"Avançons avec Dominique de Villepin"
![]() Dominique de Villepin |
E tre président de la République "suppose une expérience", rappelle Dominique de Villepin aux présidentiables, notamment socialistes, dans un entretien publié jeudi 31 août par L'Express.
"On ne s'improvise pas président, cela se prépare, s'apprend, on prend des coups, on réfléchit, on fait mieux, on éprouve la solitude de la décision et l'impopularité. Il faut avoir exercé des activités qui crédibilisent votre capacité. Il faut savoir douter et se remettre en question", estime le Premier ministre.
Une pique à Ségolène Royal
Dans une pique à Ségolène Royal, Dominique de Villepin se dit "stupéfait de la facilité avec laquelle certains, à gauche, imaginent qu'ils seront capables demain de remplir la fonction". "Le rôle international, la capacité d'incarner la nation, de parler aux Français dans des moments où ils s'interrogent sur leur avenir commun, c'est une lourde responsabilité", juge le Premier ministre.
Pour l'ancien secrétaire général de l'Elysée, la présidence est "une véritable mission" qui "investit totalement la personne qui en a la charge".
Contre une réforme des institutions
L'élection présidentielle "suppose aussi de présenter une vision ambitieuse et cohérente". "Tout le monde est pour la justice, pour plus de pouvoir d'achat et pour moins de chômage. La question, c'est de rendre compatibles le solutions préconisées et comment faire en sorte que les choses marchent", explique Dominique de Villepin.
Alors qu'une réforme des institutions est proposée par le PS comme par l'UMP, le Premier ministre "ne croit pas nécessaire aujourd'hui de transformer en profondeur cette fonction".
Il dénonce en particulier à l'idée d'un "ticket" pour remplir à deux ce rôle. "Je suis convaincu que les Français pensent qu'être président, ce n'est pas être la moitié d'un président. La modernité, ce n'est pas d'avoir un président allégé", lâche Dominique de Villepin.
"Eviter un nouveau 21 avril"
Surpris par "l'ébullition" de la pré-campagne, le Premier ministre estime que le temps de la campagne n'est pas venu. "La cristallisation du choix pour la présidentielle ne s'opère que dans les dernières semaines", observe-t-il en rappelant les précédents de 1995 et 2002.
Interrogé sur son propre rôle jusqu'au printemps 2007, il répète que son rôle est "d'éviter un nouveau choc comme celui du 21 avril" et de faire en sorte que l'élection "se déroule dans des conditions de sérénité retrouvée et de confiance dans nos institutions et dans l'action politique". "Le rôle du gouvernement est d'éclairer les propositions concrètes, d'éviter la surenchère et de ne pas laisser s'ouvrir la boîte de Pandore", explique celui qui sera "très vigilant" sur "l'égalité des chances", "la préparation de l'avenir et l'entrée de la France dans la société de la connaissance" et "son rôle dans le monde au service de la paix".
Présidentielle: Villepin émet des réserves sur le calendrier de l'UMP
Dominique de Villepin émet des réserves sur le calendrier choisi par Nicolas Sarkozy et l'UMP pour la désignation de son candidat à l'élection présidentielle, en souhaitant qu'elle intervienne dans les dernières semaines avant l'élection.
"Les partis doivent avoir un esprit de responsabilité et un calendrier particuliers", estime le Premier ministre dans un entretien publié jeudi par "L'Express".
"Autant faire les choix dans le moment de la cristallisation pour éviter de choisir quelqu'un qui suscite ensuite le doute, au point de compromettre les chances de telle ou telle famille politique", ajoute-t-il.
Dans le même entretien, le Premier ministre rappelle en se fondant sur les précédents de 1995 et 2002 que "la cristallisation du choix pour la présidentielle ne s'opère que dans les dernières semaines".
L'UMP réunira le 13 ou le 14 janvier 2007 un congrès pour désigner son candidat à l'élection présidentielle.
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