Villepin invente la ''police de tranquillité''

Publié le par rezeid

Développant hier sa conception de la politique de sécurité, le premier ministre a de nouveau marqué sa différence avec Nicolas Sarkozy.

 
DOMINIQUE DE VILLEPIN est-il en train de ressusciter la police de proximité sans le dire ? En appelant hier à la création d'une « police de tranquillité publique », le premier ministre a jeté un sacré pavé dans la mare au moment où le PS promet de restaurer la police de proximité s'il gagne les élections en 2007. Certes, il ne s'agit pas, dans l'esprit du chef du gouvernement, de recréer cette police de proximité. Mais en opérant un glissement sémantique dans le débat re­naissant sur la sécurité dans les quartiers, Villepin a pris le risque d'ouvrir une polémique avec Nicolas Sarkozy.
 

Devant les préfets, les procureurs et les recteurs d'académie réunis à Paris pour plancher sur « L'État, la prévention et la sécu­rité », le chef du gouvernement a défendu les principes d'une « politique de sécurité efficace » dans les quartiers. Selon lui, les forces de l'ordre « n'ont pas à jouer le rôle des associations, des élus, des travailleurs sociaux ». Mais pour le premier ministre, la police doit rester« en contact régulier avec la population, les commerçants, les familles, les gardiens d'immeuble et les associations ».

 «Lien de confiance dans les zones sensibles»
 
Et Villepin d'assigner à sa « police de tranquillité publique », des missions précises : « Être présente dans tous les lieux ­­et à toutes les heures où nos concitoyens peuvent avoir besoin d'elle » ; « répondre davantage aux ­attentes » ; « créer un lien de ­confiance dans les zones sensibles ».
 
Des missions qui ressemblent à celles affectées à la police de proximité imaginée en 1997 par ses créateurs Lionel Jospin et Jean-Pierre Chevènement et supprimée par Nicolas Sarkozy.
 

Une comparaison que réfute Villepin. Pour lui, la « police de tranquillité » doit rester un « gage de protection, de défense de l'ordre et de la loi ». Ce qui avait précisément été oublié, selon lui, dans le fonctionnement de la police de proximité.

 Intervenant juste après le premier ministre, Nicolas Sarkozy a livré une vision de la politique de sécurité totalement différente de celle de Villepin. De quoi dé­concerter les hauts fonctionnaires présents à Paris. Le ministre de l'Intérieur ne s'est pas embarrassé de circonvolutions pour défendre son bilan.
 

En l'absence de Villepin, qui n'est pas resté pour écouter son rival, le ministre-candidat n'a pas ­repris à son compte l'idée d'une « police de tranquillité ». Au ­contraire. Il s'est justifié une nouvelle fois face aux critiques du PS qui lui reproche d'avoir démantelée la police de proximité en 2002. « Si la seule chose qu'on nous propose, c'est de recommencer ce qui a fait faillite, les mêmes causes produiront les mêmes effets », a-t-il déclaré. « Le rôle de la police n'est pas d'entretenir des relations publiques avec les habitants du quartier », a-t-il renchéri.

 Dans un discours d'extrême fermeté, il a réclamé une réforme de l'ordonnance de 1945 pour les mineurs multirécidivistes et relancé le débat sur les peines planchers. S'appuyant sur des faits divers récents (les incendiaires de Marseille, le gang des barbares à Bagneux), il a souhaité qu'on réforme la médecine scolaire pour mieux détecter « ces jeunes qui deviennent des monstres ».

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Fred 12/11/2006 12:19

La police de tranquilité est un beau concept, mais c'est qu'il faut attendre de toutes nos forces de maintient de la concorde civile. Il ne s'agit pas de remplacer proximité par tranquilité, mais de trouver les moyens d'assurer l'Etat de droit parout ou cela nous demandé. Mais il faut accepter de mettre les peids dans le plat, casser les citadelles et remettre en place notre Etat partout ou il est défaillant. Rappelons à tous que l'ETAT n'est pas que répression, c'est aussi les hopitaux, les routes, les cités qui sont construites, et l'école quand elle joue son rôle.
Bon courage à vous et à plus sur http://desirsdereaction.com.