«Je ne me laisserai pas détourner, et je ne laisserai pas détourner le gouvernement de sa responsabilité, qui est de travailler», confie le chef de l'État au «Figaro».
"Ensemble avec Dominique de Villepin"
«Je ne me laisserai pas détourner, et je ne laisserai pas détourner le gouvernement de sa responsabilité, qui est de travailler», confie le chef de l'État au «Figaro».
Comment sortir de la crise actuelle au Proche-Orient ?
Une réunion a été convoquée à Rome sur le Liban. D'abord, elle va avoir pour objet les problèmes humanitaires. Le nombre des victimes, le nombre des personnes déplacées, la destruction massive, notamment au Liban, de tous les équipements nécessaires à la vie créent une situation humanitaire qui devient dramatique et qui exige une réaction de la communauté internationale. Les Américains ont évoqué une somme de 30 millions de dollars, affectée à l'aide humanitaire au Liban. La France, qui est déjà très engagée dans l'aide humanitaire, est décidée à faire un geste important. J'ai demandé que 15 millions d'euros supplémentaires soient affectés à l'aide humanitaire au Liban. Et, comme je l'avais demandé, des couloirs humanitaires vont être créés.
Ce cessez-le-feu comporte deux exigences. D'une part, la sécurité d'Israël, qui doit être assurée, et, d'autre part, l'application réelle, sur le terrain, de la résolution 1559 de l'ONU.
Il n'y aura pas de Liban stable et démocratique, comme c'est sa vocation déjà confirmée, si une partie de son territoire échappe à l'autorité du gouvernement et relève de la seule autorité de milices. C'est ce qu'avait clairement indiqué la [résolution] 1559, et c'est ce qui doit être réalisé.
Tous les Libanais, qui sont un très vieux peuple, une vieille civilisation, qui a surmonté au cours de l'histoire toutes les épreuves possibles, y compris leur propension à se disputer, doivent comprendre qu'il n'y a pas d'Etat stable, démocratique, tel qu'ils le souhaitent, si l'autorité du gouvernement ne s'exerce pas sur l'ensemble du territoire.
Cela implique un retrait du Hezbollah du sud du Liban, un accord sur les fermes de Chebaa et un accord sur un échange de prisonniers, notamment un retour de prisonniers libanais qui se trouvent actuellement en Israël. Tout cela avec ensuite, en appui, une force multinationale pour s'assurer la mise en œuvre de l'ensemble de ces dispositions.
Appelez-vous à un cessez-le-feu immédiat ?
Je le souhaite. Car il n'y a pas de solution militaire à ce problème. Et s'il en était besoin, le drame que vient de vivre la Finul démontre que la situation empire sur le terrain. En frappant la Finul, où servent aussi des soldats français, c'est la force de paix de la communauté internationale qui est atteinte. On ne peut que condamner cette action, qui démontre plus que jamais l'urgence de l'arrêt des combats.
Dans ce conflit, les responsabilités sont évidemment partagées. Ce qui est sûr, c'est que la méthode utilisée, les frappes sur Gaza, d'une part, et sur le Liban ensuite, est à mon avis disproportionnée. D'autre part, je peux comprendre beaucoup de choses, mais je ne crois pas à une solution militaire dans ce genre de conflit.
Un cessez-le-feu, cela veut dire que les conditions en sont réunies. C'est prioritaire. Que ces conditions soient faciles à mettre en œuvre, ça, c'est un autre problème. J'ai parfaitement conscience de sa complexité. Mais, à partir du moment où il n'existe pas de solution militaire, un cessez-le-feu s'impose. Il faut en discuter les modalités.
Entre qui et qui l'accord politique dont vous parlez pourrait-il être négocié ?
Cet accord politique, qui suppose un cessez-le-feu, doit être négocié, d'une part, entre le gouvernement libanais et le Hezbollah, et, d'autre part, entre la communauté internationale, Israël et le Liban.
Vous paraît-il toujours inopportun de qualifier le Hezbollah d'organisation terroriste ?
Ce n'est pas au moment où l'on veut essayer d'avoir un retour du Hezbollah, si c'est possible, au sein de la communauté libanaise et sa transformation en un parti politique qu'il faut soulever des questions de cette nature.
Comment envisagez-vous une force internationale au Liban, et quel serait le rôle de la France ?
