Villepin actif au Tchad: il décroche un accord

Publié le par rezeid

Le Tchad a donné son accord de principe au déploiement d'une force internationale à sa frontière pour faire face à l'extension sur son territoire de la guerre du Darfour.

Le président Idriss Déby, déstabilisé par les offensives de groupes rebelles dans l'Est et les effets collatéraux de la guerre civile soudanaise, s'est résolu à accepter une force hybride Nations unies-Union africaine à l'issue d'un entretien à N'Djamena avec le Premier ministre français, Dominique de Villepin.

Cette force, appelée en théorie à se déployer dans toute la zone sous tension des "Trois frontières", est pour l'heure refusée par le Soudan et la République centrafricaine.

"Le Tchad accepte la proposition des Nations unies de disposer de forces à notre frontière pour sécuriser la population et stabiliser la sous-région", a déclaré jeudi Idriss Déby lors d'un point de presse conjoint avec Dominique de Villepin, qui a effectué une visite-éclair à N'Djamena.

Les effectifs, le mandat et le calendrier de déploiement de cette force restent à déterminer.

Cette avancée, saluée comme "un pas significatif" de source diplomatique française, s'est doublée d'une "ouverture" toute relative du président Idriss Déby au dialogue national réclamé par l'opposition.

"Je lance un appel à toute la nation tchadienne, à la classe politique tchadienne pour qu'elles fassent bloc face à l'ouverture que je leur propose pour défendre l'intégrité et la souveraineté nationales", a dit Déby, au pouvoir depuis 1990.

L'invite exclut toutefois les groupes rebelles qui menacent depuis plusieurs semaines de marcher sur N'Djamena, au premier rang desquels l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) et l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UDFR) que le Tchad accuse d'être téléguidés par Khartoum.

"Face aux risques d'instabilité pour le Tchad et pour la région, il est essentiel d'avancer en rassemblant tous ceux qui souhaitent la paix, tous ceux qui souhaitent avancer en déposant les armes", a précisé Dominique de Villepin, en louant "l'esprit de dialogue" d'Idriss Déby.

VILLEPIN SUR UN TERRAIN PRESIDENTIEL

Dénonçant un "génocide négro-africain" fomenté par "l'islamisme militant" de Khartoum, le président tchadien a lancé "un appel pressant" à la communauté internationale pour venir en aide aux populations civiles.

Il a fait état de 400.000 réfugiés du Darfour et de 300.000 Tchadiens déplacés sur le territoire du Tchad et a de nouveau souligné l'urgence de déplacer les camps du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR).

Idriss Déby s'est félicité du soutien de la France, "qui n'a pas failli à ses engagements", et a précisé que les autorités tchadiennes solliciteraient l'appui militaire de Paris "le jour où elles l'estimeront nécessaire".

"Nous sommes dans le cadre de nos responsabilités, à travers notre politique de coopération (...) et une politique de dissuasion vis-à-vis de tous ceux qui pourraient être tentés par une quelconque agression", a souligné Dominique de Villepin.

Quelque 1.200 militaires français sont déployés au Tchad dans le cadre du dispositif Epervier pour, notamment, une mission de soutien logistique et de maintien de l'ordre intérieur.

Les forces françaises sont intervenues en soutien des troupes centrafricaines pour reprendre l'aéroport de Birao, dans le nord-est de la Centrafrique, elle aussi affectée par le conflit du Darfour.

Dominique de Villepin a gagné l'Afrique du Sud après avoir rendu visite aux troupes de la base aérienne française de N'Djamena.

Fort du gain diplomatique consenti par Idriss Déby, le Premier ministre français convainc, s'il le fallait, de "l'utilité" de son voyage, souligne un proche.

En contrepoint de l'entrée en campagne du candidat Nicolas Sarkozy sur la scène politique intérieure française, Dominique de Villepin s'investit dans les dossiers internationaux, dans la figure d'un présidentiable potentiel, comme Ségolène Royal au Proche-Orient.

 

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Diana 04/12/2006 03:17

A gilles : Jusqu'à preuve du contraire, le "chef" des ministres, c'est le Premier d'entre eux. Il est responsable de tout le gouvernement, et peut se "meler" comme vous dites, de chaque secteur, comme il le désire ; ici, en l'occurrence les affaires étrangères, la diplomatie, la place de la France à l'étranger.

Vo 01/12/2006 21:44

Le rôle de la franchement est réel, la preuve cela marche Villepin y va au Tchad: résultat: un accord. Arrêtons un peu de dénigrer la politique de Villepin et Chirac à l'international qui est parfaitement juste!!!

gilles 01/12/2006 18:25

soyons un peu sérieux, en termes non diplomatique cela s'appelle "se faire du vent sous la queue"
Quel est le rôle de la france au TCHAD? avec nos 1200 hommes dont moins de 500 qui sont véritablement opérationnels. et dont le seul emploi est la "protection théorique" des ONG et la surveillance de centaines de milliers de réfugiés dans les camps de l'UNHCR.
La France après plus d'un siècle de présence a t elle tité le moindre avantage du pétrole qui est aujourd'hui extrait par de sociétés des USA?
Non lors de la mise en place par le COTCO d'un pipe entre le TCHAD et le Cameroun la France a t elle été consultée? Non seuls les USA ont eu la main sur l'ensemble des décisions. les quelques sociétés comme BOUYGUES n'ont récupéré que des miettes du marché comme sous traitant de grandes sociétés des USA alors que c'était la CEE qui financait en partie les travaux.
Que va faire de villepin dans ce pays, lui le spécialiste des affaires AFRICAINES?
ce n'est as ou plus sa place il dispose d'un ministre à moins que comme d'autres il estime qu'il soit étranger aux affaires dont il a la charge.