Dominique de Villepin inquiéterait-il l'exécutif ?

Publié le par rezeid

Dominique de Villepin inquiéterait-il l'exécutif ? Alors que l'affrontement à distance entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin s'est poursuivi ces derniers jours sur le terrain de l'affaire EADS (lire page 21), plusieurs membres du gouvernement sont montés hier au créneau pour tenter de décrédibiliser la parole de l'ancien Premier ministre. Eric Woerth, le ministre du Budget, a affirmé hier que Dominique de Villepin n'avait « pas de leçon à donner » en matière de gestion budgétaire puisque « les réformes qu'il avait engagées n'ont pas été appliquées ». « Déjà qu'il ne m'intéressait pas beaucoup quand il était dans les allées du pouvoir alors maintenant qu'il est dans les contre-allées... », a-t-il asséné sur Radio J. « Si vous voulez être audible, c'est bien d'être élu », a renchéri sur Europe 1 le ministre du Travail, Xavier Bertrand. Cela n'a pas empêché l'ancien locataire de Matignon de prendre à nouveau Nicolas Sarkozy pour cible. Au Grand Jury RTL-« Le Figaro »-LCI, il a dit craindre que la rupture promise ne se traduise que par des « demi-réformes », prévenant que l'exonération des heures supplémentaires n'est « pas une mesure miracle » et « ne créera sans doute pas de pouvoir d'achat ». Il a réitéré son opposition aux tests ADN, y voyant un risque d'« instrumentalisation » de l'immigration, déploré « la tentation d'un rapprochement, et peut-être un peu plus, avec l'administration Bush ». Et ironisé sur le bilan de la visite de Nicolas Sarkozy en Russie. « La vie internationale obéit aux règles de la pesanteur. Si on est en apesanteur, on est forcément surpris de la façon dont ça marche. »

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Philippe 16/10/2007 12:44

Les robots-parleurs de la Sarkozye,

Xavier Bertrand et Eric Woerth, qui sont à l'indépendance de la pensée ce que la vassalité était au suzerain des temps médiévaux, se sont exprimés.

Après Eric P, qui avait eu sur ce blog la primeur de ce que certains appelleraient avec ironie un "argument de poids plume"- à tout seigneur de la primeur, l'honneur de la valeur- les dévoués vassaux de la Sarkozye viennent expliquer que la liberté d'expression en France serait réservée exclusivement à celles et ceux qui auraient été élus!

Ce retour vers le passé aux relents monarchistes, vers une sorte de suffrage censitaire qui ne dit pas vraiment son nom, est d'un intérêt certain pour les ci-devant petits marquis de la Sarkozye.

Mais seulement pour eux!

Comme de plus il semble que la "cellule de communication" de l'Elysée soit en manque d'idées contre les positions publiques qui font monter Dominique de Villepin alors que le monarque Nicolas 1er accumule erreurs, échecs, scandales et reculs, voilà que les amis d'Eric P, qui est à ce blog ce que l'écume momentanée des petites vagues est à l'Océan immense, apporte un nouvel "argument": Dominique de Villepin devrait se taire, se mettre au garde à vous comme nombre de journalistes et gens des médias, adorer le maître de l'Elysée, le Timonier génial, sous peine de gêner la "majorité sarkozyste".

Voire faire de la peine à cette "majorité"...A cette vitesse là, les adorateurs du Président vont transformer l'UMP en Parti de type stalinien où tout débat sera interdit, toute discussion prohibée et les refuzniks nouveaux exclus du Parti unique sarkozyste d'une main de fer avec des oukazes quais-martiaux.

En filigrane des déclarations de MM. Woerth et Bertrand, on voit transparaître un processus de la pensée, et derrière celle-ci, le sort peu enviable des "opposants" au Petit Père du Peuple dans l'ex-URSS, chassés de partout, emprisonnés, calomniés, diffamés, victimes de procès truqués, éliminés de la vie politique par tous les moyens.

Bref, en Sarkozye, il ne faudrait entendre qu'une seule et unique Voix, celle du chef vénéré, apportant au bon peuple la vérité révélée que lui seul détient, à l'exclusion de tout autre citoyen.

Certes, les citoyens pourraient à juste titre se dire que la démocratie est assez mal assurée par de tels gens qui ne veulent que jouer le petit rôle qu'une célèbre publicité ancienne rendit populaire: "la voix de leur maître".

Pierre Desproges avit eu cette maxime qui, dans la situation décrite ici, trouverait peut-être des personnes qui pourraient s'y reconnaître: " la position à plat-ventre est fort inconfortable pour lécher la main flatteuse- (quoique souvent méprisante)- du maître. Elle oblige à des contorsions douloureuses".

Le plus étrange de tout cela est que des amis du Président ressentent le besoin de venir médire de Dominique de Villepin sur ce blog. Qu'est ce qui les démange et les dérange à ce point?

Ils ne manquent pourtant pas de gens à plat-ventre dans les grands médias pour accomplir cette tâche si difficile pour eux: interdire toute divergence d'opinion, salir et dénigrer toute personne qui marque une différence par rapport au guide de leurs carrières publiques.

Je propose à ces censeurs impénitents de songer à célèbrer un anniversaire qui pourrait avoir en France en 2007 une valeur pédagogique: la déstalinisation de l'URSS en 1957.

La morale devrait pourtant leur apparaître claire:les statues des Grands Commandeurs ne sont jamais éternelles. En Histoire, les chefs passent et s'effacent, le peuple est, demeure et assure son destin collectif.

N'en déplaise à Eric P, et à ses amis ministres et vassaux du Président, le peuple n'est pas prêt d'abandonner la démocratie, de se plier à une nouvelle monarchie de vote censitaire, ni encore moins à accepter la politique de Nicolas Sarkozy.

De gré ou de force, il faudra que nos petits marquis sarkozystes s'y fassent: la démocratie et les libertés qui y sont associées sont toujours là!