La force multinationale suppose des conditions impératives. La première, c'est l'acceptation du cessez-le-feu par l'ensemble des protagonistes. La deuxième, c'est l'acceptation du principe même d'une force internationale par les différentes parties. Et la troisième, c'est que cette force internationale soit sous le chapitre VII de l'ONU.
Le mandat de cette force doit être très soigneusement élaboré. Il y a d'abord un objectif politique, qui est le recouvrement par le gouvernement libanais légal de la totalité de sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire. C'est une condition sine qua non. Il y a aussi un objectif militaire, qui est de donner la possibilité aux forces libanaises, restructurées et aidées, de se déployer sur l'ensemble du Liban, et d'assurer la sécurité du pays.
Cette force d'intervention doit avoir des moyens et des règles d'engagement adaptés à sa mission.
La zone de déploiement doit avoir une dimension cohérente avec sa mission. Sa mission serait de contrôler le cessez-le-feu et d'assurer le respect des frontières, à la fois les frontières israélo-libanaise et syro-libanaise, naturellement. Il s'agit de veiller à ce que la zone d'où le Hezbollah se serait en principe retiré – c'est l'objectif – soit totalement démilitarisée. Et, enfin, la mission de cette force est de s'assurer qu'aucun tir de roquettes, quelle que soit leur nature, ne puisse être effectué sur Israël.
Il faudra par ailleurs traiter de la sécurité de la frontière israélo-palestinienne.
Pour la France, l'OTAN n'a pas vocation à mettre sur pied une telle force. Pour des raisons techniques, mais aussi pour des raisons politiques, l'OTAN n'est pas faite pour ce genre d'intervention. L'OTAN est perçue, qu'on le veuille ou non, comme le bras armé de l'Occident dans ces régions, et, par conséquent, en termes d'image, l'OTAN n'a pas vocation à cela.
Si le Hezbollah refuse le désarmement et si Israël accepte un scénario de règlement du conflit, qui désarmerait le Hezbollah ? La force internationale ? l'armée libanaise ?
C'est une des vraies questions. Je ne pense pas qu'une force internationale, dans l'hypothèse où aucun engagement politique ne pourrait être obtenu, ait la possibilité ou la vocation de désarmer le Hezbollah. C'est au gouvernement libanais de le faire. Ce qui implique qu'il y ait un accord politique. Le Hezbollah est actuellement dans le gouvernement libanais. On peut très bien imaginer, en tout cas souhaiter, que le Hezbollah tire les conséquences de sa présence même au sein du gouvernement, et qu'il se transforme en force politique. D'où la nécessité qu'il y a à avoir un minimum de contacts entre le gouvernement libanais et le Hezbollah. Le Hezbollah, désarmé, a vocation à être une force politique au Liban.
Vous envisagez une force internationale déployée entre Israël et les Palestiniens ?
Nous avons toujours estimé qu'il faudra aussi une forme de présence internationale pour aider à la sécurité de la frontière israélo-palestinienne. Le mandat et le cadre en seront naturellement différents.
La Syrie doit-elle et peut-elle peser sur cette situation au Liban ?
Je serais tenté de parler d'abord de l'Iran, dont la position est encore plus importante que celle de la Syrie. Il y a le problème nucléaire, et puis il y a l'Iran dans la région, et je pense qu'il ne faut pas mélanger ces deux questions. Une négociation est engagée avec l'Iran. Je regrette que l'Iran n'ait pas répondu plus tôt. Je pense que l'Iran doit se soumettre aux règles internationales, et que de ce point de vue il faut qu'il comprenne qu'un accord conforme aux règles de la communauté internationale, c'est-à-dire à la non-prolifération, est dans l'intérêt de tout le monde, et dans son intérêt. Je rappelle que les propositions faites à l'Iran sont substantielles. C'est une coopération complète sur le plan de l'électronucléaire, une coopération économique et un dialogue sur les questions de sécurité dans la région.
J'ajoute que ces propositions, ce ne sont pas les "Trois" [Allemagne, France et Grande-Bretagne] qui les ont faites à l'Iran. Les Américains, les Russes et les Chinois s'y sont associés. C'est donc la communauté internationale dans son ensemble. Nous avons indiqué que s'il n'y avait pas d'accord, il faudrait aller devant le Conseil de sécurité et envisager des formules plus contraignantes, y compris des sanctions. Enfin, nous n'en sommes pas là.
