Ségo et Sarko, mêmes combats ?

Publié le par rezeid

"Un seul est capable de porter un projet pour la France en offrant des perspectives, en se tournant vers la modernité, proposant un projet cohérent, avec une véritable vision pour la France c'est Dominique de Villepin, ensemble avec lui...."Rezeid

La candidate socialiste désignée, la presse étrangère tente de comprendre ce qui la sépare de Nicolas Sarkozy. Et ce qui les rassemble aussi…

Voilà donc Ségolène Royal désignée par les socialistes et Nicolas Sarkozy près de l'être par l'UMP. Le décor, pour la presse internationale, est presque planté, même si les quotidiens les plus prudents préviennent tout de même leurs lecteurs qu'en France, rien n'est jamais joué en politique.

Mais c'est surtout pour eux l'occasion de comparer les deux favoris des sondages et leurs programmes respectifs. Premier constat, selon
The Daily Telegraph de Londres, Mme Royal comme M. Sarkozy doivent faire face à une opposition particulièrement remontée au sein de leur propre camp. "Bien qu'il semble imbattable – et peut-être précisément pour cette raison –, certains à droite cherchent de toute urgence une stratégie pour stopper le ministre de l'Intérieur. La favorite pour tenir ce rôle semble être Michèle Alliot-Marie. Il faut dire que Nicolas Sarkozy veut rompre avec le modèle social tel que le défend Jacques Chirac et imposer une conception plus brutale de la politique. Du coup, même le président Chirac n'a pas exclu de se représenter et le Premier ministre actuel, Dominique de Villepin, non plus."

Mais le quotidien londonien remarque aussi que la guerre n'est pas moins rude à gauche, où Ségolène Royal, fraîchement élue, aura du mal à recoller les morceaux, notamment avec la gauche du PS. Pour le quotidien espagnol
El País, les deux candidats partagent une autre caractéristique ou plutôt une même maladie grave : "la sondagite aiguë". "En lieu et place de leaders qui précèdent l'opinion publique, la sondagite aiguë produit des politiques qui courent après l'opinion et lui donnent ce qu'elle veut."

La maladie en question, Ségolène Royal en serait affectée, mais "Nicolas Sarkozy aussi, ainsi que Bill Clinton, qui avait fondé une partie de sa gouvernance sur les enquêtes d'opinion. Depuis, la maladie s'est étendue à d'autres pays et à d'autres politiques, José Luis Zapatero inclus." Une tendance donc, qui cache mal, selon El País, le conformisme de la candidate socialiste : "Sous des airs rénovateurs, Mme Royal est en fait le produit d'une longue carrière politique tout ce qu'il y a de plus traditionnelle. Elle est énarque, issue de l'école d'où sont sortis tant de politiciens français. Si elle gagne l'élection, Ségolène Royal aura certes à cœur d'insuffler un renouveau. Mais un renouveau dans l'ordre : celui du mandarinat."

The Independent considère également que les deux candidats ont plus de choses en commun que ne le laisserait penser une analyse superficielle : "Tous deux fondent leur campagne sur les réformes nécessaires du pays et sur le renouvellement de la façon de faire de la politique en France. Au fond, cette volonté affichée des deux candidats est rafraîchissante. Car, quoi qu'il arrive, la France tournera la page des douze années de stagnation des deux présidences Chirac."

Sur le même thème, l'hebdomadaire conservateur
The Spectator pense lui aussi que "Sarkozy croit en un Etat français puissant et interventionniste, tout comme Ségolène Royal. Après tout, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, il a sauvé Alstom avec de l'argent public et imposé un contrôle des prix aux hypermarchés. Il est juste cependant de dire que l'Etat selon Sarkozy n'a rien de maternel, contrairement à celui dont rêve Ségolène Royal. Sarkozy croit fermement dans un Etat paternel, autoritaire, ambitieux et jaloux de ses prérogatives. Mais ces deux versions du rôle de l'Etat sont toutes deux de pure tradition française. Certains des hommes politiques français les plus marquants – à commencer par François Mitterrand – ont même su les incarner ensemble. Autant dire qu'il ne faut rien attendre de la prochaine élection : ni l'un, ni l'autre n'ont pour intention de faire de grandes réformes [de l'Etat français]. La bagarre entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ne sera au fond qu'un drame psychologique."

 

Publié dans Divers

Commenter cet article