Dominique de Villepin au Tchad pour soutenir le régime Deby

Publié le par rezeid

Le Premier ministre Dominique de Villepin a marqué jeudi le soutien de la France au régime "légitime" du président tchadien Idriss Deby, lors d'une escale à N'Djamena pendant laquelle ils ont longuement évoqué le "drame" du Darfour.M. Deby, lors d'un point-presse commun au siège de la présidence, s'est formellement engagé à accepter une force internationale le long de sa frontière avec le Soudan, composée de forces des Nations Unies et de l'Union africaine (UA), comme le souhaite la France.

 

"Le Tchad accepte la proposition faite par les Nations unies de disposer des forces à notre frontière pour sécuriser les populations et stabiliser la sous-région" menacée par le conflit du Darfour, a-t-il déclaré.

 

"L'accord de principe est donné par la République du Tchad, il y aura des échanges de points de vue avec l'ONU et l'UA pour arrêter la forme, la mission" de cette force, a-t-il poursuivi.

 

Le chef du gouvernement français s'est félicité de la position tchadienne, la jugeant "importante", tandis que de source diplomatique française, on se targuait d'un "succès" diplomatique.

 

L'ONU et l'UA ont proposé le déploiement d'une force internationale aux frontières du Tchad et de la Centrafrique avec leur voisin soudanais, afin d'éviter que la guerre dans la province soudanaise du Darfour ne déstabilise l'ensemble de la région.

 

La guerre au Darfour oppose depuis 2003 les troupes soudanaises, appuyées par des milices arabes, à des rébellions que Khartoum accuse le Tchad de soutenir.

 

M. Deby s'est réjoui de la visite de M. de Villepin, estimant qu'elle marquait "un signe fort de soutien aux épreuves difficiles que le peuple tchadien traverse", alors que son régime est fragilisé depuis des mois par plusieurs mouvements rebelles qui ont juré sa chute et qu'il accuse Khartoum de soutenir.

 

"La France a une responsabilité spécifique vis-à-vis du Tchad (...) Je suis venu honorer cet engagement", a répondu le Premier ministre français, après avoir déjeuné en tête-à-tête avec M. Deby pendant plus d'une heure et demie.

 

Interrogé sur une éventuelle aide militaire de la France au Tchad, M. Deby a estimé qu'actuellement les forces gouvernementales étaient "capables de faire face", en précisant que "le jour où nous estimons nécessaire d'appeler nos amis à nos côtés, nous le ferons".

 

M. de Villepin a affirmé de son côté que la France agissait dans le cadre "de ses responsabilités" à travers notamment sa "politique de dissuasion vis-à-vis de tous ceux qui seraient tentés par une quelconque agression contre l'intégrité territoriale" du Tchad.

 

"C'est dans ce sens que nous avons agi, comme nous avons été amenés à réagir très vigoureusement à Birao (800 km au nord-est de Bangui), vis-à-vis de l'agression en territoire centrafricain", a-t-il expliqué.

 

La France a renforcé ces derniers jours d'une centaine d'éléments son dispositif Epervier, déployé depuis 1986 au Tchad et qui compte désormais environ 1.200 hommes.

 

Depuis lundi, des militaires français de l'opération Boali, déployée depuis 2003 en Centrafrique, appuient par ailleurs l'armée centrafricaine dans sa reconquête de plusieurs localités du nord-est tombées aux mains d'une rébellion depuis fin octobre.

 

M. de Villepin est allé saluer des militaires français d'Epervier, stationnés sur une base aérienne à N'Djamena et censés fournir un appui logistique et en renseignement aux troupes tchadiennes.

 

Il les a assurés de sa "gratitude" alors que "certains" s'emploient à "parfois minorer, parfois ternir" l'engagement de la France en Afrique.

 

Le Premier ministre français doit se rendre vendredi en Afrique du sud. Sa visite prévue samedi au Congo a été reportée, en raison des problèmes de santé du président Denis Sassou Nguesso.

Publié dans Divers

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