H5N1 : réunion de crise à Matignon

Publié le par rezeid

Villepin réunit ce matin les ministres concernés afin d'organiser le dispositif de vigilance contre la grippe aviaire.

 Le Premier ministre Dominique de Villepin organise, mardi 6 février, une rencontre pour mettre en place le dispositif de surveillance et de protection des volailles face au virus H5N1 de la grippe aviaire, après la découverte la semaine dernière du virus dans un élevage industriel de dindes dans l'est de l'Angleterre.

Dominique de Villepin doit réunir les ministres concernés afin de "définir le dispositif qui sera mis en place dans les prochains jours", a indiqué lundi le ministère de l'Agriculture dans un communiqué.

La France doit renforcer les mesures de surveillance et de protection des volailles, précise le ministère. Cette décision, qui sera officialisée par un décret, fait suite à la recommandation en ce sens de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa).
L'Afssa préconise d'accroître les mesures de vigilance, en faisant passer le niveau de risque négligeable 2 au niveau de risque faible. La grille d'évaluation des niveaux pour les mesures de surveillance et de protection des oiseaux domestiques comporte six niveaux: négligeable 1, négligeable 2, faible, modéré, élevé et très élevé.
Le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau rappelle dans son communiqué que "les mesures de surveillance et de protection déjà mises en oeuvre ont montré l'absence du virus H5N1 sur le territoire français depuis avril 2006".

Industrie avicole inquiète
 Malgré les messages rassurants des autorités britanniques, les éleveurs de volaille restent sur leurs gardes à travers l'Europe. Alors que les mesures d'embargo et de restriction commerciale se multiplient en Europe et dans le reste du monde, la Grande-Bretagne achevait lundi l'abattage des 159.000 dindes de l'élevage Bernard Matthews PLC, le plus gros producteur européen de dindes, où ce virus hautement pathogène a été détecté et a décimé 2.500 volatiles ces derniers jours.

C'est la première fois que le virus H5N1 est diagnostiqué sur une exploitation britannique. Mais, en Europe continentale, l'industrie avicole s'inquiétait d'une possible propagation de la maladie via des oiseaux sauvages porteurs du virus qui traverseraient notamment la mer du Nord.

 "Mesures très avancées"
Le secrétaire britannique à l'Agriculture David Miliband a assuré que l'épidémie signalée dans le Suffolk ne présentait pas de risque pour la population et pour l'industrie de la volaille.

"Ce que le public doit savoir, pas seulement ici mais à travers le monde, c'est que le Royaume-Uni dispose de mesures très avancées afin d'anticiper ce genre d'éventualités, qu'elles sont mises en oeuvre par les autorités et les éleveurs dans tout le pays, et de façon extrêmement rapide", a déclaré David Miliband sur la chaîne Sky News.

Son collègue de l'Environnement, Ben Bradshaw, a précisé que l'élimination des 159.000 dindes de l'élevage concerné devait être achevée dans la journée. "L'abattage se déroule parfaitement bien: au dernier pointage, nous avions abattu plus de 120.000 dindes en seulement deux jours", a-t-il souligné sur la BBC.

Quant à la société Bernard Matthews, elle assure qu'aucune volaille infectée n'est entrée dans la chaîne alimentaire et que les consommateurs ne courent aucun risque. "Toutes les procédures prévues ont été suivies et, en conséquence, nous avons répondu dans les délais appropriés", a affirmé le producteur.

 "Lien avéré"
 Une version contestable, selon la Confédération Paysanne. Le syndicat agricole met en cause le lien qui existerait entre la société britannique et l'une de ses filiales en Hongrie. "On ne peut que s'interroger sur le lien avéré entre le groupe de Bernard Matthews et une de ses filiales en Hongrie Saga Foods", indique le syndicat dans un communiqué.
Aucun lien commercial n'existe entre les deux exploitations, rétorque le ministère hongrois de l'Agriculture.
Bernard Matthews compte bien une filiale en Hongrie et, selon la Confédération paysanne, "cette thèse confirmerait des études récentes qui mettent en cause les couloirs commerciaux comme étant des vecteurs de communication". Le syndicat appelle les autorités à "étudier la nécessité de limiter des échanges commerciaux avec les zones des pays concernés, bien au-delà des produits carnés issus de l'aviculture".
 Mesures de restriction
 Côté scientifique, le message se veut rassurant. "En ce moment, en Grande-Bretagne, le grand public a toujours plus de chances de gagner au Loto que d'attraper la grippe aviaire", a lancé Jim Robertson, virologue à l'Institut national britannique de contrôle et de normes biologiques.

Malgré ce dispositif de protection, plusieurs gouvernements ont déjà pris des mesures de restriction commerciale. Après le Japon -qui a importé en 2006 plus de 160.000 volailles britanniques-, la Russie a décidé à son tour d'interdire toutes les importations de volailles vivantes et de viande de volaille en provenance de Grande-Bretagne.

La République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord ont interdit les importations par voie maritime et révoqué les licences relatives à l'importation de volailles vivantes, de viande de volaille, d'oeufs et d'oiseaux captifs en provenance d'Angleterre. La Macédoine ou la Barbade -dans les Caraïbes- ont pris des mesures similaires d'interdiction des importations de volailles britanniques.

De leur côté, les Pays-Bas et la Norvège, séparés du Suffolk par la mer du Nord, ont pris des mesures de restriction commerciale. Les autorités néerlandaises et norvégiennes ont demandé à leurs éleveurs de ne plus laisser leurs volailles en plein air, sauf derrière des grillages de protection, afin de minimiser le risque de contact avec les oiseaux sauvages.

A Bruxelles, où les experts vétérinaires de l'UE devaient faire le point de la situation sanitaire mardi, le commissaire européen à la Santé Markos Kyprianou a lui aussi appelé à la prudence sur tout le continent. "Le virus est toujours dans les parages", a-t-il déclaré aux journalistes. "Nous devons rester vigilants et prêts à agir."

Publié dans Divers

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