Nous avons été un peu déçus que l'Iran attende pour répondre. Il peut d'ailleurs avoir des problèmes de politique intérieure qui le conduisent à prendre quelques délais, je n'en sais rien, je n'ai pas de jugement sur ce point. Je souhaite beaucoup que l'Iran apporte une réponse positive à l'ouverture qui lui a été faite, parce que ça veut dire en quelque sorte que, d'une façon ou d'une autre – et là on quitte le nucléaire pour passer au régional –, on reconnaît ce qui est légitime : le droit de l'Iran à défendre une position dans la région. L'Iran est une vieille civilisation, un grand pays. Sa préoccupation de compter dans la région est légitime. On ne peut pas faire comme s'il n'existait pas. Il faut que l'on puisse reprendre des relations normales avec l'Iran.
Par ailleurs, dans le conflit actuel, l'Iran a une part de responsabilité. Les informations dont nous disposons prouvent que des armements sophistiqués et des financements sont envoyés par l'Iran, via vraisemblablement la Syrie, au Hezbollah. C'est un problème.
Mais on peut discuter avec l'Iran. Je voudrais vous rappeler que lors des élections au Liban, il y a eu une période où l'on s'est demandé quelle serait la réaction du Hezbollah à l'égard de ces élections. Seraient-elles contestées ? Nous avons eu à cette époque des contacts avec l'Iran. Et je suis obligé de noter que l'Iran a été plutôt coopératif.
Pensez-vous que le déclenchement de la crise, le 12 juillet, porte la marque de l'Iran ?
Je ne veux accuser personne. J'ai le sentiment que aussi bien le Hamas que le Hezbollah n'ont pas pris ces initiatives irresponsables simplement de leur propre chef. Voilà mon impression.
Quant à la Syrie, je crois que c'est un problème un peu différent. La Syrie a, il faut bien le dire, un régime très minoritaire et très particulier, qui est à la fois juge et partie et qui a assez mal pris, après trente ans d'occupation, l'obligation de retirer ses troupes – 15 000 hommes – du Liban. Avec les conséquences politiques, économiques et sociales que cela comportait. Je n'aurais pas sur la Syrie le même sentiment que sur l'Iran.
Ce que peut faire de mieux la Syrie pour se protéger elle-même et protéger sa population, notamment son niveau de vie, son développement, c'est de ne pas chercher à se venger du Liban. Cela risque d'être très dangereux pour elle.
Quelle place pourrait prendre la France dans une force multinationale ?
Je crois comprendre qu'au fond les Etats-Unis, à défaut d'une solution plus efficace, plus rapide ou meilleure, ne verraient que des avantages, ou pas d'autre solution que l'intervention de l'OTAN, c'est-à-dire, en clair, de la Force de réaction de l'OTAN (NRF) qui serait commandée par l'état-major du corps européen composé de l'Allemagne, la France, la Belgique et l'Espagne.
J'ajoute que, d'après ce que nous croyons comprendre, il y aurait de la part des Américains le désir d'un envoi immédiat de cette force, qui serait en quelque sorte chargée d'appliquer le cessez-le-feu.
Je vous ai dit les raisons pour lesquelles je pense qu'il faut d'abord un cessez-le-feu, puis un engagement politique et, à partir de là, une force multinationale sur le terrain, pour les missions que j'évoquais tout à l'heure.
Je le répète, je ne crois pas que l'OTAN en tant que telle soit une bonne solution. Si ce n'est pas l'OTAN, qui est-ce ? Une autre expression de la communauté internationale, c'est-à-dire des nations qui sont volontaires pour constituer une force internationale de cette nature. On peut en trouver un certain nombre, j'en suis sûr.
Qu'on trouve la nation-cadre capable d'assurer le commandement, c'est moins sûr. Parce qu'il n'y a pas beaucoup de nations qui soient prêtes à le faire.
La France serait-elle prête à le faire ?
La France a toujours assumé ses responsabilités au Liban. Elle se déterminera selon un certain nombre de conditions. Nous souhaitons avoir un cessez-le-feu, un engagement politique et une force internationale chargée d'appliquer, dans des conditions strictement précisées, cette politique. A ce moment-là, nous verrons.
