Discours du 28 janvier 2007, par RJVR

Publié le par rezeid

Je tiens à vous remercier pour votre présence. Merci de venir pour soutenir une candidature encore hypothétique. Merci de venir à l’appel de notre rassemblement de bloggeurs. Cela fait plaisir de voir des personnes qui partagent les mêmes convictions et principes. Des personnes prêtes à donner leur temps pour signifier leur attachement à ces convictions et principes, même dans les moments les plus difficiles. Ce qui nous rassemble ici, c’est un idéal politique que nous souhaitons défendre.

 

Et l’idéal de notre association, comme vous l’aurez compris, est un idéal gaulliste. On me pose en général deux questions quand je dis que je me définis comme gaulliste. Mais qu’est-ce que c’est le gaullisme, surtout aujourd’hui, plus de trente ans après la mort du Général ? Avant même les idées, je crois que le gaullisme est un romantisme, un romantisme politique. Il englobe une certaine vision des rapports humains, de la fidélité aux compagnons d’aventure. Et cet esprit n’est naturellement pas soluble dans les sondages ou les compromis. Un vrai gaulliste ne se penche pas dans le sens du vent. Le gaullisme, c’est aussi un respect absolu de la chose publique. Et ce respect doit être un respect de tous les instants. Quand le Général était à l’Elysée, il faisait déduire de sa paie tout repas donné à titre privé. Parce qu’il respectait l’argent des Français, le budget était à l’équilibre. Le gaullisme, c’est aussi une vision du monde, fortement influencée par le cours de la seconde guerre mondiale. C’est un refus de l’asservissement des nations à l’impérialisme d’autres puissances. C’est un équilibre entre la volonté d’aide au développement et le respect du chemin que les autres pays veulent emprunter. Ce n’est définitivement pas la volonté d’imposer un modèle uniforme, par la force s’il le faut. Le gaullisme, c’est le souci d’un équilibre permanent entre la justice sociale et la compétitivité du pays et de ses entrepreneurs . C’est en cela, à mon sens, que le gaullisme n’est ni de droite, ni de gauche. La gauche a tendance à vouloir construire la justice sociale contre la compétitivité des entrepreneurs. Elle préfère re-découper un gâteau plutôt que de mettre en place ce qu’il faudrait pour qu’il grossisse plus vite. Et la droite a tendance à tout conditionner à la compétitivité des entrepreneurs. Pourtant, le capitalisme moderne a besoin de mécanismes de redistribution. Dans les pays occidentaux, depuis 15 ans, la majeure partie des bénéfices de la croissance sont allés aux plus favorisés et aux profits des entreprises. Ce n’est pas juste. Pour avancer durablement, une société doit avancer ensemble. Sinon, les classes populaires se vengeront d’un système dont elles ne touchent aucun bénéfice.

 

La deuxième question qui vient quand on parle du gaullisme, c’est que Le Général était d’une époque révolue, qu’il est venu dans des circonstances qui ne se rencontreront plus. Nous n’y croyons pas ! Après tout, les discours désabusés sur la classe politique ne sont pas nouveaux. C’était celui de bien des journalistes de l’entre deux-guerre ou des années 50. Et pourtant, un nouvel espoir politique s’est levé, une nouvelle façon de faire de la politique a émergée. Par deux fois, le Général a pris la France et les Français par la main et a redressé le pays.

 

Ce que le Général de Gaulle avait, c’était du caractère, une foi inébranlable dans ses principes et convictions. C’est ce qui lui permit de ramasser, seul, le drapeau national, de le porter et le protéger, puis d’agréger à lui les Français, faisant passer la France du stade de pays vaincu et quasiment annexé au rang de pays vainqueur. Il en fallait du caractère ! De même, alors que la 4ème République s’étouffait de ses faiblesses congénitales et que le pays ne savait comment gérer la guerre en Algérie, à 67 ans, il fit de nouveau le don de sa personne pour redresser le pays. Il nous a appris la grandeur d’âme, la quête d’absolu en politique, la rigueur des convictions et des principes. Il nous a légué également ce respect de la chose publique que l’on a bien du mal à déceler dans les hommes politiques actuels. Il nous a aussi montré que l’attachement au pouvoir ne pourrait asservir les principes et les convictions en n’hésitant pas à quitter le pouvoir par deux fois sans y avoir été vraiment contraint.

 

Notre volonté n’est pas d’exclure qui que ce soit. Nous voulions juste expliquer notre vision de la politique. Le Général a été le plus grand rassembleur de la vie politique française. Il a su gouverner avec les communistes, les socialistes et les démocrates-chrétiens au sortir de la guerre pour instaurer la Sécurité Sociale et réorganiser en profondeur notre économie. Puis le parti gaulliste a su rassembler radicaux, démocrates-chrétiens et indépendants pour gouverner la France. C ’est pourquoi, nous appelons à un rassemblement des républicains de TOUTES les sensibilités pour appeler et soutenir une candidature alternative.

