Impôt, euro, dette : l'UMP s'exaspère de voir Breton et Villepin jouer leur partition

Publié le par rezeid

En réaction au lancement du chantier de l'imposition des revenus à la source, les députés sarkozystes demandent « qu'on arrête de polluer l'action » de leur candidat. Pour le ministre de l'Economie, l'UMP manque d'ambition sur le désendettement.

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L'UMP prévoit de résorber le déficit et de ramener la dette publique à 60 % du PIB fin 2012, soit deux ans plus tard que ce qu'a inscrit Dominique de Villepin dans le programme de stabilité transmis début 2006 à Bruxelles.

Jeudi dernier, il y avait eu la conférence sur l'emploi et les revenus à l'issue de laquelle le Premier ministre, Dominique de Villepin, avait annoncé un crédit d'impôt pour l'emploi à domicile, voté depuis par le Sénat (lire ci-contre), et un accord de modération des loyers (« Les Echos » du 15 décembre). Lundi, cela a été « la goutte d'eau qui a fait déborder le vase », selon le sarkozyste Bernard Accoyer, chef de file des députés UMP : l'annonce par le ministre de l'Economie et des Finances, Thierry Breton, dans une interview aux « Echos », d'une concertation imminente sur la retenue de l'impôt à la source, c'est-à-dire sur la feuille de paie, en vue d'une mise en oeuvre au 1er janvier 2009.

Sur le fond, la plupart des députés UMP ne trouvent rien à redire - ou si peu - à cette perspective, bien qu'elle ne figure pas dans leur projet de législature, mais dans celui du PS. Dans une interview aujourd'hui à « La Croix », l'ancien ministre du Budget, Alain Lambert, juge bien « inconstitutionnelle » la proposition de Thierry Breton de renoncer à imposer les revenus 2008. Mais la retenue à la source est un élément de « modernisation fiscale », a convenu le parti majoritaire.

« Des annonces tous azimuts »

Sur la forme en revanche, les sarkozystes apprécient peu de voir un ministre du gouvernement lancer une réforme de cette ampleur à quatre mois de la présidentielle. En réunion de groupe, hier matin, ils ont demandé, a rapporté Bernard Accoyer, que « l'on arrête de polluer l'action du candidat » par « des annonces tous azimuts ».

L'exaspération est, ensuite, encore montée d'un cran car, au même moment, à Bercy, Thierry Breton a profité de sa conférence de presse trimestrielle pour adresser, de manière à peine voilée, à Nicolas Sarkozy, deux sévères mises en garde. La première sur le rythme du désendettement : l'UMP prévoit de résorber le déficit et de ramener la dette publique à 60 % du PIB fin 2012, soit deux ans plus tard que ce qu'a inscrit Dominique de Villepin dans le programme de stabilité transmis début 2006 à Bruxelles. « Cet objectif de 2010, certains voudraient peut-être s'en évader, mais c'est l'engagement de la France. C'est une question de crédibilité et de confiance », a martelé le ministre.

« L'euro a un peu trop bon dos »

Le même a aussi manifesté son agacement de voir pointée la responsabilité présumée de l'euro dans la hausse des prix ressentie par les Français. La critique n'épargne pas Nicolas Sarkozy. « Je trouve que l'euro a un peu trop bon dos », a lancé Thierry Breton, en incriminant plutôt l'effet des 35 heures sur les coûts de production.

Près de deux ans après être arrivé à Bercy, l'ancien patron de France Télécom se sent assez sûr de lui et de son bilan pour caresser l'ambition de faire entendre sa propre voix dans la campagne. Et il a la ferme intention de continuer. L'air de rien, il a dit hier aux journalistes qu'il les réunirait « plus souvent à partir de la rentrée » car il a « beaucoup de choses à dire ».

« Effondré » par le projet PS

Il n'est pas sûr que ce soit du goût de tout le monde dans la majorité. Au moins celle-ci se retrouve- t-elle dans la critique du projet socialiste. Hier, Thierry Breton s'est dit « effondré » de la promesse faite par le premier secrétaire socialiste, François Hollande, de revenir sur toutes les baisses d'impôt. « Augmenter les impôts, a-t-il souligné, ça revient à dire qu'on va baisser le pouvoir d'achat de tous les Français et casser la consommation et la croissance. Comme «désir d'avenir», au moins, ça a le mérite de la clarté ! » Quant à Bernard Accoyer, il a jugé « très inquiétantes » ces annonces « visant à écraser les Français avec des prélèvements nouveaux ».

Publié dans Divers

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