On a l'impression dans cette affaire que, malgré les différences, il y a tout de même une assez grande harmonie entre les positions américaine et française…
Nous voulons la paix, cela ne donne pas lieu à discussion. Nous avons, ensemble, en réalité tous les deux, imposé la résolution 1559. Celle-ci n'est pas arrivée par l'opération du Saint-Esprit. C'est le résultat d'une action commune entre les Etats-Unis et la France. C'est un élément déterminant de la stabilité dans la région. De ce point de vue, nous avons eu une approche commune. Peut-être que nous n'avions pas exactement les mêmes arrière-pensées. Je n'en sais rien. Mais nous avons eu la même action. Cela ne veut pas dire que nous avons toujours la même position.
Sur le désarmement du Hezbollah, il y a donc accord entre la France, les Etats-Unis et Israël ?
Sur la nécessité d'appliquer la 1559, il y a un accord général.
La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a dit que le temps est venu d'un "nouveau Moyen-Orient". A quel point craignez-vous que les Américains ne poursuivent leur projet de transformation de la région ?
Je ne veux pas préjuger et encore moins faire de procès d'intention. Ce qui est sûr, c'est que l'on ne change pas des régions par la force. Cette crise est le fruit d'une histoire très longue et très complexe. On n'est pas du tout dans la situation de 1982 ou de 1996. Les choses ont évolué. Il y a eu la guerre d'Irak, dont les conséquences sont loin d'être terminées, qui a déplacé en quelque sorte les lignes dans cette région et qui ne les a pas simplifiées, c'est le moins que l'on puisse dire. Cette situation me paraît de plus en plus préoccupante.
Il y a eu une certaine évolution des rapports entre chiites et sunnites, et quelque chose qui m'inquiète énormément, qui est le durcissement entre l'islam mondial et l'Occident. Avec ce que cela comporte comme propension de développement du terrorisme.
Pensez-vous que l'Irak connaît une guerre civile ?
Si ce n'est pas la guerre civile, ce n'en est pas loin. Il y a des affrontements permanents, et ce qu'on pouvait craindre dès le départ, c'est-à-dire un éclatement de l'Irak, qui est la pire des solutions pour la région, est en train, je ne dirai pas de se produire, mais de devenir menaçant. Cela dit, la France n'étant pas impliquée dans cette affaire, il serait malvenu de donner des leçons.
Etes-vous favorable à un retrait américain de l'Irak ?
De l'Irak, sans aucun doute. Le problème est que c'est très difficile, parce que la présence de troupes américaines est à la fois nécessaire et source de préoccupations là-bas. Mais je ne crois pas que l'on puisse avoir une perspective de rétablissement de la paix civile en Irak sans donner aux Irakiens le sentiment qu'ils sont réellement souverains. Je crois qu'il faut, à une date qui reste à examiner, à déterminer, notamment avec les nouvelles autorités irakiennes, que nous soutenons, qu'il y ait une perspective de départ des forces étrangères.
Quels sont les moyens dont dispose la France pour faire prévaloir le scénario que vous avez décrit pour le Liban ?
Je dirai : le bon sens. Cela ne veut pas dire qu'il triomphe toujours. Nous avons dit clairement ce que nous pensions. Nous avons de cette région une certaine connaissance, traditionnelle, historique. Nous bénéficions probablement d'une certaine confiance de la part des Libanais au sens large et également de leur environnement, dans le monde arabe. Et Israël ne peut pas douter un seul instant que, pour nous, sa sécurité est un élément sur lequel aucune concession n'est possible. Cela nous permet tout de même de faire valoir une certaine expérience.
Comment avancer sans dialogue avec la Syrie ?
Il fut un temps où je parlais à Bachar Al-Assad. Je parlais avec son père. Pour ne rien vous cacher, ce dialogue s'est interrompu. C'est lui qui l'a voulu. Et puis je me suis aperçu qu'il ne débouchait sur rien. Que le régime incarné par Bachar Al-Assad me paraissait difficilement compatible avec la sécurité et la paix.
Cela veut-il dire que vous êtes favorable à une politique de "changement de régime" à Damas ?
Je me garderai bien d'ajouter un élément de complexité supplémentaire dans une situation qui ne l'exige pas.
