Villepin attend de Sarkozy "respect et tolérance"

Publié le par rezeid

Le premier ministre décidera au dernier moment de participer ou non dimanche au congrès de l'UMP.

 
IRA ? Ira pas ? Dominique de Villepin n'est plus du tout certain d'assister, dimanche, au congrès d'introni­sation du candidat Nicolas Sarkozy. « Je verrai dimanche ce que je ferai », a-t-il confié hier au Figaro. Au lendemain d'une réunion orageuse du groupe UMP, le premier ministre attend des preuves de la bonne volonté du ministre-candidat. Pas question de subir de la part des militants les mêmes « attaques scandaleuses et inacceptables ».
 
Hier, Sarkozy a tenté de décrisper le climat dans la majorité. « Dominique de Villepin, j'en ai besoin aussi. C'est quelqu'un pour qui j'ai de l'estime », a-t-il déclaré juste après avoir voté. « Il a son idée sur la stratégie, je la respecte », a-t-il ajouté. Très critique contre le premier ministre, Bernard Accoyer a également baissé d'un ton (lire ci-dessous) . Alain Juppé a mis en garde contre les «tensions contreproductives» et Edouard Balladur s'est inquité du «spectacle ridicule» des divisions.
 
Mais Villepin n'en démord pas. La stratégie actuelle du président de l'UMP ne mènera pas à la victoire. Il récuse le « caporalisme », l'« alignement », l'« union molle » qui, selon lui, caractérisent la précampagne sarkozyste. « On est dans une logique réductionniste. On ne gagne pas en réduisant », dit-il. En prônant, à l'inverse, la reconnaissance des « diversités » et des tempéraments.
 
Celui qui était alors un des principaux lieutenants de Jacques Chirac se souvient que, en 1995, il devait « faire travailler ensemble » des fortes personnalités comme Alain Juppé, Alain Madelin et Philippe Séguin. Qui fait ce travail aujourd'hui ? « Personne », s'inquiète-t-il. « Nicolas Sarkozy a tous les atouts en main mais il faut qu'il se dépasse. Dans cette campagne, il faudra être créatif. Si on se contente d'aligner Fillon-Barnier-Bachelot, alors on perdra », s'emporte-t-il.
 
« Je ne suis pas homme à céder au chantage »
 
Car Villepin reconnaît qu'il a « quelques idées et quelques stratégies » en tête pour faire gagner son camp. Sarkozy doit faire appel à des personnalités comme Jean-Louis Borloo, Michèle Alliot-Marie et lui-même. Dans cette « coalition des volontés », chacun apporterait un plus au projet présidentiel du favori des sondages car « on est très loin d'avoir le plan de charges au niveau des idées ». Ce serait aussi, à ses yeux, la marque du « respect et de la tolérance » qu'il réclame.
 
Villepin est persuadé que « la campagne n'a pas commencé », qu'elle sera difficile pour la droite face à une Ségolène Royal qui « capte la lumière » et pratique la « stratégie de l'esquive ». Il redoute que le « choc » Sarko-Ségo n'ait jamais lieu. « Il ne faut pas compter sur Ségolène Royal pour ouvrir le débat », dit-il en s'inquiétant d'une « bataille d'image » qui tournerait presque nécessairement en faveur de l'élue du Poitou. Il met en garde contre le risque de transformer la présidentielle en un « référendum pour ou contre » Sarkozy.
 
Le premier ministre, qui s'en tient toujours officiellement à sa mission de chef du gouvernement, affirme - chiffres du chômage à l'appui - qu'il est « celui qui apporte le plus dans la corbeille de la mariée ». Il avertit les parlementaires tentés de torpiller les trois réformes constitutionnelles en chantier : « Je ne suis pas homme à céder au chantage ». Et conseille à Sarkozy de tenir ses troupes.

Publié dans Villepin et l'UMP

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OJD 15/01/2007 22:01

S'il ya une maniere de se sentir plus responsable,c'est elle que vous avez manifesté depuis toujours,car le soutien à l'UMP n'est pas aussi necessaire pour une victoire du faite que le vote présidentiel ne sera pas au sein de l'UMP mais de la république.
Votre courage et celui de Mr Debrès est un signe des bobs dirigeants de la république,autoritaire et respectable.
Par compte votre candidature ou celle du président de la république est très important pour defendre la position gauliste en France après une trahison de Michèle Alliot Marie que les Français croyaient imposante et courageuse,elle se présente comme un tigre en papier face à ces parole.