"Ensemble avec Dominique de Villepin"
L’interview accordée au Figaro par un conseiller écouté du candidat de l’UMP à la Présidence de la République montre qu’un courant existe, au sein de la droite parlementaire, qui est prêt à franchir la ligne jaune pour être assuré de vaincre au deuxième tour d’une élection qui s’annonce disputée. Il faut faire savoir dès maintenant qu’au cas où, par malheur, ce courant ferait prévaloir son point de vue et réussirait à mettre en oeuvre ce projet de proportionnelle pour la représentation nationale, il rencontrera, au sein de l’UMP, au sein de la droite et du centre comme au sein du pays tout entier, non seulement une opposition farouche mais, très vite, une résistance totale au déshonneur.
Sous des dehors habiles, cette interview est un clin d’œil aux cadres du Front National. Personne ne peut s’y tromper. Soyons clairs. S’adresser à un électorat se sentant abandonné dans sa souffrance et qui, de ce fait, se tourne vers un démagogue populiste, pour faire revenir cet électorat vers un vote en faveur d’un candidat démocrate, se comprend et doit même être approuvé. Mais, introduire dans le corps législatif des élus sur liste, à l’idéologie extrémiste et xénophobe, est d’une autre nature. Nous ne voulons pas que dans le Parlement de la France des voix de haine, des voix racistes, les voix de l’abaissement de la France, se fassent entendre. Dans toute l’histoire de la Vé République seul un ancien pétainiste ayant reçu la francisque s’y est livré, avec la volonté manifeste de troubler le jeu démocratique. Nous en payons encore le prix aujourd’hui. Au moment où notre pays doit affronter des défis énormes, au moment où il faut emporter la conviction de nos concitoyens pour mettre en œuvre les réformes indispensables à la modernisation de l’Hexagone, la proportionnelle, même partielle, pour les élections législatives serait un mauvais coup porté à la nation française. Car la proportionnelle est telle une drogue, on en prend un peu, puis il y a accoutumance et l’on en redemande toujours plus. Ce serait introduire par la bande le retour au régime des partis, aux débats idéologiques sans fin et stériles. Ce serait, par conséquent, le retour assuré à l’impuissance érigée en système de gouvernement. La proportionnelle peut sembler une idée noble, apparemment équitable. Elle est assurément dangereuse.
Il faut rendre hommage au Président Chirac d’avoir clairement tiré le signal d’alarme dans sa dernière allocution sur ce danger, danger auquel il a toujours su faire face sans faiblesse aucune.
Monsieur le Président de l’UMP, Monsieur le candidat, vous qui avez été ignominieusement attaqué sur vos origines par les tenants de cet extrémisme, vous qui avez médité et écrit sur un enfant de la nation que ces mêmes forces ont autrefois mené à la mort, vous ne pouvez approuver une telle dérive. Faites le savoir. Vite.
Herbert AXELRAD ( secrétaire général de Réforme et modernité)
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