Villepin: sous Sarkozy, la présidence "a perdu en concentration sur l'essentiel"

Publié le par rezeid

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a jugé lundi que, depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, la présidence "a perdu en concentration sur l'essentiel, c'est-à-dire le service de la France et le service des Français", et que la présence médiatique des conseillers du chef de l'Etat était "un problème". "Je crois qu'elle a perdu en concentration sur l'essentiel, c'est-à-dire le service de la France et le service des Français et qu'il faut revenir à cet essentiel", a déclaré l'ancien chef du gouvernement lors de l'émission "Le Franc-Parler" sur France-Inter et itélé. "Je pense qu'il est bon que la France mette ce qu'elle a toujours été, c'est-à-dire une ambition, au-delà de tout. Les hommes passent, la France reste". Interrogé sur la "peoplisation" de la vie politique, Dominique de Villepin s'est prononcé "pour moins de personnalisation, davantage de défense du bien public, davantage de défense des intérêts de la France, davantage de défense des projets et de la vision de la France" Il a également estimé que la prise de parole fréquente des conseillers de Nicolas Sarkozy était "un problème". "Dans la Constitution de la Ve République, c'est vrai que les conseillers n'ont pas vocation à s'exprimer publiquement. Nous avons là un changement par rapport à cette conception traditionnelle de la Ve", a-t-il expliqué. "C'est un changement, à mon avis, qui est source de dérives". Selon lui, que la présence médiatique des conseillers "soit l'expression de différences, et donc, que cela conduise à des arbitrages et que cela puisse placer le président de la République ou tel et tel responsable politique dans une situation difficile" constitue "un problème". "Nous sommes évidemment devant un problème. Il appartient au président de la République de trancher cette question", a-t-il jugé.

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Bruno 01/03/2008 17:11

Bravo pour les positions prises par DdV et par le charisme qu'il dégage.
La présidence "a perdu en concentration sur l'essentiel", j'irais beaucoup plus loin :

Monsieur le Président de la République.

Vous me faites peur. Oh non, pas peur comme une crainte freudienne enfouie dans mon inconscient ou une phobie idéologique, mais une peur certaine dont le registre chromatique va de la peur bleue aux idées noires pour notre pays.

Face à votre action des premiers mois de votre mandat, j'ai l'impression que notre pays a été dupé par un mal élu sous le masque du mieux. Je ne voyais pas la direction de la République, de la Nation, de la France sous ce visage plus messianique que pragmatique.

Vous parlez monsieur le Président, parler est-il agir ? Je sais. Il n'est pas aisé de diriger une grande démocratie comme la nôtre mais cette gestion du pays doit-elle absolument passer par un "négationisme" de ce qui fait la spécificité française, de sa gaudriole à sa pensée philosophique reconnue universellement ?

L'ouverture systématique ou système de l'ouverture pour mieux aliéner les forces vives de notre nation, le terreau de nos meilleurs penseurs ou analystes comme en leur temps d'illustres figures de notre grande histoire de France est une arme politique dont vous usez et abusez afin de disperser les différents référents de nos concitoyens, perdus entre une droite polymorphe et une gauche monolithique.

Vos projets, vos ambitions pour la France me renvoient à l'image d'une réaction en chaine qui ne sera plus maitrisable sous peu. Le galet plat que lance l'enfant au plus ras du lit de la rivière, essayant de faire le maximum de ricochets sans se préoccuper des ondes qui perturbent le cours naturel de l'eau vive qui s'écoule. Combien seront-ils de l'insecte en repos posé sur le glacis de cette eau pure au poisson attendant l'insecte qui devait le rassasier et qui effrayé s'est envolé alors que le pêcheur lui attendait depuis longtemps le poisson? Il aurait du passer là mais faute de pouvoir se nourrir, il est parti ailleurs comme délocalisé.

Votre politique crée le chaînon manquant, entre le gagnant-gagnant et le perdant-perdant en élevant le dogme du libéralisme , comme d'autres en d'autres temps le dogme d'un internationalisme prolétaire, en statuaire républicain d'un nouveau 21ème siècle.

