Villepin pour un retrait militaire d'Irak dans un délai d'un an

Publié le par rezeid

Le règlement du conflit en Irak, où les Etats-Unis "ont échoué", exige une date de retrait proche et précise des forces étrangères stationnées dans le pays, déclare Dominique de Villepin, qui juge "absurde" l'hypothèse d'un départ des troupes américaines et britanniques une fois l'Irak "démocratisé et pacifié".

"Je ne dis pas que les troupes étrangères doivent partir demain. Je dis que nous devons définir un calendrier qui précise à quelle date les troupes se retireront et en fonction de cette échéance, nous engageons le changement en établissant un calendrier national, régional et international", déclare le Premier ministre dans une interview à paraître mercredi sur le site internet du Financial Times et réalisée le 2 février.

"Si on ne dit pas que dans un an il n'y aura plus de troupes américaines et britanniques en Irak, rien ne se passera en Irak, si ce n'est davantage de morts et de crises", souligne celui qui fut le fer de lance diplomatique de l'opposition française à une intervention militaire en Irak en 2003.

"Dire que les troupes étrangères se retireront quand l'Irak sera démocratique et pacifique est absurde. Ça ne se produira jamais", souligne-t-il dans cet entretien réalisé en français et traduit en anglais.

"Nous avons besoin d'un horizon clair pour le départ des troupes étrangères et le retour de l'Irak à une pleine souveraineté. Tant que cela ne sera pas clairement formulé - les étapes et l'objectif d'un retrait total - les choses ne s'amélioreront pas", estime l'ancien ministre des Affaires étrangères.

"LE DIAGNOSTIC EST CRUEL"

"Le diagnostic est cruel. Les Etats-Unis ont échoué en Irak. Plus de 3.000 soldats américains ont été tués depuis 2003, 12.000 civils irakiens en 2006. (...) La question maintenant est: 'comment stopper la spirale?'. Je pense qu'il est très important que nous travaillions tous dans la même direction pour franchir une nouvelle étape", déclare Dominique de Villepin.

"La réponse doit être graduelle et globale".

Le premier stade, juge Dominique de Villepin, passe par une "mobilisation interne" en Irak, une "prise de responsabilité interne" à l'Irak. "Nous devons engager une réconciliation nationale, ce qui signifie donner une place à chacun, ce qui n'est pas le cas en ce moment".

La deuxième phase se joue au niveau régional, selon le Premier ministre.

"Nous devons renforcer le dialogue avec les Etats voisins de l'Irak et créer des conditions telles que ces Etats trouvent un intérêt à la paix en Irak et dans la région".

La "troisième mobilisation" se situe au "niveau international". "C'est le point de départ du redressement en Irak".

"Quand vous voulez régler une crise dans le monde, vous n'avancez pas sans calendrier. La communauté internationale manque d'ambition et de solidarité, mais il lui manque par dessus tout un objectif clair et précis", déplore Dominique de Villepin.

"Quel que soit le niveau des troupes étrangères en Irak, les choses continueront de se détériorer. Ce n'est pas une question de chiffres, c'est une question de principes", dit-il.

"Aujourd'hui, la présence militaire (étrangère) est considérée comme illégitime par les Irakiens, aussi devons-nous changer les choses. (...) C'est la pierre angulaire de la crise. Si on ne règle pas cela, on ne règlera pas la crise irakienne. C'est la barrière qu'il nous faut lever", insiste le chef du gouvernement français.

Publié dans Divers

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