Retournement de situation, Déféré au CSM, le juge Van Ruymbeke met en cause Nicolas Sarkozy

Publié le par rezeid

Le juge Renaud Van Ruymbeke a mis en cause Nicolas Sarkozy après l'annonce de son renvoi devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour ses méthodes en marge de l'affaire Clearstream.

Dans un communiqué, le magistrat, qui risque des sanctions, s'est dit victime d'une décision politique due, selon lui, à ses démêlés avec le ministre de l'Intérieur et candidat de l'UMP à l'élection présidentielle dans ce dossier.

"Cette affaire Clearstream, ça a été monté de toutes pièces, c'est une affaire qui est destinée à cacher l'affaire des frégates de Taïwan, il y a 500 millions de dollars qui sont partis, il y a des morts dans ce dossier", a-t-il précisé sur France info.

"Et on nous ressort toujours cette affaire Clearstream avec une surmédiatisation qui a été encouragée par M. Sarkozy", a-t-il ajouté.

La justice soupçonne la vente en 1988, par le groupe Thomson-CSF, de six frégates de la classe La Fayette, pour la somme de 2,8 milliards de dollars, à Taïwan, d'avoir fait l'objet de plus de 500 millions de dollars de commissions et rétrocommissions.

La décision de saisine du CSM fait suite à un rapport de l'Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) remis mercredi au Garde des sceaux et qui retient contre le magistrat des faits "susceptibles de constituer un manquement aux devoirs de son état de magistrat et de son devoir de loyauté".

"Pascal Clément a estimé que les manquements relevés par l'Inspection générale des services judiciaires à l'encontre de M. Van Ruymbeke justifiaient la saisine de la formation disciplinaire de l'organe constitutionnel compétent pour les magistrats du siège", dit un communiqué de la chancellerie.

Renaud Van Ruymbeke, 54 ans, encourra une sanction pouvant aller du blâme à la révocation. Ce magistrat emblématique qui a notamment mené à bien des instructions sur le financement occulte du PS, sur des détournements de fonds à Elf, ou encore sur le meurtre de la jeune Britannique Caroline Dickinson en 1996, a réagi immédiatement.

"La décision du ministre de la Justice, prise dans un dossier où M. Sarkozy m'a publiquement attaqué, est une décision politique sans surprise. Elle se fonde sur un rapport commandé à grand bruit par le ministre à l'IGSJ, qui lui est subordonnée", écrit-il dans un communiqué.

"Je reste serein, ayant agi dans un cadre légal et le respect des règles d'éthique, afin de rechercher la vérité dans un dossier important où les investigations ont été systématiquement entravées", ajoute-t-il.

SARKOZY A ATTAQUE VAN RUYMBEKE

Le juge Van Ruymbeke se voit notamment reprocher par le rapport d'avoir rencontré hors de tout cadre procédural en 2004 le dirigeant d'EADS Jean-Louis Gergorin et, à sa demande, d'avoir intégré ses pseudo-informations dans son dossier sous forme de courriers prétendument anonymes.

Il s'agissait de listings de comptes bancaires occultes de la société luxembourgeoise Clearstream, censés mettre au jour les bénéficiaires de la corruption menée en marge d'une vente de frégates à Taiwan en 1991, mais qui se sont avérés être des faux.

Ces listings laissaient croire que des centaines de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, détenaient des comptes bancaires occultes à l'étranger.

L'IGSJ reproche au juge Van Ruymbeke de ne pas avoir livré l'identité du pseudo-"corbeau" à ses collègues Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, saisis dès 2004 d'une instruction pour "dénonciation calomnieuse", où Nicolas Sarkozy s'est constitué partie civile début 2006.

A plusieurs reprises, le président de l'UMP a mis en cause publiquement le juge Van Ruymbeke, soit personnellement, soit par l'intermédiaire de son avocat Thierry Herzog, en accusant le juge d'avoir participé à ce qu'il estime être un complot monté contre lui. Il aurait a ses yeux fait prospérer et fait traîner en longueur l'enquête sur les faux listings.

Le juge Van Ruymbeke, soutenu par les syndicats de magistrats, explique au contraire que c'est lui qui a mis en lumière le caractère mensonger des accusations portées contre Nicolas Sarkozy, grâce notamment à des investigations menées en Italie et qui ne sont revenues en procédure que fin 2005.

Le Syndicat de la magistrature (gauche) estime que la mise en cause de Renaud Van Ruymbeke est une "diversion" visant selon lui à faire oublier que la manipulation des faux listings est une affaire interne à la majorité.

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Villepin Président 2007 02/02/2007 21:27

Les candidats déjà déclarés et qui promettent monts et merveilles aux élécteurs oublieraient t'il l'endettement considérable de la France . Le Premier Ministre lui ne l'oublie pas étant donné qu'il l' a diminué considérablement

Villepin Président 2007 02/02/2007 18:02

Je sais pas ce qu'il a fais pour mériter un tel traitement Villepin . On voit bien qu'on veut l'écarter mais il s'écartera pas

Villepin Président 2007 02/02/2007 17:37

Au moins on le savait depuis longtemps et c'est normal qu'un Premier Ministre vérifie de tels listings . La Surmédiatisation de l'affaire d'autre part c'est vrai est du à Nicolas Sarkozy qui avait porté plainte . Cette affaire a été montée de toutes piéces pour empecher Dominique de Vuillepin de se présenter comme le CPE ou il a pas été soutenu une seconde par Nicolas Sarkozy . Je l'ai réellement en travers de la gorge même si pour l'affaire Clarstream il est trop tôt pour parler de manipulation totale de Nicolas Sarkozy . Je remarque qu'après Imad Lahoud cette fois c'est un juge qui a eu une grande carrière qui le met en cause .

Villepin Président 2007 02/02/2007 17:28

Je trouve que Villepin doit se présenter face à cette situation d'une gravité extréme ça me rappele une situation qui s'est passée il y a plus de 100 ans . Qui pouvait honnetement penser que Dominique de Villepin pouvait faire cela . L'alliance avec un usurpateur je la refuse catégoriquement même si il faut pas se venger ou polémiquer sans preuves . Comment Villepin peut faire une alliance avec lui c'est impossible .