Dominique de Villepin veut refermer la plaie du CPE

Publié le par rezeid

En réunissant aujourd'hui syndicats et patronat, le premier ministre tente de clore définitivement l'épisode douloureux du printemps.

 
À UN PEU plus de quatre mois de la présidentielle, Dominique de Villepin bouge encore. Celui qui a très peu de chance d'être candidat en 2007 tient à montrer qu'il occupe toute la plénitude de ses fonctions de premier ministre.
 
Le chef du gouvernement met ainsi un soin particulier à mettre en scène la conférence sur l'emploi et les revenus. Il faut dire que ce genre de grand-messe sociale n'a pas eu lieu depuis l'automne 1997.
 
Dominique de Villepin prépare depuis plusieurs semaines et avec minutie ce rendez-vous : visite dans une ANPE, réunions à Matignon avec des femmes à temps partiel, des seniors, rencontres avec syndicalistes.
 
Avec cette conférence, ultime acte politique de l'année 2006, Villepin veut surtout prendre sa revanche sur le terrain social. En clair : il veut corriger l'image désastreuse laissée par l'échec du CPE. Un échec en partie dû à son absence de dialogue social. « Celui qu'on avait mis dans un tombeau de marbre montre qu'il a tiré les leçons de son échec. En mai, personne n'aurait parié un sou sur le retour des partenaires sociaux à Matignon », se réjouit-on rue de Varenne en oubliant d'associer le savoir-faire du tandem Borloo/Larcher.
 
Il n'empêche l'équation s'annonce difficile pour le gouvernement, qui s'expose à un retour de bâton syndical si les annonces sont jugées « insuffisantes ». La CFDT et la CGT ont déjà mis en garde contre un « coup médiatique ».
 
« Société du bon emploi »
 
Au-delà des résultats de cette conférence, le premier ministre veut s'attaquer au « décalage » ressenti plus ou moins fortement par les salariés entre les « performances honorables » des entreprises et leur situation personnelle. Entre les « bons résultats » enregistrés sur le front du chômage par le gouvernement et la baisse du pouvoir d'achat dénoncée dans les sondages par les Français.
 
Grâce aux « mesures concrètes » qui seront annoncées cet après-midi (lire ci-dessus), il espère démontrer qu'on peut améliorer le pouvoir d'achat et lutter contre la précarité sans attendre la présidentielle. « Il ne suffit pas d'aller vers la société du plein-emploi mais vers celle du bon emploi », insiste un de ses proches.
 
Reste à savoir si cette conférence permettra à Dominique de Villepin de reprendre pied sur la scène sociale et politique. Déjà dans les rangs de l'UMP, certains sarkozystes s'inquiètent des « chèques sans provision » que le premier ministre va tirer alors qu'il n'y a plus d'argent. D'autres élus de la majorité sont encore plus cruels. À propos de l'action de Dominique de Villepin, un ministre ironise : « Même si on découvrait un gisement de pétrole sous la place de la Concorde, je crois que les Français s'en foutraient. La parole de Villepin ne compte plus. Les Français sont dans le match Sarko-Ségo. »

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