 

Car comment en effet accorder du crédit à un candidat libéral devant les patrons et pseudo-héritier de Jaurès devant les ouvriers, un candidat qui en 6 mois a dit tout et son contraire sur bien des sujets, un candidat pour lequel la quête du pouvoir personnel semble être le seul et unique objectif, quels que soient les moyens. Mais comment accorder du crédit également à une candidate qui brandit l’absence de vision comme un drapeau, et dont la légèreté de certaines déclarations est proprement sidérante. Non, ils ne sont vraiment pas à la hauteur des enjeux de notre pays.

 

Et pourtant, un homme apparaît bien plus à la hauteur des enjeux de notre pays. Dominique de Villepin est le Président dont la France a besoin, si Jacques Chirac décide de ne pas se présenter. Lui a le caractère pour tenir bon en cas de crise. Lui et le Président de la République ont su faire face aux Etats-Unis en 2003 à un moment où l’administration américaine affirmait qu’elle pardonnerait à la Russie , qu’elle ignorerait l’Allemagne et qu’elle punirait la France. Il en fallait du caractère pour affronter la toute puissance américaine en première ligne. Qui se l’est permis à part Jacques Chirac et Dominique de Villepin ? Ce sont aussi eux qui ont décidé l’usage de l’Etat d’urgence et un plan banlieue pour résoudre la crise de l’automne 2005. Ce sont Dominique de Villepin et Jacques Chirac qui ont eu le courage de faire front, de faire montre à la fois de la fermeté nécessaire pour faire respecter l’Etat de droit tout en écoutant le malaise social qui avait en partie provoqué cette crise. A cette occasion, ILS ont montré que l’ordre juste pouvait être plus que des mots. Le couple exécutif a montré qu’il avait le caractère pour affronter une crise aussi difficile avec fermeté et justice, sans provocation, avec calme mais aussi détermination. C’est aussi Dominique de Villepin qui a eu le front de vouloir faire passer le CPE au Printemps dernier. On ne saura jamais si ce contrat était la solution aux problèmes du chômage de jeunes, mais il valait sans doute au moins une expérimentation. Et plus que la colère de la rue, c’est l’absence de caractère des élus et de certains ministres de l’UMP qui sont responsables du retrait du CPE. Qui se souvient aujourd’hui que les députés proches du Ministre de l’Intérieur disputaient la paternité du projet au Chef du gouvernement avant les manifestations ? Qui se souvient aujourd’hui que la deuxième manifestation pour le retrait du CPE avait été un échec ? C’est le manque de caractère de certains élus de l’UMP qui a permis de montrer qu’il y avait des failles dans le soutien de ce projet et a favorisé une plus forte mobilisation.

 

De cet épisode, nous retenons un Homme d’Etat doté de caractère. Car que voulons-nous pour la France. Un Président qui se couche au moindre soubresaut ? Un Président rivé aux sondages d’opinion et dont toutes les mesures sont calibrées en fonction de ce que les sondages disent. Voulons-nous un Président qui demande l’opinion des Français pour résoudre tous les problèmes ? Comment fera-t-il en cas de crise grave ? Comment imaginez-vous qu’un Président Sarkozy ou une Présidente Royal auraient géré la grave crise des banlieues que nous avons traversée. Ne pensez-vous pas que la France mérite mieux ?

 

En fait, on sent beaucoup de résignation derrière le soutien aux deux candidats des sondages. Dans les deux camps, on soutient que ce sont les candidats qui peuvent gagner. Quel argument ! Quel déni des convictions, des principes, qui devraient être les seuls moteurs de la politique. Un choix politique ne saurait se réduire à une efficacité électorale supposée. D’autant plus que les Français contredisent bien souvent ces présupposés. Une campagne, ce n’est pas un discours changeant en fonction des audiences, quitte à dire tout et son contraire. Une campagne, c’est un moment pour présenter sa vision et chercher à la partager plutôt que de demander aux Français de la construire eux-mêmes. Non les deux candidats des sondages ne sont vraiment pas à la hauteur des enjeux de la France d’aujourd’hui.

 

Alors, il est vrai qu’aujourd’hui, pour être honnête, aucune opportunité ne semble s’ouvrir pour le candidat que nous appelons. Nicolas Sarkozy est en tête des sondages et toute candidature apparaîtrait comme une inutile candidature de division. Mais, de toutes les façons, le Premier Ministre a affirmé qu’il souhaitait continuer à mener son travail pour la France. La session parlementaire se terminant fin février, rien ne peut se passer avant.

