Pour Villepin, Sarkozy n'est pas le seul candidat possible

Publié le par rezeid

Invité du Grand Jury- RTL-Le Figaro-LCI, le premier ministre a estimé que «d'autres» pourraient se présenter.

 
QUI A DIT que Dominique de Villepin expédierait jusqu'en 2007 les affaires courantes ? Le premier ministre, qui avait promis de gouverner jusqu'au bout, tient parole. Et ne craint pas d'affronter les sujets les plus sensibles à à sept mois de la présidentielle. Invité hier du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, il a annoncé l'interdiction du tabac dans «tous les lieux publics à compter du 1erfévrier 2007». «Ma responsabilité gouvernementale m'interdit d'attendre», a-t-il souligné. Un «délai d'adaptation» est accordé aux cafés et restaurants jusqu'au 1er janvier 2008 (lire aussi page 9).
 
Un sacré pari pour le premier ministre, qui prend là un risque politique certain. A droite notamment, il devrait affronter l'hostilité d'une partie des députés UMP. Ce décret anti-tabac s'inscrit pourtant dans le droit-fil des chantiers de société (sécurité routière, lutte contre le cancer, insertion des handicapés) ouverts par Jacques Chirac le 14 juillet 2002. Dominique de Villepin, qui avait dû retirer ce projet «anti-tabac» juste après le fiasco du CPE au printemps dernier, prend donc sa revanche. Et prouve qu'il se sent désormais assez fort politiquement pour le défendre.
 
Hier soir, il s'est montré offensif sur bien d'autres sujets. N'hésitant pas, une nouvelle fois, à faire la leçon à Nicolas Sarkozy. L'ancien ministre des Affaires étrangères a remis les pendules à l'heure après les attaques à répétition du président de l'UMP sur la politique internationale et de défense de la France.
 
«Je ne me satisfais pas de mots»
 
«Mon expérience, au-delà des mots, c'est qu'il faut être vigilant sur ces questions et que tant qu'on n'a pas exercé ces fonctions dans ces domaines, il faut être attentif à bien réfléchir», a-t-il répliqué, plutôt agacé. «L'expérience en ce domaine est irremplaçable», a-t-il ajouté, sèchement, alors qu'on lui demandait si la diplomatie française avait été «arrogante», selon le mot de Nicolas Sarkozy, pendant la crise irakienne. Défendant «l'efficacité» de la diplomatie française, Villepin a constaté que pas «un pays ne conteste aujourd'hui la justesse de la position française» sur l'Irak.
 
«Dans le cadre d'une campagne électorale, qu'on cherche à se distinguer quoi de plus naturel ?», a ironisé Villepin. Il a repoussé l'idée d'une remise en cause du domaine réservé du chef de l'État, comme le souhaite le président de l'UMP. «Je ne me satisfais pas de mots», a-t-il répondu, en rappelant que la décision d'engager les forces armées ou la disuasion nucléaire relève du seul président. «Faisons attention de ne pas tout perdre en un jour !», a-t-il averti, alors que les positions, jugées atlantistes, de Sarkozy ne font pas l'unanimité à l'UMP.
 
Interrogé sur ses intentions en 2007, Villepin a affiché la même prudence tout en se montrant aux aguets. «Je soutiendrai celui ou celle qui sera le mieux placé pour gagner et rassembler notre famille», a-t-il répété, se gardant bien de dire un mot sur la candidature plus que probable de Sarkozy. En revanche, il a qualifié Michèle Alliot-Marie, qui dit réfléchir à une candidature, de «femme de grand talent». Il n'exclut pas une candidature en dehors de l'UMP réduisant le congrès de désignation du 14 janvier à un «soutien financier» à un candidat.
 
Revenant sur l'affaire Clearstream, il a enfin souhaité «apporter son témoignage» à la justice. Mais, pour l'heure, il a confié qu'il n'avait pas été convoqué par les deux juges qui enquêtent sur l'affaire.
 

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