Les deux problèmes, celui du Liban et celui de la Palestine, sont-ils liés ?
Ce sont deux problèmes différents, même s'il y a une problématique d'ensemble. Nous avons évoqué le problème du Liban en rappelant que la clé est la résolution 1559. Pour la Palestine, la clé, c'est de reprendre les discussions, d'abord avec Mahmoud Abbas. Quand il est venu à Paris, puis qu'Ehoud Olmert est venu à son tour, j'avais le sentiment que le dialogue allait repartir. L'un et l'autre m'avaient donné le sentiment qu'ils allaient se reparler et s'engager sur la voie de deux Etats côte à côte, indépendants, à la sécurité et à la viabilité garanties. J'étais plutôt optimiste.
Je me demande jusqu'à quel point le Hamas, dans cette provocation, a été inspiré par l'extérieur. Je n'en sais rien. Ce qui est sûr, c'est que la riposte a été, là aussi, disproportionnée et que tout s'est interrompu. Il n'y a pas d'autre solution qu'une reprise des négociations, qui conduirait peu à peu le Hamas à accepter les trois points qui ont été exigés de lui : renoncement à la violence, reconnaissance d'Israël et acceptation des engagements pris par l'OLP [Organisation de libération de la Palestine]. C'est cela la solution.
Quelle est la responsabilité de Téhéran ?
La situation au Liban et le nucléaire sont deux dossiers séparés et qui doivent être traités comme tels. L'affaire du Moyen-Orient est tout à fait différente. L'Iran a plusieurs préoccupations : s'affirmer comme une puissance – sa volonté de maîtriser les techniques nucléaires en découle – et s'affirmer comme une puissance qui existe, qui compte dans la région.
Cela a deux conséquences. Premièrement, l'Iran veut avoir des relations normales avec le reste du monde, notamment avec les Etats-Unis. Deuxièmement, il veut pouvoir donner son point de vue quand il s'agit des problèmes régionaux, alors qu'il est une puissance régionale importante.
Il est normal d'avoir un dialogue avec l'Iran. Ensuite on en tirera les conséquences. Il n'y a pas de concession possible sur l'affaire nucléaire. C'est pour cela que je dis que c'est un problème à part et qui se réglera si nécessaire au Conseil de sécurité. Pour le reste, tout dépendra du comportement de l'Iran. Je vous ai rappelé son attitude de coopération au moment des élections libanaises. On a vu à ce moment-là l'influence que pouvait avoir l'Iran sur le Hezbollah et sa disponibilité à écouter les conseils de modération qu'on lui faisait. Peut-être que ces choses sont dépassées, mais enfin, la diplomatie est faite aussi de mémoire.
A dix mois de la fin du second mandat de Jacques Chirac, les sondés sont 43% à penser que ses présidences n'ont pas été utiles et 10% à ne pas se prononcer.
Dans le détail, 62% des Français jugent que le bilan du président de la République est "plutôt négatif" dans le domaine de l'emploi, mais 58% ont une opinion plutôt positive de son bilan en ce qui concerne "le rôle de la France dans le monde" et 48% concernant "la sécurité des biens et des personnes".
Par ailleurs, la cote de popularité du président est remonté de cinq points, passant de 22% en juin à 27% en juillet, tandis que celle de son Premier ministre Dominique de Villepin est passée de 22% à 25%.
-sondage LH2 réalisé par téléphone les 7 et 8 juillet auprès de 1.004 personnes.
