Lundi 8 octobre 2007
Durant votre campagne présidentielle vous avez, en prononçant de très beaux discours sur la place de la France dans le monde, démenti ceux qui comme moi je le reconnais, vous taxaient d’atlantiste !

Malheureusement pour notre pays, il semblerait aujourd’hui que nous n’avions pas tort.

Le temps des discours lyriques inspirés par H. Guaino paraît déjà bien loin. Ne s’agissait-il alors que d’une posture pour endormir les Français ?

En un mois vous avez tourné le dos à près de 50 ans de politique extérieure de la France !

e679c05805a8075698956826f1c21c8e.jpgDepuis ce fameux déjeuner de vacances dans la résidence de la famille Bush à Kennebunkport, vos prises de position se multiplient prônant un alignement enthousiaste non pas seulement sur les Etats-Unis mais, pire, sur la politique de son Président aujourd’hui contestée par 70% des Américains eux-mêmes !

Vous êtes un homme trop avisé pour que je puisse croire à une succession de maladresses de la part de vos ministres.

  le 19 août Bernard Kouchner se rend à Bagdad sans demander le retrait des troupes américaines, ce qui sonne comme un désaveu de la politique pourtant visionnaire et courageuse de Jacques Chirac en Irak ;
  le 27 août, devant la conférence annuelle des ambassadeurs, vous subordonnez la politique européenne de défense à l’OTAN, parlant de « complémentarité » alors que la raison d’être de cette dernière a toujours été de s’y substituer. Sur l’Iran et l’Irak vous suivez les Etats-Unis. 


  Sur la Turquie, dont l’intégration à l’UE est ardemment défendue par Washington, vous venez d’accepter l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation en contradiction avec vos engagements de campagne. Au-delà de ce virage à 180°, vous avez même autorisé votre Ministre, M. Jouyet, à tester la proposition de supprimer le référendum obligatoire pour toute nouvelle adhésion à l’Union européenne ;
  trois jours plus tard les mirages français en Afghanistan sont transférés d’une base civile gérée par l’armée de l’air française à une base OTAN sous commandement américain à Kandahar ;
  le 26 juillet vous prononcez à Dakar un discours qui blesse profondément les Africains en vous livrant à une exégèse de leurs supposés défauts naturels ;
  le 11 septembre votre Ministre de la Défense appelle à ne plus, je le cite « chipoter et barguigner » avec l’Alliance atlantique. Pour la première fois sous la Vème République, un ministre de la Défense ose faire l’éloge de la soumission et de la dépendance demandant même à la France, je le cite encore, d’être « le bon élève de l’OTAN » afin « d’en tirer les bénéfices ». 


 09fdaebc8da544f219dc1d4712948968.jpg enfin, pour couronner le tout, le 16 septembre, votre ministre des Affaires étrangères se prend les pieds dans le tapis en brandissant une « vraie fausse menace de guerre » contre l’Iran, allant au-delà même de la ligne dure défendue par Washington !

Si l’on ajoute le projet de ratification du protocole de Londres sur la fin de la traduction des brevets qui sonne la mort de la langue française dans le domaine économique, on perçoit bien qu’il ne s’agit plus d’une dérive, mais bien d’une rupture aux lourdes conséquences pour la France. Une triple faute.

Faute à l’égard du peuple français à qui vous avez dissimulé cette rupture pendant la campagne et qui n’a jamais demandé de mettre fin à un consensus national bâti au fil du temps, depuis le Général de Gaulle à Jacques Chirac en passant par François Mitterrand.

Faute à l’égard du peuple américain qui, au moment où il se détache de Georges Bush et reconnaît, après l’avoir conspuée, la justesse de la position de la France, ne comprend pas votre fascination pour celui qui a menti au monde. L’exemple de Messieurs Berlusconi ou Aznar démontre, s’il en était besoin, qu’on ne gagne jamais à être le supplétif zélé d’une puissance, même amie.

Faute, enfin et surtout, à l’égard des intérêts et de l’image de la France qui bénéficie bien plus qu’on ne l’imagine du respect de peuples appréciant à sa juste valeur la liberté de parole et d’action de notre pays.

Ne voulez-vous donc pas voir, Monsieur le Président, que l’indépendance de la France est indissociable de sa vision du monde ? C’est parce que nous avons bâti notre force de frappe, déployé nos moyens et que nous sommes sortis de l’OTAN, que nous pouvons porter une vision politique originale. Et c’est aussi parce que le Général de Gaulle et ses successeurs ont anticipé le monde multipolaire du XXIème siècle, qu’ils ont pris soin de se donner les moyens de l’indépendance.

C’est cette cohérence entre nos moyens, nos intérêts et notre idéal, qui grandit notre pays et fait donc sa force.

Oui, Monsieur le Président, ce serait un comble de nous voir revenir à la politique de vassalité de la IVème République, détricotant 50 ans d’efforts alors même que les peuples ont plus que jamais besoin d’une France libre pour dessiner les contours d’un monde plus humain.

A moins de se renier, la France ne peut renoncer au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qu’elle a toujours défendu, pour les autres autant que pour elle-même.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

Source:  http://resistancegaulliste.hautetfort.com/

par rezeid publié dans : Divers
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

RentréeLittéraire

Dominique de Villepin :

"Le Soleil noir de la puissance"

blog d'artiste sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus