Chirac ne veut pas d'une campagne prématurée

Publié le par rezeid

«Je ne me laisserai pas détourner, et je ne laisserai pas détourner le gouvernement de sa responsabilité, qui est de travailler», confie le chef de l'État au «Figaro».

 
CHAQUE CHOSE en son temps. La semaine dernière, aux universités d'été de l'UMP à Marseille, Nicolas Sarkozy s'est posé en «candidat incontournable» à l'Élysée. Mais cette atmosphère de précampagne dominée par l'affrontement entre les deux favoris des sondages, le président de l'UMP et Ségolène Royal, ne semble en rien affecter Jacques Chirac. Le président de la République, lui-même revigoré par des sondages à la hausse, affiche sa volonté de rester à la barre jusqu'au terme ultime de son mandat, en mai 2007. «La seule vocation du gouvernement, sa seule justification, c'est de se consacrer sans réserve au travail, et non aux perspectives politiques et élec torales qui viendront en leur temps», a-t-il confié, hier au Figaro.
 
«Je ne me laisserai pas détourner, et je ne laisserai pas détourner le gouvernement de sa responsabi lité, qui est de travailler» et non pas de se lancer dans une campagne électorale «prématurée». Car, explique-t-il, dans un quinquennat, «on ne peut se permettre de consacrer au débat électoral plus de temps que nécessaire en démocratie».
 
Jacques Chirac en est convaincu : «La France connaît une situation qui s'améliore», notamment en terme de croissance, de finances publiques et d'emploi. Le gouvernement, fait-il valoir, a aussi obtenu des résultats encourageants, que ce soit en matière de sécurité, de défense avec la professionnalisation des armées mise en oeuvre au début de son premier mandat, de retraites et d'assurance-maladie, de cohésion sociale. Mais s'il défend son bilan, Chirac refuse que la majorité se mette en roue libre jusqu'aux échéances électorales. «Nous n'avons pas encore atteint nos objectifs, ce n'est pas le moment de ralentir mais d'accélérer», insiste-t-il, fixant à ses ministres une feuille de route ambitieuse pour les huit mois qui le séparent de la fin de son mandat : améliorer le pouvoir d'achat des Français, favoriser le développement des PME, «élément dynamique de l'économie» dont la faiblesse contraste, selon lui, avec le poids qu'elles ont dans l'économie allemande, conforter la participation, réformer le dialogue social dont l'insuffi sance est «une plaie permanente de la société française».
 
Alors que l'opposition a déclenché une bataille d'amendements contre la privatisation de Gaz de France, préalable à sa fusion avec Suez, Jacques Chirac regrette «l'obstruction» à laquelle se livre la gauche. Il juge «essentiel de se doter d'un pôle gazier suffisamment fort». Car, observe-t-on à l'Élysée, si la France dispose de groupes de niveau mondial dans le nucléaire (Areva), le pétrole (Total) et l'électricité (EdF), «on était riquiqui dans le gaz».
 
«Dans le courant du premier trimestre»
 
Au cours des huit mois à venir, le président continuera à plaider en faveur de la protection de l'environnement, du dialogue culturel, de l'aide au développement sans laquelle, estime-t-il, il n'y aura pas de solution au problème de l'immigration incontrôlée. Avec une première tribune, du 18 au 20 septembre, devant les Nations unies à New York. Tout l'été, le président de la République a déployé une intense activité diplomatique pour tenter de résoudre la crise au Liban. Au point que nombre de ses partisans ont alors souligné son poids sur la scène internationale et ont même parfois envisagé, en cas de crise, une nouvelle candidature.
 
Alors le contexte international dominera-t-il la campagne présidentielle ? Au vu des précédentes élections, Jacques Chirac n'en est pas persuadé. Sauf tensions majeures qui pourraient inquiéter les Français et donc imposer les questions stratégiques et diplomatiques dans le débat. Adoptant la posture d'un président au-dessus de la mêlée, Jacques Chirac s'en tient à sa position, maintes fois répétée : ce n'est que «dans le courant du premier trimestre» de 2007 qu'il fera connaître ses intentions. Quel que soit le calendrier de l'UMP.

Publié dans Jacques CHIRAC-DDV

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