Dominique de Villepin délimite ses "frontières"

Publié le par rezeid

Dominique de Villepin a "l'ambition de faire gagner" l'UMP, mais il continue de marquer sa différence face à Nicolas Sarkozy, au risque d'entraver sa campagne, en dévoilant dans Les Echos un programme économique et social à cinq ans peu consensuel sur la question des retraites.

A cent jours de l'élection présidentielle et à deux jours du congrès d'investiture de l'UMP, le Premier ministre manifeste ainsi sa "liberté" dans le débat électoral et partant, cultive l'ambiguïté sur ses intentions.

Cible d'une bronca des députés "sarkozystes" pour avoir annoncé qu'il ne participerait pas au vote de désignation du candidat de l'UMP, Dominique de Villepin dit simplement "souhaiter" se rendre dimanche au congrès, avec cette mise en garde voilée : "le rassemblement doit se faire dans le respect de chacun".

"Je suis Premier ministre de Jacques Chirac. Chacun peut donc comprendre que je ne me prononce pas avant qu'il ait fait part de sa décision", répète-t-il dans une interview à paraître vendredi dans le quotidien économique.

"J'ai l'ambition de faire gagner notre famille politique. C'est pour cela que je me bats. C'est pour cela que je fais des propositions", assure-t-il.

"Dans cinq ans, suivant que l'on aura fait confiance aux uns ou aux autres, nous n'aurons pas le même pays", souligne-t-il, refusant de se "battre avec les mots" lorsqu'on lui demande s'il adhère à la "rupture" prônée par le président de l'UMP.

"Le projet de l'UMP est un bon projet. (...) A nous désormais de l'enrichir pour gagner en 2007".

A l'instar de Jacques Chirac dans ses voeux, Dominique de Villepin dessine "la prochaine frontière d'ici cinq ans" pour l'emploi, la compétitivité des entreprises, les finances publiques, les retraites.

"IL FAUDRA TRAVAILLER PLUS LONGTEMPS"

8,2% de taux chômage en juin, 6% en 2012, terme du prochain quinquennat: tels sont les objectifs du chef du gouvernement pour qui "la réponse au chômage est dans le pragmatisme, pas dans l'idéologie".

Il défend de nouveau l'instauration d'une "flexi-sécurité" à la française, la fusion entre l'ANPE et l'Unedic, deux projets critiqués par les syndicats, une réforme des allocations chômage, qui doivent être selon lui mieux plafonnées et mieux contrôlées.

L'autre "défi immédiat" pour Dominique de Villepin concerne la compétitivité des entreprises.

"Il faut un environnement fiscal et administratif plus simple et plus stable", souligne-t-il, préconisant de diviser par deux d'ici cinq ans les taxes pesant sur les entreprises.

S'agissant des finances publiques, le Premier ministre défend l'objectif d'un retour à l'équilibre en 2010 et non en 2012, comme le propose l'UMP dans son programme législatif afin de conserver des marges de manoeuvres pour des réformes.

"Il est important de garder ce cap, car une fois qu'on ouvre une brèche, on sait ce qui arrive", affirme-t-il.

Sur le dossier explosif des retraites, le Premier ministre, qui a reçu jeudi le rapport du Conseil d'orientation des retraites, recommande d'aborder la question des régimes spéciaux "au cas par cas et dans la concertation" lors du rendez-vous d'étape de 2008 sur l'évaluation de la réforme Fillon (2003).

"Si nous voulons garantir la pérennité des retraites, soyons clairs avec les Français : il faudra travailler plus longtemps", juge-t-il, excluant un relèvement de la CSG.

"Sur le chômage, sur la croissance, sur la lutte contre les inégalités et les discriminations, notre pays a fait des progrès. Je m'en réjouis pour la France, mais tout l'enjeu aujourd'hui est d'aller plus loin", résume le Premier ministre, qui, officiellement, ne songe pas à l'Elysée.

Publié dans Présidentielles2007

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john 14/01/2007 17:36

M. SARKOSY avait dit qu'il quitterait le gouvernement s'il est investi. Maintenant il envisage de rester comme M. Chirac. Mais M. CHIRAC n'était pas ministre de l'intérieur, le ministre en charge des élections. COnnaissant l'attirance de Sarkosy pour Bush, j'ai peur qu'il ne truque les élections. ALORS M. LE 1ER MINISTRE, il faudrait que M. SARKOSY quitte son ministère.

D'autre part,je vous félicite pour le courage dont vous faites part face aux attaques des sarkosistes et j'espère pour le bien de la démocratie que vous continuerez à dire ce que vous pensez. ET si vous aviez le courage de vous présentez en dehors du parti comme M. DUPONT- AIGNAN, sachez que beaucoup de français vous soutiendrait.