Suivre le procès en direct la défense de Dominique de Villepin

Publié le par rezeid

11 h 05

C'est le gros morceau de la journée : la plaidoirie de la "dream team" de Villepin. C'est d'abord Maitre Brossolet qui va parler.

 

Maitre Brossolet : j'ai trop à vous dire. Ma première ambition est de vous montrer que l'accusation n'est pas construite très sérieusement. Les juges s'appuient sur la parole de trois personnes : celle de Gergoirn, de Lahoud et de Rondot.

D'abord celle de Gergorin. Gergorin ment continuement, dit l'ordonnance des juges d'instruction. Mais il lui arrive de dire la vérité : lorsqu'il dit que Villepin a donné une instruction, quand il dit l'avoir joint le 25 mars, quand il dit que Villepin connaissait Lahoud. Bref, le partage de la parole de Gergorin est simple. Il ne dit jamais la vérité. Sauf quant il s'agit de mettre en cause Villepin. C'est simple, voire simpliste. Lahoud est le menteur tous azimuths. Sauf quatre fois. Quant il charge Villepin. Même critère pour la parole de Gergorin


Rondot, c'est le témoin canonique qui dit toujours la vérité. Il ment tout le temps. Sauf une fois, une seule fois. Quand il charge Villepin. Là, il dit la vérité. Il y a quelque chose qui est la décence juridique. On ne peut pas faire cela. Le principe de l'accusation c'est le préjugé, les œillères, le plus court chemin vers l'injustice.

Rondot fait part de ses doutes, on oublie la demande de Villepin de vérifier. Dans un exercice de schyzophrénie juridique. Le 14 avril la remise de décoration. Un aparté. Ce qui m'intéresse c'est le surréalisme de la scène. Vous avez un auteur de l'infraction qui se présente auprès de son complice, Villepin, et qui ignore que c'est son complice car il se présente de bonne foi. C'est une curieuse de retenir cette scène en supprimant tout ce qu'elle détruit de l'accusation.


Il y a mieux. A l'automne 2003, l'ordonannce dit que Gergorin se rend coupable de dénonciation calomnieuse. Le 1er janvier, Gergorin voit le ministre. Il y a deux solution : soit il met le ministre au parfum. Soit il ne dit rien. Donc soit je suis de bonne foi, soit je suis complice. Voilà la logique de l'accusation. Dans l'ordonnance, on n'a pas voulu faire le choix. On dit, il est de bonne foi. Mais il est de mauvaise foi. Voilà l'équilibre incohérent. Il faut donc reprendre les faits et s'interroge sur le témoignage de Rondot.


C'est un homme bien, Rondot. Mais dans ce dossier, il a des raisons de mentir, en tout cas de ne pas dire la vérité. Dans l'affaire, Rondot refuse de témoigner. Il fait du chantage en demandant le statut de témoin assisté. Ses droits sont-ils menacés ? Non. Il n'est soupçonné de rien. On lui accorde ce statut qui lui permet d'accéder au dossier. C'est un témoin qui connaît toute la procédure. Qui prépare son témoignage. Vous en connaissez beaucoup des témoins qui témoignent en connaissant toute le dossier ? Ce n'est en aucun cas un témoignage !!

Rondot est un homme qui a détruit des preuves qui intéresse une instruction en cours. Il le sait. Drôle de témoin. Il écrit un rapport de couverture en 2005 à son ministre. Et il ne veut pas que ce rapport soit diffusé. Et vous avez un général qui affirme qu'il n'a pas fait de rapport. Vous avez un général qui ment. Lorsqu'il commente ses propres notes. Débarrassé du serment par son statut de témoin assisté. Rondot est un homme ambitieux en fin de critère qui est aveuglé par la capture de Ben Laden, c'est pour cela qu'il maintien des relations avec Lahoud.

Il y a des notes Rondot mais pas d'enquête Rondot. C'est un témoin qui a un rapport très singulier aux instruction qu'on lui donne. Il refuse contre les ordres donnés de faire intervenir la DGSE !!


11 h 26


Maitre Brossolet, dans une belle plaidoirie, poursuit son entreprise de démolissage de Rondot. Il marche dans le prétoire, porté par ses mots.

