Villepin veut sa part du marché russe

Publié le par rezeid

commerce Le premier ministre est arrivé hier à Moscou pour une visite de 24 heures destinée à renforcer la coopération économique franco-russe.

«LES entreprises françaises sont trop frileuses. C'est dommage, car le marché russe explose.» René André, président du groupe d'amitié parlementaire franco-russe depuis dix ans et député UMP de la Manche, est formel : «La France pourrait mieux faire. Notre système à l'export n'est sans doute pas adapté pour nos PME-PMI.» Conscient du retard de la France en matière commerciale, Dominique de Villepin compte sur le 11e séminaire intergouvernemental franco-russe pour plaider la cause des entreprises nationales.


Hier, le premier ministre est donc arrivé à Moscou accompagné de trois ministres et d'une quinzaine de chefs d'entreprise dont Jean-Paul Bechat (Safran), Jean-François Cirelli (Gaz de France), Noël Forgeard (EADS), Anne Lauvergeon (Areva), Jean-Yves Le Gall (Ariane Espace), Yannick d'Escatha (CNES) ou encore Denis Ranque (Thales). «C'est un voyage assez stratégique, on sème plus qu'on ne récolte, mais il y aura une belle corbeille d'accords», promet-on dans la délégation française.


Des accords doivent être signés


Plusieurs accords doivent en effet être signés aujourd'hui dans les domaines énergétiques, dans ceux du spatial, du numérique, mais aussi du militaire avec un accord sur la destruction d'armes chimiques. Malgré une forte hausse des exportations depuis 2004 (+ 20%), la place de la France reste relativement modeste. Elle est le neuvième fournisseur de la Russie et le sixième investisseur. «L'Allemagne et l'Italie sont bien mieux organisées que nous pour prendre des parts de marché dans ce pays, regrette un chef d'entreprise. Si 450 sociétés françaises sont implantées en Russie, Dominique de Villepin en convient lui-même : «A l'évidence, nous pouvons faire mieux.» Lors d'un dialogue avec des patrons français et russe, le premier ministre a hissé la Russie au rang des «pays privilégiés en matière de développement des échanges». Il a souhaité que «10% supplémentaires d'entreprises françaises s'installent chaque année en Russie».


Un cadeau de bienvenue


Dès son arrivée dans la capitale russe, Villepin a visité longuement le Centre d'études spatiales de Lavotchkine, maître d'oeuvre des satellites et des sondes scientifiques qui ont marqué le succès de l'astronautique soviétique. Après la visite du musée, le premier ministre a fait le tour des ateliers de construction du lanceur Soyouz. Une première pour un dirigeant français. Jusqu'à présent, seule la première dame de France, Bernadette Chirac, avait effectué cette visite. Ses photos ornent d'ailleurs les murs du centre spatial au milieu des portraits d'innombrables astronautes russes. «Le premier ministre a voulu marquer le quarantième anniversaire de la coopération spatiale franco-russe. De nouveaux accords seront signés pendant ce séjour», assure un conseiller du premier ministre.


En 2008, le lanceur russe Soyouz doit en principe mettre sur orbite, depuis la base française de Kourou en Guyane, quatre satellites du système européen Galileo. Avant de quitter le centre Lavotchkine, le responsable russe a offert à Villepin un petit morceau de pierre lunaire enfermé dans une capsule spatiale miniature. Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on décroche la lune...

source: www.lefigaro.fr

Publié dans Politique extérieur

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