GDF : les coulisses de l'accord entre l'UMP et le PS

Publié le par rezeid

Un accord, contesté par une partie du groupe PS, est intervenu entre Jean-Louis Debré et Jean-Marc Ayrault pour que l'examen du texte s'achève le 28 septembre.

 
LA BATAILLE parlementaire contre la privatisation de GDF semble toucher à sa fin. Les socialistes s'interrogent sur la meilleure façon de «trouver une sortie» et les communistes considèrent désormais qu'il faut savoir «terminer un débat», selon Maxime Gremetz. Mais cette amorce de dénouement s'est déroulée dans la plus grande confusion.
 
Après avoir pris soin de téléphoner la veille aux deux présidents de groupes de l'opposition, Jean-Marc Ayrault (PS) et Alain Bocquet (PC), pour les consulter, Jean-Louis Debré annonce hier matin qu'un accord est intervenu entre les groupes parlementaires pour que l'examen du texte s'achève le 28 septembre. Le président de l'Assemblée précise qu'un vote solennel aura lieu le 3 octobre, à la demande des présidents des groupes de l'opposition. «Cet accord est conforme au souhait du gouvernement d'avoir un débat républicain, se réjouit le ministre de l'Economie, Thierry Breton, qui confirme qu'«il ne sera pas fait usage du 49-3».
 
«Un piège de la gauche»
 
Mais cet «accord» n'est pas entériné lors d'une réunion houleuse du groupe socialiste, en fin de matinée. Laurent Fabius dénonce cet «armistice» et indique à ses pairs qu'«on ne peut pas négocier l'arrêt des hostilités» sur un texte «aussi scélérat». Jean-Marc Ayrault rectifie alors le tir. Le président du groupe PS indique que la date du 28 septembre reste «indicative» et que «la bataille continue». «Rien n'est plié», ajoute François Brottes, le porte-parole du PS dans ce débat. La gauche va concentrer son combat sur l'article 10 du projet de loi, qui fixe la part de l'Etat à au moins un tiers du capital de GDF.
 
Mais après neuf jours de guérilla dans un hémicycle déserté, la lassitude gagne manifestement les rangs de l'opposition, qui a encore plus de 74 000 amendements à défendre. «Le rythme des débats dépend de ce qui se passe dans le pays», reconnaît Alain Bocquet, par allusion à la faible mobilisation contre la privatisation de Gaz de France.
 
Si tout se passe comme prévu, le gouvernement ne fera donc pas usage du 49-3, conformément aux souhaits de Dominique de Villepin et de Jean-Louis Debré. Mais un 49-3 aurait eu l'avantage d'éviter à l'UMP un vote sur ce texte, qui soulève des réserves chez certains sarkozystes. «Il faut que les UMP nous disent clairement s'ils sont pour ou contre ce projet», martèle Jean-Marc Ayrault. «Aller au vote, c'est un piège que voudrait nous tendre la gauche pour montrer les divisions de la majorité. Mais nous paierons notre écot à la solidarité», lance Alain Marsaud, réservé sur ce texte. «La manoeuvre est cousue de fil blanc. Nous voterons ce texte par solidarité envers Nicolas Sarkozy car l'enjeu, c'est 2007», confirme Pierre Lellouche.
 
«Chacun doit faire un effort»
 
En réunion du groupe UMP, Nicolas Sarkozy a lancé hier un appel à l'unité. «Ceux qui me font confiance doivent voter ce texte, car la crise ne bénéficie qu'à nos adversaires», a insisté le président de l'UMP. Et d'ajouter : «Si on veut s'en sortir, chacun doit faire un effort.» Bernard Accoyer a réaffirmé qu'«il y aura à l'UMP une majorité largement suffisante pour dégager une majorité absolue, même si quelques parlementaires ne sont pas convaincus ou hésitent encore, c'est vrai».
 
Pour faire un geste envers les socialistes, réunis aujourd'hui pour leur journée parlementaire, Jean-Louis Debré a annoncé que l'Assemblée ne siégerait pas ce mercredi. Le Sénat non plus.

Publié dans Divers

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