Sous Chirac une France qui gagne qu'on essaye de dénigrer
"Je le répète, le problème, c'est que nous continuons à agir parce que c'est l'intérêt de la France, et l'intérêt des Français. Et parce que la France est un pays qui compte dans le monde. Vous savez, j'entends tous les commentaires qui sont faits sur la situation de la France. Je voudrais tout de même vous rappeler une ou deux choses. Nous pouvons être fiers de ce que nous sommes et de ce que nous faisons. Et si nous pouvons être fiers, c'est simplement parce que ce sont des Français qui le font. La France aujourd'hui est la cinquième puissance du monde en terme de Produit Intérieur Brut. La France, aujourd'hui, est le troisième exportateur mondial de services. La France aujourd'hui est le deuxième exportateur mondial de produits agricoles. La France aujourd'hui est le deuxième investisseur dans le monde, derrière les Etats-Unis. Et la France est la première terre d'accueil des investissements étrangers, avant les Etats-Unis et juste en même temps que la Chine. Ce sont des résultats concrets. C'est cela la France, c'est cela la France que je vois lorsque je vais défendre ses intérêts à l'étranger. Ce n'est pas "la petite France" que certains traitent avec dénigrement et incompétence ou mauvaise foi. Ce que je vois, c'est une France qui existe, qui a une influence et les quelques références que je viens de vous donner sont suffisamment parlantes. Nous sommes le premier pays pour recevoir les investissements dans le monde, à égalité avec la Chine et avant les Etats-Unis : ce n'est pas rien. Nous avons décidé, il y a cinq ans, de créer un million d'entreprises nouvelles dans un délai de cinq ans. Quand je l'ai annoncé, il y a eu scepticisme et critiques. Nous avons, aujourd'hui, dépassé légèrement le million d'entreprises, ce qui montre bien que les Français sont des gens dynamiques et qui méritent d'être respectés. Parce que tout cela, ce n'est pas le résultat du gouvernement, du Président de la République, qui accompagnent les choses nécessairement, c'est bien le travail, l'intelligence, le talent des Français. Et je voudrais que l'on y pense un peu, aussi, et qu'on les respecte."
Contrat avec Villepin:
"Le Premier ministre, lorsque je l'ai nommé avec le gouvernement, je lui ai donné une feuille de route : essentiellement quatre missions : lutter contre le chômage, pour l'emploi, faire un effort particulier sur la sécurité qui reste une préoccupation majeure des Français, assurer la croissance, aussi bien que possible, dans le contexte international et préparer l'avenir par les réformes et les adaptations nécessaires. Sur l'ensemble de ces points, le chômage a très sensiblement diminué et va poursuivre sa diminution ; la croissance a été reprise, réaffirmée et repartie ; l'insécurité, nous avons connu, certes, des problèmes mais l'amélioration est extrêmement sensible. Les réformes se font. Donc, le contrat du gouvernement a été rempli. Alors, je ne vois pas, au nom de quoi, aujourd'hui, je changerai un gouvernement qui a rempli parfaitement son contrat."
Villepin travaille depuis la crise du CPE: la modernisation du pays en marche avec Villepin
"Que le gouvernement a lancé le plan emploi senior et c'est un problème majeur, compte tenu de la démographie dans notre pays. Qu'il a signé, et c'était un gros, gros problème, l'accord et la convention entre l'Etat, l'ANPE et l'UNEDIC qui va améliorer sensiblement la situation des chômeurs. Qu'il a adopté la loi sur l'actionnariat salarié qui est un élément très important de réformes. Qu'il a fait adopté la loi par le Parlement sur l'immigration. Que nous avons pris beaucoup d'initiatives internationales, notamment sur le problème de la lutte contre le sida dans les pays pauvres. Et, enfin, que le gouvernement a présenté un projet de budget qui, pour la première fois, répond à une exigence fondamentale qui est celle de la diminution de la dette que nous allons laisser à la charge de nos enfants. En trois mois ! Alors, vous dites que c'est un gouvernement qui n'agit pas."
Projet EDF/SUEZ voulu par Dominique de Villepin:
"Il sera adopté à l'occasion d'une session extraordinaire, début septembre. Tout simplement parce que c'est un projet qui s'impose. Et, nous avons, en France, une entreprise majeure dans l'électricité, majeure dans le nucléaire, majeure dans le pétrole, mineure dans le gaz. Et, d'autre part, nous devons avoir une grande ambition, car nous devons assurer nos approvisionnements en matière de gaz. D'où, l'idée d'une fusion entre Gaz de France et Suez, qui d'une part, respecte naturellement l'intérêt des consommateurs, ceux des travailleurs de Gaz de France -le principe même du service publique- mais aussi qui respecte Suez et les 60 000 emplois qui sont menacés et que Suez représente dans notre pays, dans un secteur stratégique, celui de l'eau et de l'assainissement. Naturellement cette fusion n'allait pas de soi. C'est une adaptation au monde moderne qui s'impose selon moi, et selon le Gouvernement. Mais il fallait le temps nécessaire pour discuter. Savez-vous qu'il y a eu 37 réunions entre le ministre chargé de ce problème, c'est-à-dire M. Thierry BRETON, et les organisations représentatives des travailleurs de ces secteurs ? 37 et cela continue. Il faut le temps nécessaire pour s'expliquer, pour convaincre, pour se justifier."
