Villepin s'empare du débat sur le pouvoir d'achat

Publié le par rezeid

«C'est presque un treizième mois pour ceux qui sont au Smic», a déclaré hier soir Dominique de Villepin à propos de la prime pour l'emploi, qui passera à 940 euros début 2007 pour les smicards. Sur TF1, hier, le premier ministre a annoncé la mise en oeuvre du «chèque transport» et le doublement de la prime pour l'emploi.

 
C'est la dernière feuille de route du gouvernement avant les échéances électorales de 2007. Invité hier soir sur TF1, Dominique de Villepin en a fixé les contours et, à huit mois de la présidentielle, l'objectif est clair : aider les ménages les plus modestes. «Nous avons de bons résultats, mais je mesure bien qu'il y a un décalage avec ce que ressentent beaucoup de Français», a-t-il constaté sobrement.
 
Face à Patrick Poivre d'Arvor qui inaugurait son nouveau journal de 20 heures, le premier ministre a décliné en une douzaine de minutes ce qu'il compte mettre en oeuvre pour répondre «au malaise sur les revenus». Malgré un visage un peu pâle lui donnant une mine fatiguée, il s'est montré déterminé à agir «jusqu'au dernier jour pour apporter de nouvelles sécurités aux Français» en matière d'emploi et de croissance.
 
Mais, c'est surtout sur la question du pouvoir d'achat, première préoccupation des Français, que le premier ministre était très attendu. Avec la reprise économique, la redistribution des fruits de la croissance fait débat à gauche et à droite.
 
Hier soir, Dominique de Villepin a donné le ton en fustigeant «certains très hauts salaires déconnectés de toute réalité». Le premier ministre a, d'abord, confirmé la revalorisation de la prime pour l'emploi. «Nous allons l'augmenter considérablement», a-t-il dit. Concrètement, elle devrait doubler et atteindre 940 euros au 1er janvier 2007. «C'est presque un treizième mois pour ceux qui sont au smic», a-t-il lancé. La mesure devrait coûter environ 500 millions d'euros supplémentaires aux caisses de l'État. De quoi satisfaire l'aile sociale de la majorité – Pierre Méhaignerie en tête – qui réclamait cette rallonge. «Ces fortes mesures sociales étaient très attendues», s'est aussitôt réjoui le député UMP de l'Hérault Jean-Pierre Grand.
 
Autre bonne nouvelle : la mise en oeuvre du «chèque transport». Annoncé l'an passé par Dominique de Villepin, il devrait voir le jour «le 1er janvier 2007» a-t-il promis. Destiné à compenser la flambée des prix de l'essence, ce dispositif fait encore l'objet de discussions entre Gérard Larcher, le ministre délégué au Travail, et les syndicats. Mais le premier ministre a dévoilé les grandes lignes de cette innovation. Facultatif, ce «chèque transport» devrait fonctionner sur le mode de ce qui se fait en Île-de-France pour tous les salariés qui se rendent à leur travail en transport en commun. L'État prendra à sa charge la moitié du coût de cette mesure par le biais d'allégement de charges sociales et fiscales pour les entreprises. «Là où il n'y a pas de transport collectif, c'est une compensation de la hausse du prix de l'essence, pour un montant de 100 euros», a-t-il poursuivi.
 
Soucieux de renouer le dialogue avec les partenaires sociaux, il a annoncé la tenue d'une «Conférence sur les revenus et l'emploi». Un nouveau Grenelle des salaires ? Le premier ministre évoque plutôt un diagnostic commun sur la question des salaires. Cette «grand messe» se déroulera d'ici à la fin de l'année sur la base d'un rapport remis par le Conseil supérieur pour l'emploi et les revenus présidé par Jacques Delors.
 
Volonté affichée de diminuer la dette
 
La grande distribution des cadeaux devrait s'arrêter là. Le premier ministre n'a pas évoqué la réforme des droits de succession mise à l'étude par Bercy et souhaitée par le président de l'UMP. Elle semble enterrée. Hier soir, il a affiché sa volonté de diminuer la dette. Il a confirmé que les trois milliards de rentrées fiscales supplémentaires attendus seraient affectés en priorité au «désendettement» de la France. Un choix encouragé par le député UMP de la Drôme Hervé Mariton. «On ne peut pas être indifférent à la demande de pouvoir d'achat. Mais il faut, dans le même temps, faire face aux déficits et expliquer que cette reprise de la croissance doit devenir durable», soutient ce proche du premier ministre.
 
Sur le plan politique, Dominique de Villepin a affirmé, à quelques jours de l'université d'été de l'UMP, qu'il veillerait au «rassemblement» de son parti et qu'il resterait «dans l'action jusqu'au dernier jour» d'ici à la présidentielle de 2007. Interrogé sur Nicolas Sarkozy qui le devance largement dans les sondages, il a jugé que «le président de l'UMP est un atout pour notre famille». Mais il a réservé ses louanges à Jacques Chirac : «Le président de la République est une des figures les plus admirées sur la scène internationale.»

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