Villepin a "regretté" devant les juges "l'instrumentalisation politique" de Clearstream

Publié le par rezeid

 

Dominique de Villepin a "regretté" devant les juges qui l'ont entendu "l'instrumentalisation politique" de l'affaire Clearstream niant toute implication, selon des extraits de son audition publiés sur le site internet du Monde vendredi soir.L'événement

En aucun cas, a affirmé le Premier ministre, il n'a voulu cibler Nicolas Sarkozy, partie civile. Dans des listings de comptes de l'organisme financier luxembourgeois envoyés anonymement à la justice en juin 2004, figurait le patronyme du ministre de l'Intérieur, "Nagy-Bocsa". Ces documents se sont avérés truqués.

Cette mention "Nagy-Bocsa", M. de Villepin a dit "l'avoir découverte en même temps que les autres responsables gouvernementaux, au mois de juillet" 2004, date de la révélation dans la presse des listings Clearstream.

Concernant la fameuse réunion du 9 janvier 2004 à laquelle assistaient son ami Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS mis en examen dans ce dossier et le général Philippe Rondot, il affirme que "la seule référence qui a été faite à M. Sarkozy a été en relation avec sa fonction de ministre de l'intérieur".

"J'ai conscience de l'extraordinaire complexité et difficulté de ce dossier où plusieurs personnalités politiques et plusieurs ministres en exercice sont cités, mais je regrette l'instrumentalisation politique et médiatique qui en a été faite, ce qui a modifié en profondeur la perception que l'on pouvait avoir du rôle de certains acteurs et en particulier du mien", a déclaré le Premier ministre à la fin de son audition qui a duré 17 heures.

Selon une source proche du dossier interrogée par l'AFP, le Premier ministre a dû répondre à 155 questions des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons et le procès-verbal fait 71 pages.

M. de Villepin a soutenu qu'il n'avait jamais demandé d'enquête spécifique sur ces listings au général Rondot, contrairement à ce que disent des notes du militaire. Ces notes, assure M. de Villepin, ont fait l'objet de "réécritures et de reconstructions a posteriori".

"Je me suis inscrit dans le cadre de la mission qui avait été confiée au général Rondot par le ministère de la Défense sans rien ajouter à cette mission; je n'ai pris aucune initiative spécifique ni ne disposais d'ailleurs d'aucun moyen pour ce faire au ministère des affaires étrangères", s'est-il défendu. Il n'a demandé qu'à être tenu "informé des aspects internationaux de ce dossier".

Qu'en est-il d'éventuelles "instructions" du Président de la République évoquées par le général Rondot?

"A aucun moment, je n'ai reçu d'instructions précises du président de la République dans ce dossier, je me suis référé à des orientations générales", a-t-il dit en renvoyant la balle dans le camp du ministère de la Défense.

M. de Villepin a affirmé qu'il n'avait rien à voir avec la propagation et la diffusion des faux listings bancaires.

Il a ainsi affirmé qu'il n'avait "jamais reçu ou eu en mains les listes ou documents informatiques concernant Clearstream" et qu'il a toujours ignoré qui les avait donnés à M. Gergorin, qui a reconnu être "le corbeau".

Les juges d'Huy et Pons suspectent l'informaticien Imad Lahoud, collaborateur chez EADS de M. Gergorin d'être la source de ce dernier et d'être également à l'origine de la falsification. Il a été mis en examen en juin.

Publié dans Divers

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