 0,5%. Or, les prix à la consommation ont augmenté dans le même temps de 0,9%. Dans ce contexte, le gouvernement travaille sur des mesures «ciblées» pour les moins favorisés, les chômeurs (prime pour l'emploi), les étudiants (prime de rentrée) et une aide pour les Français qui utilisent leurs voitures pour se rendre à leur travail (ticket transport). La question devient d'autant plus sensible que Bercy a enregistré pendant l'été des rentrées fiscales supérieures aux prévisions. Trois milliards d'euros selon le ministre du Budget. Une bonne nouvelle liée à la reprise de la croissance. Matignon devra trouver le bon équilibre entre l'affectation en priorité des fruits de la croissance au désendettement du pays et la nécessité de faire quelques gestes huit mois avant les échéances électorales.
 
6. Le dossier des sans-papiers
 
Sur les 30 000 demandes de régu larisation enregistrées par les préfectures cet été, le ministre de l'Intérieur a déjà fixé à 6 000 le nombre de sans-papiers qui seront régularisés. Annoncée le 15 août, la décision a aussitôt relancé la polémique. La gauche ne se prive d'exploiter le sujet pour faire de l'anti-Sarkozy, l'accusant de lancer une «chasse» aux enfants de sans-papiers. «Il ne faut pas croire que le sujet est derrière nous. Avec la rentrée scolaire, la pression va être très forte. On le voit avec l'affaire de Cachan», prédit un ministre qui a constaté, chez lui en province, une forte mobilisation de la gauche, mais aussi celle des églises. Entre les partisans à droite de la ligne dure et ceux qui souhaiteraient, y compris dans la majorité, un peu plus de souplesse, la partie s'annonce difficile.
 
7. L'éducation et l'égalité des chances
 
Marque de fabrique de Dominique de Villepin, l'égalité des chances sera au centre de ses discours de rentrée et des quatre derniers mois de son «année utile». Au début de l'été, il l'a mise à l'honneur en délocalisant symboliquement sa conférence de presse mensuelle à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Avec ce thème, le premier ministre veut démontrer «sa capacité à défendre une vision de l'organisation de la société française», explique un de ses proches. Toutes les annonces de la rentrée et son projet de loi de finances s'inscriront dans cette philosophie : de la prime de rentrée universitaire à celle des transports en passant par les mesures en faveur des jeunes demandeurs d'emploi vivant dans les quartiers difficiles.

Publié dans Divers

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Dom 29/08/2006 19:19

comme l'indiquent...

Dom 29/08/2006 19:18

Mon fils va se retrouver à la rentrée dans une classe de 35 élèves en CP, ceci en raison de la baisse des effectifs des enseignants.
Merci donc à Monsieur de Villepin, grâce à qui, mon enfant si il rate sa première classe, n'aura comme l'indique les statistiques, que peu de chances d'aller jusqu'au bac.
Vraiment, oui, merci !

eve59 24/08/2006 23:27

tout simplement bravo!!!les français verront les resultats il faut continuer merci pour la FRANCE

Fred 23/08/2006 20:35

Villepin est vraiment sur tous les fronts !!

Economie, fiscalité, budget, emploi, pouvoir d'achat, immigration, éducation, logement, transport, santé publique, politique internationale...

Plus que jamais, il mérite notre soutien et notre fidélité.