 

Maitre Brossolet : Il refuse de suivre des instructions pour des raisons qui sont les siennes. Cela donne à rire !!! C’est quant même singulier. Vous ne pouvez pas l’accepter. Il dit il me faut mes notes et ce qui n’est pas dans mes notes n’a pas existé. Prenons la note «si nous apparaissons, le PR et moi, nous sautons». C’est 15 lignes pour un entretien d’une heure !! Il faudrait en savoir plus sur cet entretien ! C’est cela la justice ? C’est cela faire la preuve d’une culpabilité ? Nous avons perdu l’esprit ! Ce n’est pas cela une preuve judiciaire !! Nous notons avec notre subjectivité. Ces notes ne sont pas le chemin de la vérité. Rondot d’ailleurs dit qu’elles sont impressionnistes.

Rondot poursuit trois buts : protéger le ministre de la Défense d’avoir connu trop tôt les comptes Nagy et Bocsa et de ne pas l’avoir dit. Le deuxième, c’est de faire croire qu’il a été un enquêteur sérieux, c’est dissimuler la vacuité de son enquête. Troisième objectif, c’est de dissimuler ce qui n’est pas Clearstream, sa relation durable profonde avec Lahoud au-delà du raisonnable. Il n’a pas enquêté sur Clearstream parce qu’il voulait continuer sa relation avec Lahoud. C’est beau comme des amours clandestines, la relation entre Lahoud et Rondot. Rondot c’est la vérité reconstruite. On dit qu’il savait que Lahoud est le faussaire alors qu’il lance une opération avec Lahoud et la CIA. On n’a pas beaucoup mis en doute Rondot dans l’instruction. A votre place, je me montrerais très circonspect avant de condamner un homme sur la foi de ses écrits.


Venons en à la réunion du 9 janvier. Vous pouvez relire. Jamais il ne dit qu’il a assisté à la naissance d’une conspiration. Jamais !!

11 h 39


Maitre Brossolet, les cheveux gris en pétard, agite ses lunettes pour scander ses mots. Il interpelle « mon ami Thierry Herzog », l’avocat de Sarkozy, fait un parallèle entre eux.

 

Maitre Brossolet : Il y a une contradiction majeure dans l’ordonnance. Le 9 janvier, Villepin est informé par Gergorin et Rondot des informations en provenance de Clearstream. Comment je pourrais savoir qu’il y ait en cours autre chose ? Posez vous la question !! Où est la mauvaise foi ?? « Enjeu politique Sarkozy ». Et c’est Rondot qui le dit, c’est ce qui se dit dans la presse !!!!! Rondot indique que ses notes sont parcellaires. Tous ce qu’on a écrit sur la réunion du 9 janvier est un fantasme. La réunion n’a duré qu'entre 30 et 35 minutes, le ministre a été interrompu, écrit Rondot. Villepin n’a pas tout entendu. Il n’y a pas de demande de mission à l’issue de la réunion mais une demande d’être informé. Villepin aurait-il pu avoir la prescience que Rondot ne ferait rien et qu’il pourrait ainsi avec Gergorin monter la manipulation ? Il y a en 2002 et 2003 une multitude de réunions entre Villepin et Rondot, c’était normal, le CROS (NDLR : Rondot) est à l’intersection des ministres. Il y a une lettre en 2003, avant le début de l’affaire, où Rondot propose de venir parler à Villeoin d’une mission donnée par MAM. C’était la norme.

J’en viens au 25 mars. C’est formidable, C’est le mensonge du ministre, c’est la garde à vie de Lahoud. C’est l’instruction donnée à un homme, Rondot, qui n’a pas la capacité d’agir par un autre, Villepin, qui sait qu’il n’a pas la capacité d’agir ? Les deux se tutoient. Ils auraient pu parler. Rondot aurait pu dire qu’il ne peut rien faire. L’instruction de Villepin reste lettre morte. Et pourtant il en est question dans un rapport Rondot. Il y a deux problèmes à régler le 25 mars. D’une part, la fantaisie de Gergorin qui a donné un sauf conduit à Lahoud. L’autre problème, c’est la source Lahoud. Rondot dit : on n’abandonne pas une source. Preuve contraire : après six mois de relations, la DGSE coupe avec Lahoud et dit c’est dangereux ! Bien sûr, on peut rompre avec une source. Une source qui n’est pas perdue en Afghanistan, qui a un boulot chez EADS. Rondot est en délicatesse avec MAM depuis juin 2003. Rondot a pris sous sa coupe Lahoud. Il n’a pas à le faire. Et il n’en a rien tiré !


