Précisions du Premier ministre sur l’affaire des frégates de Taïwan et sur l’affaire Clearstream

Publié le par rezeid

"Le Premier ministre tient à apporter les précisions suivantes sur l’affaire des frégates de Taïwan et sur l’affaire Clearstream.

Il y a deux temps.

Le premier temps, c’est l’affaire des frégates de Taïwan : Dans mes attributions de ministre des Affaires étrangères et dans le cadre des orientations fixées par le Président de la République sur l’affaire des frégates de Taïwan, j’ai demandé le 9 janvier 2004 au général RONDOT de tenter de vérifier la crédibilité des rumeurs relatives à l’existence de réseaux mafieux internationaux et d’intermédiaires pouvant nuire à notre sécurité nationale ou à nos intérêts.

Cet entretien auquel participait Jean-Louis GERGORIN a été l’occasion d’aborder plusieurs questions internationales, en particulier les filières du crime organisé, sur lesquelles le général RONDOT dans sa mission de coordonnateur du renseignement pouvait avoir des éclairages.

J’ai naturellement demandé au général RONDOT de procéder avec prudence et confidentiellement, en veillant à éviter toute instrumentalisation ou manipulation politique : car des noms de personnalités avaient été cités par la presse.

Il ne s’agissait en aucun de s’intéresser à des personnes, mais bien à des réseaux et à des intermédiaires. Nous n’avons jamais parlé de Nicolas SARKOZY comme possible bénéficiaire de compte bancaire à l’étranger : je suis formel sur ce point.

J’ai explicitement demandé au général RONDOT d’éviter de provoquer toute forme de rivalité entre les services susceptible de créer une fixation entre le ministère de la Défense et le ministère de l’Intérieur. Il était essentiel d’éviter toute tension ou rivalité entre différents services de l’Etat comme nous en avions connues dans le passé.

J’ai agi dans le cadre fixé par le Président de la République, visant à moraliser les grands marchés internationaux et à nous prémunir contre toute manipulation ou déstabilisation de nos intérêts économiques. En aucun cas, je veux le dire avec la plus grande force, sur des personnalités particulières.

Ensuite, tout au long de l’année 2004 et de l’année 2005, j’ai eu dans le cadre de mes fonctions des contacts réguliers avec le général RONDOT sur divers dossiers concernant notre sécurité nationale, la situation du Moyen Orient et nos différents otages en Iraq ou ailleurs.

Le deuxième temps, c’est l’affaire des dénonciations calomnieuses de Clearstream :

L’affaire prend en effet une tournure nouvelle au printemps 2004 avec la mention de personnalités politiques, d’industriels et de responsables des services de renseignement dans une liste de titulaires de comptes.

Comme ministre de l’Intérieur, j’ai été amené à demander des vérifications à la DST.

La DST a conclu à l’absence d’éléments concrets et probants sur les auteurs de cette manipulation.

J’ai demandé au directeur de la DST de communiquer aux autorités judiciaires les conclusions qui m’avaient été remises.

Pour conclure, je ferai quelques observations personnelles : Ma première préoccupation c’est que la justice fasse droit à toutes les personnes injustement citées dans cette affaire et qui se sentent légitimement blessées : je l’ai dit hier à Nicolas SARKOZY.

Comme Premier ministre, je suis profondément choqué par certains amalgames et par la mise en cause de l’Etat et de ses services.

Je ne doute pas que toute la lumière sera faite par la justice sur cette affaire."

Publié dans dominiquedevillepin

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