Villepin ou la réussite de son plan pour l'emploi

Publié le par rezeid

A la mi-2007, le taux de chômage se repliera à 8,2 %, anticipe l'Insee dans sa dernière note de conjoncture. Dès le début de l'année prochaine, Dominique de Villepin afficherait un résultat statistique meilleur que celui obtenu par Lionel Jospin au printemps 2001.

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C'est une tache de couleur qui se remarque dans le tableau terne et sans relief de l'économie française que dessine l'Insee : dans six mois, le taux de chômage devrait être revenu à son niveau de mars 1983. Dans la « Note de conjoncture » de fin d'année qu'il publie aujourd'hui, l'Institut national de la statistique et des études économiques prévoit, en dépit des deux pauses intervenues récemment (août et octobre), une poursuite régulière de la décrue du nombre de demandeurs d'emploi. Au rythme de presque 0,1 point par mois, le taux de chômage passerait de 8,8 % de la population active fin octobre à 8,6 % en fin d'année, puis à 8,2 % à la fin du premier semestre 2007. Au terme du deuxième mandat de Jacques Chirac, le chômage reviendrait, ainsi, au niveau qui était le sien au début du premier septennat de François Mitterrand, lorsque Pierre Mauroy était à Matignon.

Population active ralentie

Cela souligne, bien sûr, l'ampleur du redressement qui s'opère mais cela relativise, a contrario, les performances de tous les gouvernements qui se sont succédé entre-temps. Près de 1 chômeur sur 5 (18 %) - les quelque 383.300 demandeurs d'emploi âgés de moins de 25 ans - n'a encore jamais connu, ou si peu, un taux de chômage aussi faible en France. La nouvelle prévision de l'Insee montre qu'un seuil est bien en passe d'être enfoncé.

Même s'il est parti de moins haut, Dominique de Villepin affichera, dès le début de 2007, un résultat statistique meilleur, sur le front du chômage, que celui obtenu par Lionel Jospin au printemps 2001 (8,6 %). La barre des 2 millions de demandeurs d'emploi pourrait être cassée aux alentours des échéances présidentielle et législatives. Cependant, ce ne serait pas seulement à mettre au crédit de la politique de l'emploi du Premier ministre. La baisse du chômage sera grandement facilitée par le ralentissement de la population active, laquelle n'augmenterait plus que de 13.000 unités en 2007 (29.000 en 2006).

Croissance 2006 à 2,1 %

L'emploi fera le reste. Malgré le trou d'air du troisième trimestre, l'institut table sur 243.000 créations totales pour 2006 (dont 138.000 dans le secteur marchand), puis 115.000 au premier semestre 2007 (dont 73.000 dans le secteur marchand). La nouveauté de l'année prochaine serait l'absence de contribution des emplois aidés.

Ce scénario est en partie dépendant de celui retenu sur l'activité économique. Après la mauvaise surprise de la croissance zéro du troisième trimestre (au lieu de 0,6 % prévu), qui avait fait au gouvernement l'effet d'une douche froide, l'institut public de la statistique s'efforce de convaincre qu'une correction partielle est à venir. Il prévoit désormais 0,9 % de croissance au quatrième trimestre de cette année, ce qui rattraperait la moitié de la croissance perdue au troisième et porterait la croissance 2006 à 2,1 %. « La correction porte notamment sur l'industrie manufacturière », explique Eric Dubois. Le chiffre d'octobre ne confirme pas vraiment le rebond attendu (lire ci-dessous), mais novembre et décembre seront meilleurs pour l'industrie française, assure l'Insee.

Consommation dynamique

En revanche, début 2007, ce sont le commerce et les services marchands qui sont censés prendre le relais, soutenus par une consommation des ménages toujours dynamique (+ 0,7 % par trimestre jusqu'à la mi-2007), en dépit de ses récents à-coups. Outre la désinflation, les baisses d'impôt contribueraient, souligne pour la première fois l'Insee, à soutenir le pouvoir d'achat des ménages (+ 1,3 % au premier semestre). L'institut de la statistique prévoit dès lors 0,5 % de croissance à chacun des deux prochains trimestres, ce qui donnerait 1,8 % d'acquis à mi-2007.

Publié dans Divers

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