Villepin: la panne d'électricité de ce week-end montre "l'urgence" de l'Europe de l'énergie

Publié le par rezeid

La panne d'électricité qui a touché ce week-end dix millions de consommateurs dans l'Union européenne "est une bonne illustration de l'urgence" de "s'engager dans la voie de l'Europe de l'énergie", a déclaré lundi Dominique de Villepin lors du 12e comité interministériel sur l'Europe.

Le Premier ministre a rappelé les pistes du mémorandum français sur l'énergie transmis en janvier 2006 aux Vingt-cinq, ainsi que ses propres propositions faites le 22 septembre à Berlin: nomination d'un "représentant spécial européen" chargé d'élaborer une diplomatie énergétique européenne et renforcement de la coordination des réserves stratégiques d'hydrocarbures.

"Favoriser la prise de conscience en Europe sur ces questions énergétiques est tout à fait essentiel", a estimé M. de Villepin. Il a insisté sur la nécessité d'un "effort spécifique" en direction des nouveaux Etats membres pour les sensibiliser à cette question.

Le sujet a dominé ce comité interministériel sur l'Europe, retransmis pour la première fois en direct à la télévision par la chaîne Public-Sénat.

Dominique de Villepin a donné la parole au ministre délégué à l'Industrie François Loos pour un point de situation. "Les systèmes ont bien réagi. Notre réseau de transport en France a évité le black-out même si 10% des Français ont été touchés par cette coupure", a-t-il estimé.

Tirant les premières leçons de l'incident, le ministre délégué à l'Industrie a jugé qu'il "confortait" la politique énergétique de la France. Rappelant qu'un forum sur le transport d'électricité avait été créé l'an dernier par la France, l'Allemagne et les trois pays du Benelux, il a fait valoir que les entreprises "travaillent ensemble". "Le but est que leur travail en commun évite cette situation", a-t-il dit.

François Loos a plaidé pour un "centre européen de coordination des réseaux de transports" d'électricité. "On a besoin de plus de capacités de production, de transport pour éviter les surcharges de lignes", a-t-il estimé.

"Les mécanismes de protection ont fonctionné", a jugé de son côté Thierry Breton (Economie), qui s'est souvenu d'avoir vécu le black-out survenu à New York dans les années 80. "En moins d'une heure et demie, on a rétabli le courant."

L'hôte de Bercy a lui aussi estimé que l'incident montrait la nécessité d'une meilleure coordination des politiques européennes. "Ce qu'il nous faut, c'est des centrales qui puissent réagir au quart de tour", a-t-il dit.

Désireux de ne "pas faire de langue de bois", Philippe Douste-Blazy (Affaires étrangères) s'est montré moins triomphaliste que ses collègues. "Il y a eu quand même un problème", a-t-il reconnu, parlant d'une "sous-estimation de l'interdépendance européenne en matière de transport".

Publié dans Divers

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