 

Et cela tombe bien car c’est à ce moment que la campagne commencera à se cristalliser et c’est donc seulement à ce moment qu’il faudra que l’opportunité se présente. Et nous coryons qu’elle se présentera.

 

La bêtise et le manque de recul des soutiens du Ministre de l’Intérieur m’amuse tant ils ne semblent avoir aucun sens de l’histoire politique ou le moindre recul. Il y a douze ans précisément, avec un des fondateurs du RJVR, nous faisions alors la campagne de Jacques Chirac dans notre école. Les Balkany et Devedjian pavoisaient alors devant les sondages de leur chef de l’époque, Edouard Balladur. Il n’était pas alors un simple prince des sondages, mais bien le monarque absolu, celui qui battait 60-40 n’importe quel adversaire au second tour et qui pouvait même gagner au premier … A l’époque déjà, nous disions que les vainqueurs de janvier étaient rarement ceux de mai. Nous savons tous ce qu’il est advenu. Ceux qui pavoisent ou s’inquiètent aujourd’hui devraient s’en souvenir.

 

C’est pourquoi voir aujourd’hui certaines personnes parler de dévissage de la candidature Royal alors que Nicolas Sarkozy est donné gagnant 52-48 me fait bien rire. Nicolas Sarkozy part bien plus bas qu’Edouard Balladur il y a 12 ans. Il est tout sauf assuré de ne pas revivre le destin de son patron de l’époque. Le manque de recul à l’égard des sondages de janvier est sans doute un des meilleurs indices de son échec à venir. D’autant plus que ce score est obtenu après trois semaines où Nicolas Sarkozy a accumulé les bonnes nouvelles alors que sa rivale a enchaîné les cafouillages. Après une telle séquence, c’est au moins du 55% voir du 60% que Nicolas Sarkozy devrait faire au second tour. En outre, cette séquence a permis à Nicolas Sarkozy de redevenir le favori incontesté et il est rarement une bonne idée d’être le favori de janvier.

 

Les sondages de ces derniers jours montrent en fait que la candidature de Nicolas Sarkozy, elle, a toutes les chances de connaître un vrai dévissage une fois que Ségolène Royal présentera son projet. Après tout, la présentation de son projet sera l’occasion pour elle de couper l’herbe sous le pied à la principale critique qui lui est adressée. Alors elle créera une dynamique de victoire autour de sa campagne, au bon moment. C’est à ce moment-là, quand les Français réaliseront que Nicolas Sarkozy a perdu la Présidentielle , qu’une fenêtre pourra se créer pour une candidature du Premier Ministre.

 

A nous d’entretenir cet espoir et à nous tenir prêts si l’occasion se présente et que Dominique de Villepin la saisit. Nous vous donnons rendez-vous fin février. Car c’est à ce moment que nous devrons être prêts. Le mois qui vient sera le plus difficile car le Premier Ministre est quasiment sorti du champ des possibles et Nicolas Sarkozy règne en maître absolu sur les troupes de l’UMP. En outre, comme cette opportunité reste hypothétique, le Premier Ministre ne pourra sans doute pas adresser le moindre geste qui puisse nous encourager. Nous devrons donc nous accrocher à nos convictions et notre foi. D’ici là, nous devons entretenir l’espoir et essayer de nous organiser au cas où.

 

Le Figaro d’hier nous a comparé à des résistants, c’est pourquoi nous lançons un appel à toutes les associations qui partagent nos idées pour se rassembler dans une Coordination Nationale Républicaine, un nouveau CNR, qui pourrait le cas échéant soutenir cette candidature alternative que nous appelons.

 

Le dernier mot que je souhaite vous adresser est de garder courage. Le gros temps est devant nous. Mais, nous sommes armés de nos convictions et principes et ainsi armés, nous pouvons tout traverser si nous gardons espoir et que nous nous rassemblons.

 

Merci pour votre écoute.

 

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RhÎne alpes avec 2Villepin 28/01/2007 22:06

"Tenez bon" voilà ce que disait Dominique de Villepin à Jacques Chirac en 1995 lorsque tous ces amis le lachèrent. C'est avec du courage, de la volonté, de la détermination et de la conviction réelle et certaine que ce mouvement va entraîner la dynamique républicaine et gaullienne nécessaire pour soutenir Dominique de Villepin. Je salue ce discours comme celui du 14 janvier qui représente bien la vision d'une France ambitieuse, réaliste et cohérente. Les jours à venir vont être très importants et les événements sont loin d'être figés ou aller uniquement dans un sens.
BRAVO pour ce discours.