Malgré l'unité affichée, la rivalité Villepin-Sarkozy perdure

Publié le par rezeid

Malgré l'unité affichée par les deux hommes lors de l'université d'été de l'UMP à  Marseille, la rivalité entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, toujours déterminé à  incarner la "rupture", persiste comme l'illustrent les piques qu'ils s'adressent mutuellement.

En déplacement mercredi dans l'Essonne, le Premier ministre a nettement pris ses distances avec l'instauration d'un service civil obligatoire, une proposition chère au PS et à  l'UDF et reprise à  son compte par le président de l'UMP à  Marseille.

"Je ne suis pas certain" que cela "corresponde aux aspirations des jeunes d'aujourd'hui", a lancé M. de Villepin, mettant aussi en avant le coût "considérable" d'une telle mesure, estimée entre "3 et 5 milliards d'euros" par an.

Surtout, il a tancé le conseiller politique de M. Sarkozy, François Fillon, qui a évoqué mardi une réforme des régimes spéciaux de retraite au lendemain de la présidentielle de 2007. Il ne faut pas "monter certains Français contre d'autres", a-t-il mis en garde.

La semaine dernière déjà , M. de Villepin avait pris ses distances avec la proposition de son numéro deux d'en finir avec une carte scolaire largement détournée en estimant que sa suppression pure et simple provoquerait "plus d'injustice".

Rejetant des approches "trop idéologiques", il avait lancé, ironique: "si demain, il y a un remède miracle, une idée géniale qui permet de faire mieux que la carte scolaire, eh bien nous l'étudierons".

Le chef du gouvernement n'avait pas non plus manqué de faire le parallèle avec ceux qui trouvent "tentant de dire +on supprime les ZEP+", nouveau tacle contre M. Sarkozy, qui suggérait en début d'année de "déposer le bilan des ZEP".

Le candidat potentiel de l'UMP à  la présidentielle n'est pas en reste. Après avoir estimé dans Le Monde que la menace du veto à  l'Onu contre la guerre en Irak était "inutile" - une pierre dans le jardin du duo exécutif Chirac-Villepin - il a lui aussi distillé quelques piques au cours de sa tournée de quatre jours aux Etats-Unis.

Le ministre de l'Intérieur -qui a posé pour les photographes en compagnie de George W. Bush comme pour mieux affirmer sa "rupture" avec la politique étrangère de Jacques Chirac- a mis en garde contre "une France arrogante".

"Plus jamais, nous ne devons faire de nos désaccords une crise. De nos désaccords, faisons l'occasion d'un dialogue constructif, sans arrogance et sans mise en scène", a-t-il asséné. Une petite phrase qui n'a pas entraîné de réaction officielle de l'Elysée ni de Matignon.

MM. de Villepin et Sarkozy ont, il est vrai, de lourds contentieux. Le premier a toujours imputé sa cuisante défaite sur le CPE à  un lâchage de l'UMP et de son président. Le second reste persuadé de l'implication du Premier ministre dans l'affaire Clearstream, coup monté visant selon lui à  l'abattre.

"C'est la paix armée", minimise le sarkozyste Gérard Longuet qui juge la situation "stimulante" car elle "évite de s'endormir sur ses lauriers".

"Les couteaux ne sont plus tirés comme au printemps. Mais les deux hommes se rendront coup pour coup", prévient toutefois le conseiller d'un ministre.

D'autant que la rivalité entre les deux hommes pourrait se trouver de nouveau exacerbée par la remontée progressive de M. de Villepin dans les sondages.

"Tout est plié" pour la désignation de M. Sarkozy comme candidat de l'UMP, lançait récemment M. Fillon. Les proches du Premier ministre ne l'entendent pas de cette oreille.

Publié dans Divers

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