Villepin lance une concertation sur la carte scolaire

Publié le par rezeid

En matière d'éducation, le premier ministre se démarque des prises de position récentes de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal.

 
NI SARKO, ni Ségo. Dans le débat sur la carte scolaire relancé au début de la semaine par Ségolène Royal et avant elle par Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin a fait entendre, hier, sa propre musique lors d'un déplacement dans un collège et un lycée de Thionville. «La suppression totale de la carte scolaire ne me paraît pas la bonne solution : elle conduirait inévitablement tous les parents à vouloir inscrire leurs enfants dans les mêmes établissements», tranche le premier ministre, qui met en garde contre «le risque de l'arbitraire».
 
Se posant en défenseur de l'«idéal républicain» et en partisan déclaré de la «mixité sociale», il propose d'«améliorer» la carte scolaire sur la base de ces principes. Hier, il a demandé à son ministre de l'Éducation nationale, Gilles de Robien, d'engager la «concertation» avec les chefs d'établissement, les enseignants, les parents d'élèves et les élus locaux. Gilles de Robien, qui n'avait pas programmé cette réforme avant la rentrée, a confié au Figaro que les «invitations partaient aujourd'hui (NDLR : hier)».
 
Sur ce sujet sensible de la carte scolaire contournée par près d'un tiers des parents d'élève, Dominique de Villepin fait le choix du «pragmatisme» plutôt que de l'«idéologie». Une pierre dans le jardin des deux favoris dans la course à l'Élysée. Le 22 février, lors d'une convention de l'UMP consacrée à l'éducation, Nicolas Sarkozy s'était prononcé en faveur du «libre choix des parents pour l'école de leurs enfants». Dimanche dernier, Ségolène Royal s'est prononcée à son tour pour un «desserrement des contraintes» de la carte scolaire. «L'idéal» étant, selon elle, «sa suppression».
 
Dans le même panier
 
Hier à Thionville, le chef du gouvernement a pris un malin plaisir à mettre les deux chouchous des sondages dans le même panier. «S'il y a, demain, un remède miracle ou une idée géniale qui permet de faire mieux que la carte scolaire, bien sûr que nous l'étudierons. Méfions-nous des approches trop générales ou trop idéologiques !» Pour l'homme de Matignon, la suppression de la carte scolaire serait un «formidable dérèglement de l'organisation scolaire», incompatible avec son impératif d'égalité des chances.
 
Mais Dominique de Villepin a lancé une autre pique au numéro deux du gouvernement. Sans citer son nom, il a rappelé la passe d'armes sur les zones d'éducation prioritaire (ZEP) dont Nicolas Sarkozy réclamait, au printemps, «le dépôt de bilan». «Je sais qu'il pouvait paraître tentant de dire «On supprime les ZEP». Mais nous l'avons vu, les ZEP ont beaucoup apporté à notre pays», ironise le premier ministre. Trop content d'opposer sur ce dossier son «pragmatisme» à «l'idéologie» du candidat UMP. L'occasion pour Villepin de valoriser «sa» réforme des ZEP avec la création, dès cette rentrée, des 249 collèges «Ambition-Réussite».

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