"Ensemble avec Dominique de Villepin"
Villepin nie toujours avoir donné le moindre feu vert à Gergorin en vue de transmettre, en mai 2004, des listings bancaires au juge Van Ruymbeke. Gergorin, soutenu par Rondot, maintient mordicus le contraire. Persuadé d’obtenir un non-lieu en matière de dénonciation calomnieuse (car il ignorait la fausseté des listings lors de leur remise par voie anonyme),Villepin tient surtout à se défendre de la moindre malgouvernance: «Le souci commun du président de la République et du gouvernement était d’être irréprochables quant aux actions engagées. Mais le choix était d’autant plus complexe que la situation était confuse»…
Il revient longument sur la saisine de la DST, l’été 2004, Villepin ayant alors déménagé du Quai d’Orsay vers la place Beauvau - et Sarkozy de Beauvau à Bercy. C’est le principal point faible de sa défense: la justice étant alors saisie (avec ou sans sa bénédiction, peu importe), pourquoi mandater une enquête parallèle au contre-espionnage? Et pourquoi pas en avoir transmis le résultat à la justice?
Villepin affirme que la mission de la DST était purement «administrative», que ses «informations ont été partagées au plus haut niveau de l’Etat puisque, à chaque étape, le président de la République et le Premier ministre ont été tenus informés des recherches de la DST.» Coucou, revoilà Raffarin, enfin mis au parfum.
Quant à la non-transmission des rapports de la DST à la justice, Villepin s’en justifie au motif que le service «ne disposait pas d’informations suffisement probantes pour mettre en cause quiconque». Il n’aurait fait preuve que de «prudence».
La logique villepinienne se tient, mais pourquoi alors glisser, au détour de sa démonstration, cet extrait d’une note Rondot, selon laquelle «la DGSE a paniqué qu’on tombe sur les comptes Chirac et Hariri», l’ancien Premier ministre du Liban, intime du Président français? Dissuation atomique? A propos de la fameuse mention, «si nous apparaissons le PR et moi, nous sautons», Villepin dément mollement, affirmant qu’elle est «sortie de son contexte».
L’essentiel du fiel est réservé à Nicolas Sarkozy (lire ici), informé en temps réel des manœuvres en cours, qu’il accuse d’avoir «instrumentalisé» la justice par une victimisation à outrance: «Dès juillet 2004, lui-même et son entourage ont laissé se développer une campagne» en vue de «désigner le Président et moi-même.» Après le complot chiraquien contre Sarko, place au complot sarkozyste contre Villepin. Match très nul.| Mai 2008 | ||||||||||
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