Mais la République se doit d'être autre chose qu'un flot ou flux de réformes, de propositions , de décrets ou de lois ; elle se suffit à elle même. Ses forces vives n'ont pas attendu vos programmes, vos changements de cap, non dans la tempête mais bien avant de quitter l'avant-port. Ces forces vives que vous exhortez, vous allez peu à peu les supplanter par d'autres forces plus viles, les augures du pouvoir dont les corbeaux seront celles d'un néo-libéralisme où le capitalisme d'avant 1936 fera figure de politique économique sociale-démocrate.
Regardez autour de vous, je vous en conjure. La France va mal et le français est atteint d'une maladie telle que votre trithérapie (travail, effort, abnégation) ne fera qu'empirer la pathologie grave dont souffrent la majorité des citoyens français.

Nous ne sommes plus à une époque où pain, vin et jeux suffisent, mais où des droits fondamentaux doivent être maintenus ou redécouverts, pour ne pas dire inventer au sens archéologique du terme.

Redonnez espoir aux Français par votre implication directe dans une réforme humaniste de notre société (même si Erasme écrivait que l'humanisme est un utopisme).
Politique de civilisation, l'idée n'est pas saugrenue, mais bien avant de parler de civilisation qui porte en sons sein un caractère très restrictif - quelle civilisation ? - ne vaudrait-il pas mieux évoquer une politique de la fraternité un des triptyques du fondement de la République.
Je n'ai pas vocation à vous faire des propositions, mais simplement quelques conseils en guise de réflexions apéritives pour mieux digérer les briques du mur vers lequel votre politique risque de se diriger.

L'acceptation du citoyen français avec ses contradictions et ses nombreuses tentatives gaillardes pour profiter d'un système que vos prédecesseurs ont favorisé.
L'aider à devenir un autre citoyen en lui redonnant confiance en lui même, en son avenir et plus loin en son devenir. La pléthore, les effets de manche et d'annonces nuisent à votre crédibilité intrinsèque. Le français n'est pas anglo-saxon, ni latin, il est lui-même. Malgré son esprit retors, il aime la stabilité que ce soit dans le logos que dans le pathos, il faut lui laisser croire que cela vient de lui par l'entremise du pouvoir. De Gaulle l'avait très bien compris en d'autres temps lors de la création de la Vème république qui j'espère trouvera en vous un digne héritier.
Et pour paraphraser Jaurès que vous appréciez il me semble :
La gloire de Nicolas Sarkozy sera d'être le plus net, le plus puissant de ceux qui mettront fin à ce qu'il y a d'empirisme dans la pensée républicaine, à ce qu'il y a d'utopisme dans la pensée française.

boudersa maamar 20/02/2008 14:43

De Villepin a bien posé le diagnostic. En élisant Sarkosy à la présidence de la République, les Français ont soulevé le couvercle qui protégeait la 5ème république. Sarkosy est un vrai problème de la république et non de sa présidence. Tous les cancres et les incompétents compensent par les mouvements théatrales permanantes. Les comédiens aiment séduire et faire rire les spéctateurs. Sarkosy a confondu électeurs et téléspectateurs. IL est dans son rôle de comédien politique et non d'acteur.

Vibia Galla 08/02/2008 00:49

Merci Radidja de cette référence. J'apprécie beaucoup Azouz Begag et il faudra que je lise son livre.

Radidja 06/02/2008 10:25

Je vous renvoie au livre d'Azouz Begag qui vient de paraître et que je commence à peine :
"Moi non plus, du reste, je ne comprends pas tout. Pourquoi diable le Président et le Premier Ministre ont-ils fait le lit d'un homme qui maintenant les méprise et les combat ? Il n'est pas de ma famille politique à moi. Du reste, de famille politique je n'ai que mes convictions et ma liberté d'écrire et de parler."

Des lignes que je fais miennes.
Bien à vous.
Radidja JOLIVET.

Vibia Galla 05/02/2008 23:47

Je ne partage pas les visions critiques sur le soutien de DV à NS lors de la présidentielle. Je pense que, bien que n'ayant pas la même philosophie du pouvoir, DV a sincèrement estimé que NS était le seul candidat capable de poursuivre une partie de la tâche qu'il avait commencé à entreprendre.