je pense que Villepin ira en 2007

Publié le par rezeid

Les chiraco-villepinistes se réunissent régulièrement pour évoquer les prochaines échéances et envisager tous les scénarios.

 
DANS la salle des Conférences du Sénat, Jean-Pierre Raffarin s'approche du ministre villepiniste François Goulard, en bisbille avec la direction de l'UMP. «Je suis en communauté de pensée avec toi», dit-il pour le réconforter. Le ministre de la Recherche est en effet l'objet de toutes les attaques des sarkozystes, qui lui reprochent d'avoir dénoncé «l'absence de dialogue» et le risque de «glaciation» au sein du parti de Nicolas Sarkozy. Cette scène illustre la volonté des chiraco-villepinistes de se serrer les coudes, alors que le président de l'UMP et ses partisans font le forcing pour les enrôler, bon gré mal gré, sous leur bannière.
 
Sonnés avant l'été par la chute de Dominique de Villepin dans les sondages, les supporters du premier ministre ne se résignent pas pour autant à soutenir le ministre de l'Intérieur. Mieux, beaucoup reprennent espoir, convaincus que l'effondrement, tant attendu, de Nicolas Sarkozy, est pour bientôt. Le vote du projet de loi GDF, une rentrée sociale calme, de bons résultats économiques, des sondages à la hausse dessinent un paysage plus favorable pour le premier ministre, à moins de sept mois de la présidentielle. «En juin, on aurait signé des deux mains pour une telle rentrée», se réjouit Christian Jacob, ministre de la Fonction publique, qui compte parmi les plus proches du premier ministre.
 
Cuq : «On ne bouffe pas du Sarkozy de l'entrée au dessert»
 
Face à cette embellie inattendue, Villepin répète à l'envi qu'il n'a pas d'ambition présidentielle. Mais ses amis n'ont que sa candidature en tête et ne parlent que de cela. Tous les mardis à Matignon, Bruno Le Maire, directeur de cabinet du chef du gouvernement, réunit une petite vingtaine de parlementaires, en présence du ministre des Relations avec le Parlement, Henri Cuq. Dans le salon rouge, ils évaluent la situation politique, à la lumière de ce qu'ils entendent sur le terrain. Mardi dernier, le premier ministre est resté une heure et quart avec eux. «Évidemment, on parle de la présidentielle, on parle de Sarkozy, mais surtout, on donne des conseils à Villepin», raconte Georges Tron, député de l'Essonne. Ainsi, avant la journée parlementaire UMP, il y a huit jours, les élus avaient-ils conseillé «la prudence» à Villepin. «Il nous a répondu qu'il voulait dire ce à quoi il croit pour la France», dit un témoin. Depuis l'été, les ministres chiraquiens ont pris l'habitude de se retrouver à déjeuner. Autour de la table, selon le calendrier des uns et des autres, il y a Michèle Alliot-Marie, Christian Jacob, Henri Cuq, Azouz Begag, Brigitte Girardin, Catherine Colonna, François Goulard, Léon Bertrand, Philippe Bas et Hamlaoui Mekachera. Invitée à plusieurs reprises, Nelly Olin n'a pas donné suite. «Si elle ne vient pas la prochaine fois, on ne la réinvitera pas», prévient un ministre.
 
À ces déjeuners, «on ne bouffe pas du Sarkozy en entrée, en plat et en dessert», ironise Henri Cuq, qui reconnaît toutefois que tous les convives ont désavoué les déclarations du président de l'UMP aux États-Unis. «Pour l'instant, on n'a pas le feu vert pour mettre sur pied une équipe ou monter des coups. On déjeune, mais s'il le faut, on peut s'organiser», prévient Christian Jacob, qui juge toujours «crédible» une candidature Villepin.
 
La semaine dernière, les anciens du Tapis Rouge, le QG de campagne de Jacques Chirac en 2002, se sont retrouvés au ministère de la Fonction publique. «L'atmosphère était beaucoup plus joyeuse qu'avant l'été», souligne un participant. Cinq ministres étaient présents, dont Michèle Alliot-Marie et François Baroin, qui s'est rapproché de Sarkozy tout en restant fidèle à Chirac et Villepin.
 
«Tous ceux qui ne se reconnaissent pas en Sarkozy sont ravis d'avoir un lieu où se retrouver», dit un chiraquien qui prévoit, pour cette raison, une affluence record au dîner républicain, organisé le 17 octobre par Jean-Pierre Raffarin et ses clubs Dialogue et Initiative.Une candidature Villepin est-elle encore possible ? Georges Tron ou Hervé Mariton veulent le croire. D'autres villepinistes pensent que seul Chirac peut y aller face à Sarkozy. Les partisans du premier ministre se plaignent «des menaces» des sarkozystes. Mariton se souvient encore d'«une engueulade de 35 minutes au téléphone» de la part de Sarkozy, cet été. Cuq et le ministre de l'Intérieur ont eu une prise de becs, la semaine dernière au cours du petit-déjeuner des chefs de la majorité. Tron en a «marre de se faire insulter» dans les instances de l'UMP et n'y «met plus les pieds». Quant à Villepin, il dessine, par petites touches, les contours d'un autre programme pour la France. Au cas où.

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laetitia 11/10/2006 22:02

Espèrons que Villepin y aille, c'est vrai...