"On peut dire tous ce que l'on veut, mais Villepin reste l'homme de la situation avec lui nous avons avancé de manière considérable. Nous allons continuer de le soutenir car il s'inscrit dans la réalité: le chômage baisse, la croissance repart, le monde avnce la France se modernise et tout cela dérange voilà le vrai problème. Les sarkozystes aujourd'hui et depuis 4 ans ne cessent de dénigrer l'action de Jacques Chirac mais le Bilan est là et il est bon même si l'on veut faire croire le contraire aux Français regardons les chiffres de l'INSEE. Je demande à tous les Français de s'informer des dangers que représente certains hommes politiques de l'UMP.
"Nous attendons le lancement de la candidature de Dominique de Villepin aux Présidentielles seul lui peut incarner le France de demain: une France forte, une France ouverte, une France qui gagne, une France nouvelle,une France Villepéniste. Vive VILLEPIN, Vive la République." le Villepénisme c'est l'action, les résultats, le pragmatisme ce qui est mis en oeuvre depuis maintenant 13 mois avec un succès incontestable."
le blogeur
Le président français Jacques Chirac lors d'une interview accordée à France 2 le 26 juin 2006
Jacques Chirac a renouvelé sa "confiance" à Dominique de Villepin et affirmé que "nous devons poursuivre notre action jusqu'à son terme", lors d'une interview accordée lundi à France 2.
"Le gouvernement a assumé sa feuille de route avec succès, je n'ai aucune raison de l'empêcher de continuer avec détermination son action", a déclaré encore le président de la République.
Il a toutefois conseillé à Dominique de Villepin d'être "plus à l'écoute et d'avoir plus de contacts avec sa majorité parlementaire".
"J'ai donné une feuille de route au Premier ministre, lorsque je l'ai nommé, et au gouvernement" avec "essentiellement, quatre missions", a affirmé M. Chirac pour qui "le contrat du gouvernement a été rempli".
"Lutter contre le chômage, pour l'emploi, faire un effort particulier sur la sécurité, qui reste une préoccupation majeure des Français, assurer la croissance aussi bien que possible dans le contexte international et préparer l'avenir par les réformes et les adaptations nécessaires", a-t-il détaillé.
"Sur l'ensemble de ces points, le chômage a très sensiblement diminué et va poursuivre sa diminution, la croissance a été reprise, réaffirmée et est repartie, l'insécurité - nous avons connu certes des problèmes - mais l'amélioration est extrêmement sensible. Les réformes se font. Donc le contrat du gouvernement a été rempli", a expliqué M. Chirac.
"Je ne vois pas au nom de quoi aujourd'hui je changerais un gouvernement qui a rempli parfaitement son contrat", en a déduit le chef de l'Etat.
Il a cependant reconnu qu'il y avait "sans aucun doute dans la majorité un sentiment d'insatisfaction sur la coopération indispensable, nécessaire, qui s'impose entre un gouvernement et sa majorité", a-t-il déclaré, précisant qu'il avait "attiré l'attention du gouvernement sur ce point".
URGENT INFORMATION: Chirac Lundi 26 juin 2006 sur France 2
Jacques Chirac "définira les actions qu'il entend conduire avec le gouvernement et la majorité dans les mois qui viennent", lors d'une interview lundi soir sur France 2, a-t-on indiqué dimanche dans l'entourage du chef de l'Etat.
"Le président de la République fera un point de la situation et définira les actions qu'il entend conduire avec le gouvernement et la majorité dans les mois qui viennent", a-t-on précisé.Interrogé pour savoir si un remaniement du gouvernement était à l'ordre du jour, l'entourage présidentiel a affirmé que "cela n'a jamais été d'actualité pour le président et ce n'est pas l'objet de l'émission".
"Le président répondra aux interrogations des Français et à moins d'un an de l'élection présidentielle, où l'agitation peut gagner le monde politique, il fixera un certain nombre de repères et rappellera des principes", a-t-on affirmé.
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