"Avançons avec Dominique de Villepin"
Non. Le 14 janvier n'est pas en soi un évènement. Pour avoir une véritable intronisation, il eut fallu une compétition ; comme il n'y a pas eu compétition, il n'y a pas intronisation. La phase de la campagne ne s'ouvrira que le jour où le chef de l'Etat et le premier ministre, qui ont toute légitimité à être candidat indépendamment du vote de l'UMP, auront annoncé leurs intentions. La conception selon laquelle un candidat doit recevoir l'investiture du parti n'est pas la tradition à droite. Le parti est là pour soutenir le gouvernement, pas l'inverse. Ce qui compte, c'est la capacité à l'emporter. Aujourd'hui, les électeurs estiment que Nicolas Sarkozy est le mieux placé pour gagner. S'il le reste, il sera notre candidat.
Je ne sais pas encore. C'est une période de voeux dans nos circonscriptions et je suis très pris dans le Morbihan.
Ma réponse est oui. Les idées libérales ne sont pas suffisamment portées dans le débat électoral, notamment par l'UMP. Or on ne gagnera la présidentielle que si les Français qui se reconnaissent dans une modernité libérale se sentent représentés par la future majorité. Le libéralisme, ce ne sont pas les délocalisations et les stocks options. C'est d'abord la reconnaissance du caractère fructueux de la liberté des échanges. Si les échanges étaient destructeurs, nous n'aurions pas connu, depuis deux siècles, une telle création de richesses. Le libéralisme, c'est aussi une théorie politique : l'affirmation de l'Etat de droit. Un empiètement de l'exécutif sur le judiciaire est, par exemple, une entorse à des principes d'essence libérale.
Je n'ignore rien des inquiétudes de l'opinion publique. Mais écarter le libéralisme sous prétexte que le mot fait peur en France et que ce courant n'a jamais trouvé une grande approbation populaire serait à la fois une erreur politique et une aberration. Une erreur parce qu'on ne peut pas réduire l'audience des idées libérales au score d'Alain Madelin et parce que perdre ne serait-ce que 3% des voix, c'est aller à la défaite. Une aberration parce que nous serions en totale incohérence avec le monde tel qu'il est. Je ne vois d'ailleurs aucune contradiction entre politique sociale et politique libérale. Il peut y avoir une approche libérale des questions sociales, consistant à introduire des segments de compétition pour accroître l'efficacité.
Il y a dans ce projet de bonnes choses, en particulier la revalorisation du travail. Mais il y en a de moins bonnes. Je suis en désaccord avec ce qu'il propose en matière institutionnelle. Lorsqu'il prône une forme de protectionnisme européen et critique l'indépendance de la BCE, ses positions ne me paraissent pas non plus très libérales. Et puis il y a, dans le projet, un grand manque : la baisse des prélèvements obligatoires, dont le niveau est une anomalie qui pèse sur la croissance comme sur le pouvoir d'achat. Cela passe par des efforts en matière de réforme de l'Etat, d'harmonisation territoriale, d'organisation de notre sécurité sociale.
La diversité des courants est une nécessité. Elle a été trop longtemps absente de nos préoccupations au sein du parti. Si l'UMP n'évolue pas, certains prendront assurément des initiatives. Mais ce n'est pas le moment de le faire, ni le moment de le dire.
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