Dupont Aignan écrit à Sarkozy

Publié le par rezeid

Durant votre campagne présidentielle vous avez, en prononçant de très beaux discours sur la place de la France dans le monde, démenti ceux qui comme moi je le reconnais, vous taxaient d’atlantiste !

Malheureusement pour notre pays, il semblerait aujourd’hui que nous n’avions pas tort.

Le temps des discours lyriques inspirés par H. Guaino paraît déjà bien loin. Ne s’agissait-il alors que d’une posture pour endormir les Français ?

En un mois vous avez tourné le dos à près de 50 ans de politique extérieure de la France !

e679c05805a8075698956826f1c21c8e.jpgDepuis ce fameux déjeuner de vacances dans la résidence de la famille Bush à Kennebunkport, vos prises de position se multiplient prônant un alignement enthousiaste non pas seulement sur les Etats-Unis mais, pire, sur la politique de son Président aujourd’hui contestée par 70% des Américains eux-mêmes !

Vous êtes un homme trop avisé pour que je puisse croire à une succession de maladresses de la part de vos ministres.

  le 19 août Bernard Kouchner se rend à Bagdad sans demander le retrait des troupes américaines, ce qui sonne comme un désaveu de la politique pourtant visionnaire et courageuse de Jacques Chirac en Irak ;
  le 27 août, devant la conférence annuelle des ambassadeurs, vous subordonnez la politique européenne de défense à l’OTAN, parlant de « complémentarité » alors que la raison d’être de cette dernière a toujours été de s’y substituer. Sur l’Iran et l’Irak vous suivez les Etats-Unis. 


  Sur la Turquie, dont l’intégration à l’UE est ardemment défendue par Washington, vous venez d’accepter l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation en contradiction avec vos engagements de campagne. Au-delà de ce virage à 180°, vous avez même autorisé votre Ministre, M. Jouyet, à tester la proposition de supprimer le référendum obligatoire pour toute nouvelle adhésion à l’Union européenne ;
  trois jours plus tard les mirages français en Afghanistan sont transférés d’une base civile gérée par l’armée de l’air française à une base OTAN sous commandement américain à Kandahar ;
  le 26 juillet vous prononcez à Dakar un discours qui blesse profondément les Africains en vous livrant à une exégèse de leurs supposés défauts naturels ;
  le 11 septembre votre Ministre de la Défense appelle à ne plus, je le cite « chipoter et barguigner » avec l’Alliance atlantique. Pour la première fois sous la Vème République, un ministre de la Défense ose faire l’éloge de la soumission et de la dépendance demandant même à la France, je le cite encore, d’être « le bon élève de l’OTAN » afin « d’en tirer les bénéfices ». 


 09fdaebc8da544f219dc1d4712948968.jpg enfin, pour couronner le tout, le 16 septembre, votre ministre des Affaires étrangères se prend les pieds dans le tapis en brandissant une « vraie fausse menace de guerre » contre l’Iran, allant au-delà même de la ligne dure défendue par Washington !

Si l’on ajoute le projet de ratification du protocole de Londres sur la fin de la traduction des brevets qui sonne la mort de la langue française dans le domaine économique, on perçoit bien qu’il ne s’agit plus d’une dérive, mais bien d’une rupture aux lourdes conséquences pour la France. Une triple faute.

Faute à l’égard du peuple français à qui vous avez dissimulé cette rupture pendant la campagne et qui n’a jamais demandé de mettre fin à un consensus national bâti au fil du temps, depuis le Général de Gaulle à Jacques Chirac en passant par François Mitterrand.

Faute à l’égard du peuple américain qui, au moment où il se détache de Georges Bush et reconnaît, après l’avoir conspuée, la justesse de la position de la France, ne comprend pas votre fascination pour celui qui a menti au monde. L’exemple de Messieurs Berlusconi ou Aznar démontre, s’il en était besoin, qu’on ne gagne jamais à être le supplétif zélé d’une puissance, même amie.

Faute, enfin et surtout, à l’égard des intérêts et de l’image de la France qui bénéficie bien plus qu’on ne l’imagine du respect de peuples appréciant à sa juste valeur la liberté de parole et d’action de notre pays.

