Clearstream: Alliot-Marie a défendu Villepin devant les juges

Publié le par rezeid

Michèle Alliot-Marie a pris la défense de Dominique de Villepin lors de son interrogatoire comme témoin chez les juges d'instruction chargés de l'affaire Clearstream vendredi dernier, rapporte mardi L'Est Républicain.

Selon le procès-verbal de cette audition dont le quotidien publie de larges extraits, la ministre de la Défense a dit qu'il était dans les attributions de Dominique de Villepin, alors à la tête du ministère des Affaires étrangères, d'ordonner une enquête parallèle le 9 janvier 2004 sur les listings de comptes bancaires semblant compromettre des centaines de personnalités.

"Dans son volet international, (le dossier) relevait du ministre des Affaires Etrangères. Il arrive qu'il y ait des dossiers traités directement par les ministres et non par les services du ministère, notamment pour des dossiers extrêmement sensibles", a-t-elle dit, selon ce compte rendu.

Michèle Alliot-Marie a jugé "exceptionnel mais pas aberrant" que Dominique de Villepin n'en ait pas parlé à son successeur au Quai d'Orsay, Michel Barnier. Le Premier ministre doit être entendu prochainement par les juges.

Michèle Alliot-Marie a, par ailleurs, dit tout ignorer d'une éventuelle intervention de Dominique de Villepin en 2004 pour faire libérer de garde à vue Imad Lahoud, auteur présumé des faux listings selon l'accusation, alors mis en cause dans une autre affaire.

Elle assure aussi n'avoir jamais entendu parler d'une destruction de documents de la DST démontrant que des listings étaient des faux, geste imputé à Dominique de Villepin par un témoignage reçu dans le dossier.

A aucun moment, reconnaît-elle, le Premier ministre d'alors, Jean-Pierre Raffarin, n'a été informé de ce dossier, car il ne s'agissait que de vérifier des "rumeurs".

Elle-même aurait été mise à l'écart, puisqu'elle n'aurait été informée de la réunion du 9 janvier 2004 que "vers la fin janvier". Ella a appris ensuite que le nom de son compagnon, Patrick Ollier, député UMP, était cité lors de cette réunion comme une des personnes compromises.

"Je pense que j'étais vraisemblablement visée à travers sa personne", dit-elle, reprenant une explication qu'elle a fournie dans plusieurs interviews à la presse ces dernières semaines.

La ministre de la Défense dit encore n'avoir "jamais évoqué" l'affaire avec le président Jacques Chirac.

Quant au supposé compte bancaire crédité de 300 millions de francs au Japon et détenu par Jacques Chirac, dont fait état un document des services secrets saisis pendant l'enquête, elle dit tout en ignorer. "Je n'ai aucune idée du lien qui pourrait exister entre l'affaire des listings Clearstream et cette affaire japonaise", dit-elle.

Elle admet, enfin, n'avoir jamais informé Nicolas Sarkozy du fait que son nom était cité dans l'affaire : "Il le savait puisque son nom était dans la presse". Elle dit avoir ignoré au départ que des hommes politiques figuraient sur les listings. "La première fois où j'ai entendu parler de noms de politiques, c'était au mois de juillet 2004".

Publié dans Divers

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