11 h 57


Maite Brossolet : j’en viens au cœur du dossier l’instruction donnée par Villepin à Gergorin d’informer un juge. Cet acte majeur ne prend que quelques lignes dans le dossier. Aucune question ne sera posée par les juges à Gergorin. La date n’est pas fixée par le témoin Gergorin. Il faut revenir au récit. La date d’un acte précis devrait être importante. On aurait dû essayer de cerner cette date. On ne le fait pas. On ne veut pas aller contre quelque chose de trop beau. Le week-end, c’est bien. L’emploi du temps d’un ministre est plus souple. Gergorin dit : c’est soit avant soit après sa décoration. L’auteur de l’instruction c’est aussi celui qui agrafe la décoration. On sait que celui qui donne la décoration c’est celui qui donne une instruction qui « impressionne » Gergorin. On se souvient de la date. On la connaît cette date. Sinon, on signe le mensonge. Il n’y a pas eu de réunion !!! Il n’y a pas eu d’instruction !!! Les juges n’ont posé pas une question sur cette affaire de réunion. Elle est pourtant capitale cette réunion ! Gergorin est un homme fiable !! on le croit sur parole !! Mais elle n’est pas digne cette instruction des juges !!! On traîne dans la boue un homme, Villepin, pour un fait qu'il n’a jamais accompli. Vous pourrez vous arréter là. Il n’y a pas eu d’instruction donnée à Gergorin.



http://www.latribune.fr/actualites/politique/affaire-clearstream/le-proces-clearstream/20091021trib000435499/proces-clearstream-minute-par-minute-suivez-la-defense-de-villepin.html

Publié dans dominiquedevillepin

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daty 29/01/2010 10:25


Encore une fois on remarque la haine de NS envers M de Villepin. Je pense que c'est limite harcèlement même si faire appel est un droit.

Il semble jalouser tout ce que vous êtes, et qu'il n'est pas, le physique déjà, la classe naturelle, l'élégance, la stature, mais aussi culturelle, ainsi que vie personnelle, vous représentez la
stabilité familiale, et on peut ajouter sa façon déplorable de s'exprimer et son besoin d'afficher ses goûts du clinquant.

Il ira sans doute jusqu'au bout du possible afin d'être un obstacle pour les présidentielles, son harcharnement j'espère lui desservira, et que les français ouvriront à temps les yeux.
Je n'ai bien évidemment pas voté pour lui, ses 5 ans comme ministre ont largement suffi.

Je ne suis pas prête à repartir pour 5 ans dans ces conditions, la France devient ridicule.

Bravo Monsieur de Villepin pour ce premier jugement, qui sans nul doute va se renouveler l'année prochaine.

Nous sommes actuellement dirigés par un homme qui paraît mesquin, méchant, haineux


Alain Rivier 29/01/2010 10:08


Comme beaucoup, retraité aussi je suis à votre disposition, déjà membre du Club, je reste disponible en Vendée. La décision du procureur Marin est bien évidement politique. le Président ira
jusqu'au bout de la haine qu'il vous porte. Haine dictée essentiellement par la conscience qu'il prend de la montée de son impopularité et des déceptions qu'il a provoqué chez les français. Nous
sommes à vos cotés et nous nous mobiliserons pour vous aider.


JOLLY JEAN FRANCOIS 29/01/2010 07:41


BRAVO, MONSIEUR DEVILLEPIN, VOUS NOUS REDONNEZ ESPOIR POUR LES PROCHAINES ECHEANCES ELECTORALES. ETANT JEUNE RETRAITE ET DISPOSANT D4UN ESPACE DE LIBERETE DE TEMPS. J'AIMERAI FAIRE PARTI DE VOTRE
CERCLE SUR LE PLAN LOCAL DE TROYES
JF JOLY


Alain Rivier 28/01/2010 20:24


Heureuse nouvelle. Un vrai bonheur ce soir. Dominique, la France et les français ont besoin de vous. Nous alons nous battre à vos cotés pour que ce pays sorte des fanfaronnades et des ses
ballivernes et autres mauvais cous qui lui sont portés. Vos accents gaulliens, ce soiur sur France 2 m'ont fait au coeur et mon fils de 25 ans m'a dit : c'est ce mec là qu'il nous faut et qui
redressera la France ! (sic: langage de leur époque)


chauvé 28/01/2010 18:49


Bravo c'est gagné!
On ne vous verra pas pendu au croc du boucher!
Prions pour le Tribunal qui ne s'est pas rendu aux ordres!