Ne voulez-vous donc pas voir, Monsieur le Président, que l’indépendance de la France est indissociable de sa vision du monde ? C’est parce que nous avons bâti notre force de frappe, déployé nos moyens et que nous sommes sortis de l’OTAN, que nous pouvons porter une vision politique originale. Et c’est aussi parce que le Général de Gaulle et ses successeurs ont anticipé le monde multipolaire du XXIème siècle, qu’ils ont pris soin de se donner les moyens de l’indépendance.

C’est cette cohérence entre nos moyens, nos intérêts et notre idéal, qui grandit notre pays et fait donc sa force.

Oui, Monsieur le Président, ce serait un comble de nous voir revenir à la politique de vassalité de la IVème République, détricotant 50 ans d’efforts alors même que les peuples ont plus que jamais besoin d’une France libre pour dessiner les contours d’un monde plus humain.

A moins de se renier, la France ne peut renoncer au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qu’elle a toujours défendu, pour les autres autant que pour elle-même.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

Source:  http://resistancegaulliste.hautetfort.com/

Publié dans Divers

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Philippe 10/10/2007 12:06

Un petit commentaire ironique sur la logique sarkozyste, en lien avec la lettre de Nicolas Dupont-Aignan,

Mme Lagarde, Ministre du gouvernement, vient de rappeler à des députés qu'elle souhaiterait ne pas trop gêner EADS dont des ex-dirigeants, avec Thierry Breton maintenant, sont au centre d'un scandale potentielle de nature financière, scandée de mensonges d'Etat possibles.

Elle justifie son souhait moral d'aider EADS à combattre la concurrence de la société américaine BOEING.

On pourrait croire qu'elle serait donc une partisane du "patriotisme économique" cher à Dominique de Villepin.

Mais, est-ce bien le cas?

La même Ministre qui soutient donc EADS contre BOEING au nom de la concurrence dure de ce dernier soutient d'un autre côté ouvertement la société BOEING qui fait cause commune maintenant, avec l'appui de la Ministre, avec le groupe français THALES pour vendre du matériel militaire au gouvernement britannique!

Cherchez la logique et la cohérence de ce gouvernement.... et de sa Ministre.

BOEING gagne donc au tirage des "affaires de stock-options" contre EADS sur le marché mondial des avions de ligne et au grattage avec THALES pour le matériel militaire.

La cause de BOEING est assurément bien assurée ainsi.

Vous avez entendu le mot "rupture" dans la bouche de Nicolas Sarkozy? Assurément, en faveur des sociétés américaines et de la politique belliciste du Président US désavoué par 2/3 de ses propres citoyens!

A quand le Président français désavoué massivement par l'opinion publique du pays?

jc 09/10/2007 22:50

Bon l 'article est un copier-coller de mon blog mais je vous en veut pas si vous venez voir le dernier article sur BHL
http://resistancegaulliste.hautetfort.com/

laetimeg 09/10/2007 13:45

Je ne suis pas toujours d'accord avec les idées et le positionnement de DUpont-Aignan, mais là, je dois admettre qu'il résume bien la situation dans laquelle Sarkzy nous empêtre et dont aujourd'hui le peuple français n'a pas conaissance et conscience des conséquences sur le long terme.
Comme je l'ai dit sur le Blog "Halte au complot contre Villepin" il y a quelque temps, Sarkozy et sa cour tente de nous faire, une france américaine, avec ses méthodes, sa vision et son idéologie. Comme Berlusconi qui voulait faire de l'Italie une "petite" Amérique...
Sarkozy se comporte comme un enfant qui regarde des séries US. Il voudrait que ce soit comme là-bas...
Mais il semble avoir oublier que La France ce n'est pas les US. Nous avons une Histoire, une mentalités et ...des réactions différentes!!!
Qu'il continue comme ça, il va s'en mordre et je dirai même se cramer les doigts et nous avec.
Vous pouvez donc maintenant comprendre que j'apprécie tant Villepin qui lui au moins "nous respecte et se respecte" et qui a vraissemblablement plus de 15 ans dans sa tête de télespectateurs lobotomisés.
On peut aprécier quelque chose sans être obsédé ou croire que l'on peut faire du copié-collé à l'infini sans de lourdes conséquences...