Sarkozy et Alliot-Marie s'expliquent devant le conseil national de l'UMP

Publié le par rezeid

L'UMP était censée jeudi débattre de son projet pour les législatives. Le conseil national du parti majoritaire a donné lieu jeudi matin à une explication frontale entre Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie sur fond d'ambitions rivales pour l'élection présidentielle.
La ministre de la Défense, qui envisage d'être candidate contre le président de l'UMP pour défendre les valeurs gaullistes, y compris en dehors du parti, a pris ses distances avec le projet de l'UMP.
Dans un discours très incisif prononcé dans un silence glacial et salué par un mélange d'applaudissements et de huées, "MAM" a critiqué le projet du parti sur deux points, les institutions et la discrimination positive.
Le président de la République "n'est pas le président du peuple de gauche ou du peuple de droite. Il n'est pas le président d'un parti politique. Il est le président des Français", a-t-elle ainsi lancé devant un Nicolas Sarkozy impassible. "Il n'est pas un super-ministre."
La ministre de la Défense a par ailleurs redit son opposition à la discrimination positive prônée par le président de l'UMP, qui revient selon elle à "faire passer l'appartenance à une communauté avant la prise en considération des besoins de la personne".
Sans nommer le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, Michèle Alliot-Marie a reproché à Nicolas Sarkozy d'avoir "trop souvent braqué la jeunesse" depuis 2002 par ses déclarations contre les jeunes des banlieues. "Trop souvent nous avons laissé s'insinuer l'idée pernicieuse qu'un jeune était un délinquant en puissance ou en devenir", a-t-elle lâché.
La ministre de la Défense a également reproché à Nicolas Sarkozy de "calquer" son programme sur les envies des Français, à l'image de la socialiste Ségolène Royal. "La politique, ce n'est pas le copier-coller de l'Ifop ou de la Sofres", a-t-elle dit.
Nicolas Sarkozy a répliqué sèchement au discours de sa rivale. "Le combat, c'est contre nos adversaires, à l'extérieur de notre famille politique", a lâché le président de l'UMP.
Le président de l'UMP a persisté et signé dans ses propositions et son discours sur les jeunes. "Je continuerai à parler comme cela", a-t-il prévenu, déplorant que personne n'ait élevé la voix pour "parler au nom" de Mama Galledou, brûlée dans un bus à Marseille.
Il a défendu la discrimination positive, "seule façon de faire reculer les injustices". "Ne pas reconnaître que dans notre pays la France il y a du racisme, ce n'est pas voir la réalité telle qu'elle est", a déclaré M. Sarkozy.
Le président de l'UMP a aussi maintenu ses propositions d'évolution des institutions. Le projet de l'UMP qui devait être adopté dans l'après-midi par le conseil national propose notamment de limiter à deux le nombre des mandats du chef de l'Etat et de lui permettre d'expliquer sa politique devant le Parlement.
"Je ne pense pas qu'on déplace 40 millions d'électeurs pour leur demander d'élire un président-arbitre qui regarde passer les balles et qui commente de temps en temps", a lancé M. Sarkozy.
Le président de l'UMP a cependant affirmé qu'il ne devait pas y avoir de "combat" au sein du parti. "Il peut y avoir une concurrence, mais cette concurrence ne dégénèrera jamais en combat pour la raison simple: on aura besoin de tout le monde, parce que comme Michèle Alliot-Marie, moi je veux gagner", a conclu M. Sarkozy sous un tonnerre d'applaudissements. Michèle Alliot-Marie, attendue à Gérone (Espagne) au 19e sommet franco-espagnol, a alors quitté la salle.
Les intervenants qui se sont succédé à la tribune tout au long de la matinée ont multiplié les appels à l'union, donnant raison à Nicolas Sarkozy. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a ainsi exhorté l'UMP à ne pas "tomber de le piège de la division" qui aboutirait à "l'échec" lors de l'élection présidentielle.
"C'est aux socialistes que nous devons nous en prendre plutôt qu'à nous-mêmes", a rappelé Edouard Balladur. Dans une allusion à la présidentielle de 1995, l'ancien Premier ministre a mis en garde les chiraquiens contre un "comportement dont la répétition serait destructrice".
Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a lui aussi invité les chiraquiens "à cesser d'envoyer ses flèches contre leur propre camp". "Deux candidats de l'UMP au premier tour de l'élection présidentielle, c'est forcément zéro candidat UMP au second tour", a-t-il averti.
Après Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin, dont l'intervention était prévue en milieu d'après-midi, devait lui aussi faire entendre sa différence.

Publié dans Divers

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laetimeg 16/11/2006 21:54

à 17h25!!!

laetimeg 16/11/2006 21:52

Info!!
Dimanche 19 nov sur F5: "Riposte" special Villepin avc notre premier ministre ki sera présent!!