Villepin conteste la stratégie américaine au Proche-Orient

Publié le par rezeid

Dominique de Villepin a opposé jeudi à la stratégie américaine de guerre contre le terrorisme la "vision" et le "devoir" de la France au Proche-Orient, soulignant la "fragilité" de la situation au Liban, qui ne peut servir "une nouvelle fois de champ de bataille aux guerres des autres".

Marquant le souci d'équilibre de la France dans le conflit libanais, le Premier ministre, qui s'exprimait à l'ouverture du débat à l'Assemblée sur le Proche-Orient, a salué la levée prochaine du blocus israélien et confirmé l'engagement durable de Paris aux côtés du peuple libanais, notamment dans le processus de reconstruction.

Dominique de Villepin a en outre rappelé la Syrie et l'Iran, deux acteurs majeurs de la région, à leurs "responsabilités", priant Damas d'appliquer dans leur intégralité les résolutions de l'Onu, notamment la 1559 et la 1701, et Téhéran de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium.

"N'oublions pas que ces crises font le jeu de tous les extrémistes. (...) Contre le terrorisme, ce n'est pas une guerre qu'il faut engager", a-t-il souligné, dans une critique implicite de la doctrine de l'administration Bush.

Malgré une opposition croissante de l'opinion américaine à la guerre en Irak, le chef de la Maison Blanche persiste dans sa stratégie de "guerre globale contre le terrorisme" au nom de "la lutte entre les forces de liberté et de modération et les forces de la tyrannie et de l'extrémisme".

"FRAGILE"

"C'est le devoir de la France et de l'Europe de montrer que le choc des civilisations n'est pas une fatalité. Personne d'autre que nous, Français et Européens, ne porte cette sagesse héritée de notre histoire. Personne d'autre que nous ne porte cet espoir pour une région du monde que beaucoup croient vouée à la violence et au fanatisme", a dit Dominique de Villepin.

Dans cette perspective, le chef du gouvernement a réaffirmé la volonté de la France de parvenir au Liban à "un véritable cessez-le feu et à une solution durable qui garantisse la souveraineté du Liban comme la sécurité d'Israël".

"Au Liban la situation reste fragile. Le conflit peut reprendre à tout moment et compromettre le processus politique. Or nous ne pouvons accepter que ce pays serve une nouvelle fois de champ de bataille aux guerres des autres", a-t-il prévenu.

La France a engagé au Liban quelque 2.000 militaires au sein de la Finul renforcée, ainsi que 1.700 hommes dans le cadre du dispositif aérien et naval Baliste.

Elle a en outre annoncé une contribution de plus de 40 millions d'euros à la reconstruction du Liban et Dominique de Villepin a annoncé la visite d'une mission interministérielle d'évaluation ce jeudi à Beyrouth.

Le ministre français des Transports, Dominique Perben, est par ailleurs attendu vendredi à Beyrouth à l'occasion de la reprise des vols Air France entre Paris et la capitale libanaise.

"Nous devons favoriser le dialogue interlibanais et travailler à préserve la coexistence harmonieuse entre les différentes communautés. L'effort international devra se poursuivre dans la durée, pour permettre au gouvernement libanais de mettre en oeuvre les indispensables réformes économiques et sociales que réclame le pays", a souligné Dominique de Villepin.

Publié dans Divers

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