Face à Sarkozy, Villepin reprend une offensive tous azimuts

Publié le par rezeid

Justice, écologie, politique industrielle et étrangère... A six mois des élections, Dominique de Villepin se veut à nouveau présent sur tous les fronts et ne manque pas une occasion de marquer sa différence avec Nicolas Sarkozy.Alors que la semaine s'annonçait dominée par la primaire au PS et l'adoption par l'UMP de son programme législatif, le Premier ministre a multiplié ces derniers jours les interventions sur des thèmes au coeur de la précampagne.

 

Assouplissement du permis à points, mesures fiscales pour l'environnement... Il a aussi profité mardi d'une visite chez Airbus pour s'exprimer longuement sur "l'avenir industriel de la France".

 

Il est ensuite intervenu, mercredi à Lille, sur l'un de ses thèmes de prédilection, dans un discours sur "la France et le nouvel ordre mondial".

 

Certes, M. de Villepin n'a officiellement aucune ambition présidentielle et se présente à l'envi comme un chef du gouvernement qui veut juste "gouverner jusqu'au dernier jour".

 

Reste que, quand il évoque une croissance annuelle de 3% à l'horizon 2012, il se projette résolument dans un avenir où il entend jouer tout son rôle: "voilà la direction que doit prendre notre pays pour les cinq prochaines années", précisément la durée du quinquennat, a-t-il lâché mardi.

 

Et il ne se prive jamais de prendre ses distances avec les propositions de M. Sarkozy, sur les "peines plancher" prônées par le ministre de l'Intérieur ou encore les mesures du projet UMP pour protéger la France des effets pervers de la mondialisation.

 

"Les Français n'ont pas besoin d'une thérapie de choc" mais de "continuité dans les efforts", a-t-il mis en garde mardi le chantre de la "rupture", se posant lui-même en défenseur du "modèle" français "d'équilibre entre l'économique et le social".

 

Ces interventions pourraient relancer les supputations sur les intentions réelles du Premier ministre. D'autant que le ministre François Goulard (Recherche), villepiniste affiché, a souhaité mercredi qu'il y ait d'autres personnalités que M. Sarkozy, à droite, qui se préparent "à être candidates" en 2007.

 

"La manière dont est organisée la désignation du candidat" UMP "fait que, s'il y a d'autres candidatures, elles seront extérieures" au parti, a-t-il même lâché.

 

Un scénario que ne veut pas envisager le sénateur sarkozyste Roger Karoucthi. "Chacun a le droit d'avoir ses ambitions mais tout doit se faire à l'intérieur de la famille sinon on prend le risque d'avoir un 21 avril à l'envers. Déroger à cette règle d'or serait une faute politique", a-t-il déclaré à l'AFP.

 

Mais, outre que M. de Villepin est loin d'en avoir fini avec l'affaire Clearstream, "sa popularité encore très faible rend sa candidature peu crédible", a affirmé à l'AFP l'analyste François Miquet-Marty.

 

Selon lui, "il sur-intervient pour maintenir sa propre existence politique dans la campagne" et prendre date "en cas d'effondrement de M. Sarkozy".

Publié dans Divers

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